Un geste réalisé depuis des années peut soudain devenir hésitant, maladroit ou méconnaissable. Pourtant, la main conserve parfois sa force et la personne sait parfaitement ce qu’elle voulait faire. Comprendre l’origine de ce décalage nécessite d’observer bien plus que la réussite ou l’échec d’un simple mouvement.
En bref :
- Le bilan des praxies étudie la capacité à organiser et réaliser des gestes appris et volontaires.
- Il peut comporter imitation, gestes sur consigne, mime d’utilisation d’objets et utilisation réelle.
- La nature des erreurs compte souvent davantage qu’un score isolé.
- Force, sensibilité, compréhension, vision et coordination doivent être prises en compte.
- Il n’existe pas un score universel valable pour tous les bilans de praxies.
- Une difficulté gestuelle apparue brutalement peut nécessiter une évaluation médicale urgente.
Sommaire
Que sont exactement les praxies ?
Les praxies correspondent à la capacité de préparer et d’exécuter des actions volontaires apprises et organisées.
Elles interviennent dans des gestes aussi différents que :
- faire un signe de la main ;
- utiliser un objet familier ;
- imiter une position des doigts ;
- enchaîner plusieurs actions ;
- s’habiller ;
- dessiner ou reproduire une construction.
Pour réussir une action, le cerveau doit notamment comprendre l’objectif, sélectionner le geste approprié, organiser ses différentes étapes et envoyer les commandes motrices adaptées.
Une difficulté à ce niveau est appelée apraxie lorsqu’elle ne s’explique pas suffisamment par un trouble moteur élémentaire, sensoriel ou de compréhension.
Une personne apraxique peut savoir ce qu’elle souhaite faire et disposer d’une force suffisante, mais ne plus parvenir à organiser correctement le geste attendu.
À quoi sert un bilan des praxies ?
Le bilan cherche à déterminer si une difficulté gestuelle correspond réellement à un trouble de l’organisation de l’action et, surtout, quelles composantes sont atteintes.
Le professionnel observe notamment si la personne réussit mieux lorsque :
- elle imite un geste ;
- elle agit sur une consigne verbale ;
- elle voit l’objet concerné ;
- elle tient réellement l’objet ;
- elle reproduit un geste sans signification ;
- elle doit enchaîner plusieurs actions.
Ces comparaisons peuvent révéler des dissociations qui seraient invisibles dans une simple observation quotidienne.
Le bilan contribue ensuite à orienter l’évaluation neurologique ou neuropsychologique et à préciser les difficultés susceptibles de perturber l’autonomie.
Dans quelles situations peut-il être proposé ?
Une exploration des praxies peut être envisagée lorsqu’une personne commence par exemple à :
- utiliser maladroitement des objets familiers ;
- faire des gestes inhabituels avec ses mains ;
- ne plus parvenir à imiter certaines positions ;
- mettre les étapes d’une activité dans le mauvais ordre ;
- avoir des difficultés inhabituelles pour s’habiller ;
- échouer à reproduire certains dessins ou constructions.
Le changement par rapport aux habitudes est particulièrement informatif.
Un geste qui a toujours été difficile n’a pas la même signification qu’une capacité parfaitement maîtrisée pendant des décennies qui se dégrade progressivement.
Comment se déroule concrètement le bilan ?
Il n’existe pas un unique « test des praxies » utilisé dans toutes les consultations.
Le professionnel choisit plusieurs tâches selon la question clinique. Une évaluation peut comprendre :
- des gestes à imiter ;
- des gestes demandés oralement ;
- des gestes symboliques ;
- des gestes évoquant l’utilisation d’un outil ;
- la manipulation d’objets réels ;
- des séquences d’actions ;
- des tâches graphiques ou constructives.
Les conditions de passation comptent beaucoup.
Une personne peut échouer lorsqu’elle doit produire un geste sur une simple consigne mais réussir lorsqu’elle voit l’examinateur l’effectuer.
Cette différence apporte une information que le nombre total d’erreurs ne montre pas forcément.
Pourquoi commence-t-on par vérifier les capacités motrices ?
Un geste incorrect ne constitue pas automatiquement une apraxie.
Avant d’interpréter les résultats, il faut rechercher ce qui pourrait empêcher matériellement le mouvement :
- faiblesse musculaire ;
- paralysie ;
- douleur ;
- raideur articulaire ;
- tremblement ;
- trouble de la coordination ;
- perte de sensibilité.
Ces difficultés peuvent fausser une épreuve gestuelle sans que l’organisation cognitive de l’action soit elle-même atteinte.
Chez une personne âgée souffrant d’arthrose importante, par exemple, une position des doigts peut être impossible pour une raison mécanique.
Pourquoi la compréhension doit-elle être testée ?
Pour exécuter un geste sur ordre, la personne doit d’abord comprendre ce qui lui est demandé.
Une mauvaise réponse peut donc provenir d’un trouble du langage plutôt que d’une apraxie.
Le professionnel peut comparer plusieurs modalités :
- consigne verbale ;
- imitation visuelle ;
- présentation d’un objet ;
- démonstration du geste.
Une réussite en imitation malgré un échec sur consigne peut notamment conduire à examiner plus attentivement la compréhension du langage.
Apraxie et aphasie peuvent également coexister, notamment après certaines lésions de l’hémisphère gauche.
En quoi consiste l’imitation de gestes ?
L’examinateur réalise un mouvement ou une position que la personne doit reproduire.

Les gestes proposés peuvent être :
- familiers et significatifs ;
- symboliques ;
- liés à l’utilisation d’un objet ;
- ou volontairement dépourvus de signification.
Les gestes sans signification sont particulièrement intéressants parce que la personne ne peut pas simplement récupérer un geste familier déjà mémorisé.
Elle doit analyser la configuration corporelle observée puis la reproduire.
L’examinateur observe notamment la position des doigts, l’orientation de la main, la trajectoire et la succession des mouvements.
Pourquoi tester des gestes sans signification ?
Un geste familier bénéficie de connaissances déjà acquises au cours de la vie.
À l’inverse, une position inhabituelle de la main doit être copiée à partir de ce que la personne voit.
Comparer ces deux situations peut aider à distinguer :
- l’accès aux gestes connus ;
- l’analyse visuelle de la posture ;
- la transformation de cette perception en mouvement ;
- la capacité à contrôler la position finale.
Les performances peuvent toutefois être influencées par l’âge, la scolarité, les habitudes culturelles et les difficultés visuospatiales.
Le résultat doit donc être interprété à l’aide des références correspondant au test utilisé.
Qu’est-ce qu’un geste symbolique ou communicatif ?
Il s’agit d’un geste conventionnel qui possède une signification connue sans nécessiter d’objet réel.
Le professionnel peut demander à la personne de produire un geste familier sur consigne ou d’en imiter un.
L’objectif est d’observer si elle :
- comprend ce que le geste signifie ;
- retrouve le geste approprié ;
- organise correctement sa forme ;
- respecte son orientation et sa trajectoire.
Reconnaître un geste et le produire constituent deux capacités différentes.
Une personne peut parfois comprendre parfaitement la signification d’un geste tout en ayant beaucoup de mal à le réaliser.
En quoi consiste la pantomime d’utilisation d’un objet ?
La pantomime consiste à faire semblant d’utiliser un outil qui n’est pas réellement tenu dans la main.
La tâche mobilise plusieurs opérations : retrouver les connaissances liées à l’objet, imaginer la manière de le tenir et produire la trajectoire adaptée.
L’absence de l’objet complique volontairement la situation.
Le professionnel peut notamment observer :
- la forme de la main ;
- la position du bras ;
- l’amplitude ;
- l’orientation ;
- la trajectoire ;
- le rythme du mouvement.
Une difficulté en pantomime ne signifie cependant pas automatiquement que la personne serait incapable d’utiliser l’objet réel.
Pourquoi fait-on parfois utiliser de vrais objets ?
Tenir réellement un objet fournit des informations tactiles et visuelles absentes dans une pantomime.
Ces indices peuvent améliorer nettement la performance chez certaines personnes.

Le bilan peut donc comparer :
- le mime sans objet ;
- la vision de l’objet ;
- sa prise en main ;
- son utilisation dans une situation réelle.
Une réussite avec l’objet et un échec lorsqu’il faut seulement mimer son utilisation constituent une dissociation cliniquement intéressante.
L’inverse est également possible : une personne peut produire un mime plausible mais commettre des erreurs lorsqu’elle doit sélectionner ou utiliser véritablement plusieurs objets.
Comment évalue-t-on les séquences d’actions ?
Certaines activités exigent plusieurs gestes placés dans un ordre précis.
Le professionnel peut observer une activité composée de plusieurs étapes ou demander à la personne d’expliquer ou de réaliser une succession d’actions.
Les erreurs recherchées peuvent comprendre :
- une étape oubliée ;
- un ordre incorrect ;
- une action répétée ;
- l’utilisation d’un objet au mauvais moment ;
- l’interruption avant la réalisation du but.
La difficulté peut alors concerner davantage l’organisation de l’action complète que la réalisation d’un geste isolé.
Que signifie le terme apraxie idéomotrice ?
Dans la classification historique, l’apraxie idéomotrice correspond à une difficulté à transformer correctement l’intention d’un geste connu en action.
La personne peut savoir ce qu’il faut faire et parfois décrire correctement le mouvement, mais produire :
- une mauvaise orientation ;
- une trajectoire imprécise ;
- une posture incorrecte ;
- un mouvement maladroit ;
- une approximation du geste attendu.
Les pantomimes et gestes sur commande sont traditionnellement particulièrement sensibles à ce type de difficulté.
Les classifications modernes sont toutefois plus nuancées et les termes utilisés varient selon les équipes.
Que signifie le terme apraxie idéatoire ou conceptuelle ?
Ces termes ont été utilisés pour décrire des difficultés concernant les connaissances ou l’organisation conceptuelle des actions.
La personne peut par exemple rencontrer des problèmes pour :
- sélectionner le bon objet ;
- comprendre son utilisation ;
- organiser plusieurs étapes ;
- associer correctement un outil à son objectif.
La frontière avec l’apraxie idéomotrice n’est toutefois pas aussi simple que les classifications anciennes pouvaient le laisser penser.
Les spécialistes préfèrent souvent décrire précisément les tâches réussies, les tâches échouées et les erreurs observées plutôt que de conclure uniquement par une étiquette.
Qu’est-ce qu’une apraxie cinétique d’un membre ?
Une apraxie dite cinétique ou mélocinétique concerne davantage la qualité des mouvements fins et précis d’un membre.
Elle peut donner l’impression d’une main devenue maladroite alors que la force brute n’explique pas entièrement la difficulté.
Les gestes fins peuvent devenir :
- lents ;
- grossiers ;
- mal coordonnés ;
- moins indépendants entre les doigts.
L’interprétation est particulièrement délicate parce qu’il faut distinguer ce tableau d’un trouble moteur, extrapyramidal, cérébelleux ou périphérique.
Il n’existe pas une épreuve standardisée unique permettant de résoudre cette distinction dans toutes les situations.
Les praxies constructives font-elles partie du même bilan ?
Les capacités constructives sont souvent explorées dans les bilans neuropsychologiques, mais elles ne correspondent pas exactement aux mêmes mécanismes que les gestes des membres.
Le professionnel peut demander de :
- copier une figure ;
- assembler des éléments ;
- reproduire une organisation spatiale ;
- dessiner selon une consigne.
Ces tâches sollicitent fortement la perception visuelle, l’organisation spatiale, l’attention, la planification et le contrôle moteur.
Un mauvais dessin ne permet donc pas, à lui seul, de conclure à une « apraxie constructive » précise.
Une baisse visuelle doit également être recherchée. Une personne qui sent sa vue baisser peut être pénalisée dans une tâche de copie sans que les praxies gestuelles soient nécessairement atteintes.
Quelles erreurs le professionnel observe-t-il pendant les gestes ?
Le résultat ne se limite généralement pas à « réussi » ou « échoué ».
L’analyse qualitative peut rechercher :
- une mauvaise configuration de la main ;
- une orientation incorrecte ;
- une trajectoire inadéquate ;
- une amplitude excessive ou insuffisante ;
- une mauvaise séquence ;
- un geste remplacé par un autre ;
- une répétition involontaire ;
- une utilisation d’une partie du corps comme si elle était l’objet.
Le professionnel observe aussi les tentatives de correction spontanée.
Une personne qui détecte son erreur et améliore progressivement son mouvement n’apporte pas la même information qu’une personne qui répète exactement la même erreur sans la remarquer.
Pourquoi compare-t-on parfois la main droite et la main gauche ?
Les réseaux cérébraux impliqués dans les gestes appris sont largement latéralisés vers l’hémisphère gauche chez de nombreuses personnes.
Une lésion de cet hémisphère peut donc produire des difficultés gestuelles qui ne se limitent pas forcément au membre opposé à la lésion.
L’examen des deux côtés peut aider à séparer :
- une faiblesse d’un membre ;
- un problème orthopédique local ;
- un déficit sensitif ;
- un trouble gestuel de plus haut niveau.
L’interprétation de la latéralité reste toutefois complexe et dépend du type de tâche et de la localisation de l’atteinte cérébrale.
Qu’est-ce que le test TULIA ?
Le TULIA, pour Test of Upper Limb Apraxia, est l’un des outils standardisés développés pour examiner les praxies des membres supérieurs.
Il comporte 48 gestes répartis entre imitation et pantomime.
Il explore trois grands types de gestes :
- non symboliques ou sans signification ;
- communicatifs ;
- liés à l’utilisation d’outils.
Chaque production est cotée selon sa qualité, pour un score maximal de 240 dans la version complète.
Un score élevé correspond à une meilleure performance.
Le TULIA n’est cependant qu’un outil parmi d’autres et ne couvre pas à lui seul toutes les dimensions d’un bilan des praxies.
Qu’est-ce que l’Apraxia Screen of TULIA ou AST ?
L’AST est une forme courte dérivée du TULIA destinée au dépistage rapide de l’apraxie des membres supérieurs.
Elle comporte 12 gestes évalués en réussite ou en échec, donnant un résultat de 0 à 12.
Elle associe notamment :
- des gestes en imitation ;
- des pantomimes ;
- des gestes communicatifs ;
- des gestes liés à des outils.
Les seuils proposés pour l’AST proviennent principalement de validations réalisées chez des personnes présentant des lésions cérébrales, notamment après un AVC.
Il serait donc incorrect d’utiliser automatiquement le même seuil comme diagnostic universel chez toute personne âgée consultant pour des difficultés gestuelles.
Existe-t-il un score normal pour un bilan des praxies ?
Non, car le « bilan des praxies » n’est pas une échelle unique.
Le résultat dépend :
- du test précisément utilisé ;
- du nombre d’épreuves ;
- du système de cotation ;
- de l’âge ;
- du niveau d’études ;
- du contexte culturel ;
- des déficits neurologiques associés.
Un score de 10 peut être excellent dans un outil et très faible dans un autre.
Avant de chercher un « seuil normal » sur Internet, il faut donc identifier le nom exact de la batterie et la méthode utilisée.
Il n’existe pas de score universel des praxies : la valeur numérique n’a de sens qu’avec le test, ses normes et le profil détaillé des erreurs.
Comment interpréter un résultat anormal ?
Un résultat inférieur aux références indique qu’une ou plusieurs tâches ont été moins bien réalisées que prévu.
Le professionnel cherche ensuite à déterminer :
- quelles modalités sont touchées ;
- si les gestes significatifs et non significatifs diffèrent ;
- si l’imitation améliore la performance ;
- si l’objet réel facilite l’action ;
- quelles erreurs dominent ;
- si les deux mains sont concernées ;
- si les difficultés retentissent dans la vie quotidienne.
C’est ce profil qui oriente l’interprétation, davantage qu’un chiffre isolé.
Le résultat doit ensuite être rapproché des autres fonctions cognitives, du bilan neurologique et de l’histoire clinique.
Un bilan anormal signifie-t-il maladie d’Alzheimer ?
Non. Des troubles praxiques peuvent apparaître dans différentes situations neurologiques.
Ils peuvent notamment être observés après :
- un accident vasculaire cérébral ;
- certaines maladies neurodégénératives ;
- certaines lésions cérébrales focales ;
- un traumatisme crânien.
La nature de l’apraxie ne suffit pas à elle seule à déterminer la maladie responsable.
Chez une personne âgée, le médecin s’intéresse également à la mémoire, au langage, à l’attention, aux fonctions exécutives, au comportement et au niveau d’autonomie.
Un médecin gériatre peut contribuer à replacer ces difficultés dans une évaluation plus globale lorsque plusieurs domaines se modifient simultanément.
La fatigue peut-elle faire baisser les performances ?
Oui. Certaines épreuves de praxies demandent une attention soutenue et une observation précise.
Une personne très fatiguée peut :
- réagir plus lentement ;
- perdre la consigne ;
- faire davantage d’approximations ;
- abandonner plus rapidement ;
- être moins attentive aux corrections.
La fatigue peut donc majorer les erreurs sans créer à elle seule une apraxie.
Une fatigue persistante chez un senior mérite par ailleurs d’être explorée lorsqu’elle affecte plusieurs activités quotidiennes.
Les conditions de passation doivent être signalées lorsque la personne était particulièrement épuisée, douloureuse ou somnolente.
Quel est le retentissement possible dans la vie quotidienne ?
Une apraxie peut rester discrète dans une consultation mais devenir très gênante lorsque la personne doit réaliser seule plusieurs actions.
Elle peut notamment compliquer :
- l’habillage ;
- la préparation d’un repas ;
- l’utilisation d’ustensiles ;
- certains soins personnels ;
- les activités de bricolage ;
- l’utilisation de certains appareils.
Le retentissement fonctionnel doit toujours être recherché.
Un trouble détecté uniquement sur une épreuve complexe n’a pas nécessairement les mêmes conséquences qu’une difficulté empêchant quotidiennement la personne de s’habiller ou d’utiliser ses objets familiers.
Ces limitations peuvent contribuer à une situation d’incapacité ou de handicap qui dépend également de l’environnement et des aides disponibles.
Pourquoi le témoignage de l’entourage peut-il être utile ?
Les gestes réalisés pendant une consultation ne reproduisent pas toutes les situations de la vie courante.
Un proche peut remarquer que la personne :
- hésite devant un objet familier ;
- commence une tâche puis se trompe d’étape ;
- met ses vêtements de manière inhabituelle ;
- manipule moins bien certains ustensiles ;
- demande désormais de l’aide pour une activité auparavant automatique.
Les proches aidants peuvent ainsi fournir des exemples précis de changements récents.
Ces observations ne remplacent pas l’examen clinique, mais elles permettent de savoir si les anomalies mesurées au test ont réellement des conséquences quotidiennes.
Peut-on rééduquer des difficultés praxiques ?
Selon la cause et le profil, une prise en charge en rééducation peut être proposée.
Elle vise notamment à :
- entraîner certaines actions utiles ;
- décomposer une activité en étapes ;
- utiliser des indices visuels ou verbaux ;
- répéter des gestes fonctionnels ;
- adapter l’environnement ;
- apprendre des stratégies compensatoires.
L’objectif principal reste fonctionnel : faciliter les activités dont la personne a réellement besoin plutôt que simplement améliorer une note de test.
Ergothérapeutes, neuropsychologues, kinésithérapeutes, orthophonistes ou médecins peuvent intervenir selon le type de difficulté et les troubles associés.
Pourquoi faut-il répéter parfois le bilan ?
Une nouvelle évaluation peut être utile pour suivre l’évolution après un événement neurologique ou pendant une maladie progressive.
Elle peut permettre de déterminer si :
- certains gestes se sont améliorés ;
- les erreurs restent stables ;
- de nouvelles difficultés apparaissent ;
- les stratégies de compensation fonctionnent ;
- le retentissement quotidien s’est modifié.
La même méthode doit idéalement être utilisée lorsqu’on souhaite comparer deux résultats.
Comparer directement deux batteries de praxies différentes peut donner une impression trompeuse d’amélioration ou d’aggravation.
Quand une difficulté gestuelle devient-elle une urgence ?
Une difficulté apparue progressivement depuis plusieurs mois n’a pas la même signification qu’une incapacité survenue en quelques minutes.
Il faut appeler le 15 ou le 112 lorsqu’une difficulté gestuelle apparaît brutalement et s’accompagne notamment :
- d’une faiblesse soudaine d’un membre ;
- d’une déformation de la bouche ;
- d’une difficulté à parler ou comprendre ;
- d’un trouble brutal de la vision ;
- d’une perte soudaine d’équilibre ;
- d’une confusion aiguë ;
- d’un mal de tête inhabituel et intense.
Ces signes peuvent notamment évoquer un accident vasculaire cérébral.
Une incapacité gestuelle apparue brutalement ne doit pas attendre un bilan neuropsychologique programmé : la priorité est l’évaluation médicale urgente.
Quelles erreurs faut-il éviter en interprétant le bilan ?
Un bilan des praxies peut être mal compris lorsqu’on cherche une réponse unique à une situation complexe.
Il faut notamment éviter de :
- confondre maladresse et apraxie ;
- ignorer une faiblesse ou une douleur ;
- négliger la compréhension du langage ;
- interpréter une mauvaise copie sans vérifier la vision ;
- résumer le bilan au score total ;
- utiliser un seuil provenant d’un autre test ;
- confondre pantomime et utilisation réelle d’un outil ;
- diagnostiquer une maladie à partir d’une seule épreuve ;
- ignorer l’impact de la fatigue ;
- oublier le retentissement dans la vie quotidienne.
Une interprétation pertinente rapproche toujours les erreurs gestuelles, les autres fonctions neurologiques et cognitives ainsi que les activités réelles de la personne.
Tableau récapitulatif : comment comprendre un bilan des praxies ?
| Épreuve | Ce qu’elle explore | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Imitation | Reproduction d’un geste observé | Vision et analyse corporelle nécessaires |
| Geste sur consigne | Production d’un geste connu | Vérifier la compréhension |
| Pantomime | Mime d’utilisation sans objet | Plus complexe que l’usage réel |
| Objet réel | Utilisation fonctionnelle | Observer sélection et séquence |
| Construction | Organisation visuospatiale et graphique | Plusieurs fonctions interviennent |
| Score faible | Dépend du test utilisé | Pas de seuil universel |
| Erreurs qualitatives | Nature du trouble gestuel | Souvent plus informatives que le total |
| Début brutal | Atteinte neurologique aiguë possible | Évaluation urgente |
Mini FAQ
Quelle est la différence entre praxie et motricité ?
La motricité concerne notamment la force, le tonus et l’exécution musculaire du mouvement. Une praxie fait davantage intervenir l’organisation d’un geste volontaire appris. Une personne peut donc disposer d’une force relativement conservée tout en produisant un geste mal organisé.
Qu’est-ce qu’une apraxie idéomotrice ?
Ce terme historique décrit une difficulté à réaliser correctement un geste appris malgré une connaissance relativement préservée de son objectif. Les erreurs peuvent concerner la posture, l’orientation, la trajectoire ou le rythme. Les classifications actuelles préfèrent souvent décrire précisément le profil de performance.
Un mauvais dessin signifie-t-il une apraxie ?
Pas automatiquement. Copier ou construire une figure mobilise également la vision, l’attention, les capacités visuospatiales, la planification et la motricité. Une performance faible doit donc être analysée avec les autres résultats du bilan.
Existe-t-il un score normal des praxies ?
Non. Plusieurs tests et batteries utilisent des barèmes différents. Un résultat ne peut être interprété correctement qu’en connaissant l’outil utilisé, ses normes et les caractéristiques de la personne évaluée.
Une apraxie signifie-t-elle forcément maladie d’Alzheimer ?
Non. Des troubles praxiques peuvent être observés après un AVC et dans différentes maladies neurologiques ou neurodégénératives. Leur présence ne permet pas, à elle seule, d’identifier la cause.
Que faire si une difficulté gestuelle apparaît brutalement ?
Une apparition soudaine, surtout avec faiblesse d’un côté, trouble de la parole, asymétrie du visage, trouble visuel ou confusion, nécessite une prise en charge urgente. Dans cette situation, il faut appeler le 15 ou le 112.
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