Confusion Assessment Method (CAM) : comment reconnaître un delirium chez une personne âgée ?

Confusion Assessment Method (CAM) : comment reconnaître un delirium chez une personne âgée

Une personne âgée peut être parfaitement cohérente le matin et sembler méconnaissable quelques heures plus tard. Ce contraste déroute souvent l’entourage, surtout lorsqu’une démence est déjà connue. La chronologie des changements, leur intensité et leur caractère inhabituel deviennent alors des indices bien plus importants qu’une simple impression de « confusion ».

Qu’est-ce que la Confusion Assessment Method ?

La Confusion Assessment Method, généralement abrégée CAM, est une méthode structurée développée pour faciliter l’identification du delirium, également appelé syndrome confusionnel aigu.

Elle a été conçue à la fin des années 1980 afin que des professionnels non psychiatres puissent reconnaître plus facilement ce tableau clinique souvent méconnu.

Le CAM ne repose pas sur un simple score numérique. Son principe est différent : le professionnel recherche plusieurs caractéristiques précises puis applique un algorithme diagnostique.

La méthode combine notamment :

  • l’observation de la personne ;
  • un entretien clinique ;
  • une brève évaluation cognitive ;
  • des informations sur l’état habituel ;
  • la recherche de fluctuations récentes.

Le CAM ne consiste pas à compter des erreurs : il cherche surtout à savoir si un changement mental aigu et inhabituel répond à une combinaison précise de caractéristiques.


Quels sont les 4 critères essentiels du CAM ?

L’algorithme classique du CAM repose sur quatre caractéristiques cardinales du delirium :

  1. début aigu et évolution fluctuante ;
  2. inattention ;
  3. pensée désorganisée ;
  4. niveau de conscience modifié.

Ces quatre éléments n’ont pas tous la même place dans l’algorithme.

Les deux premiers sont essentiels. Les deux derniers constituent ensuite une alternative.

C’est cette organisation qui distingue le CAM d’une échelle classique dans laquelle chaque réponse ajouterait simplement un certain nombre de points.


Quelle combinaison rend le CAM positif ?

Le principe du CAM peut être résumé par une formule relativement simple :

critère 1 + critère 2 + critère 3 ou 4

Algorithme diagnostique de la CAM
Algorithme diagnostique de la CAM.

Il faut donc retrouver :

  • un début aigu avec une évolution fluctuante ;
  • une inattention ;
  • et soit une pensée désorganisée, soit une modification du niveau de conscience.

Une personne ne doit pas nécessairement présenter simultanément les quatre caractéristiques.

Par exemple, un patient peut conserver un niveau de conscience apparemment normal tout en présentant les trois premières caractéristiques.

À l’inverse, une personne inattentive et très somnolente peut remplir l’algorithme même si son discours ne paraît pas franchement incohérent.


Que signifie le premier critère : début aigu et fluctuation ?

Le delirium se distingue notamment par une modification relativement rapide de l’état mental.

Les troubles peuvent apparaître en quelques heures ou quelques jours, alors que la personne fonctionnait auparavant différemment.

L’autre caractéristique majeure est la fluctuation.

Au cours d’une même journée, la personne peut :

  • être relativement cohérente le matin ;
  • devenir désorientée dans l’après-midi ;
  • s’assoupir de manière inhabituelle ;
  • présenter une agitation en soirée ;
  • redevenir momentanément plus claire ensuite.

Cette variation au cours du temps constitue un élément particulièrement évocateur.

Voir une personne pendant dix minutes ne suffit pas toujours : ce qui s’est passé quelques heures auparavant peut être déterminant.


Pourquoi faut-il connaître l’état habituel de la personne ?

Dire qu’une personne est « confuse » ne permet pas de savoir si le problème est nouveau.

Chez une personne présentant déjà des troubles cognitifs, certaines difficultés peuvent être anciennes :

  • ne plus connaître précisément la date ;
  • oublier certains rendez-vous ;
  • répéter les mêmes questions ;
  • avoir besoin d’aide pour les médicaments.

Le professionnel doit donc déterminer ce qui a réellement changé récemment.

Une personne habituellement désorientée mais calme peut, par exemple, devenir soudainement somnolente, très inattentive ou incapable de reconnaître son domicile.

C’est ce changement par rapport au fonctionnement de référence qui mérite une attention particulière.


Que signifie l’inattention dans le CAM ?

L’inattention constitue le deuxième critère essentiel de l’algorithme.

Elle ne correspond pas simplement à un oubli.

Une personne inattentive peut avoir du mal à :

  • rester concentrée sur une question ;
  • suivre une conversation ;
  • maintenir son attention suffisamment longtemps ;
  • ne pas se laisser distraire par ce qui l’entoure ;
  • exécuter une petite tâche demandant une attention soutenue.

Le professionnel peut associer son observation à une courte épreuve cognitive adaptée.

L’attention peut elle-même fluctuer : une tâche correctement réalisée à un moment peut devenir impossible quelques heures plus tard.


Que signifie une pensée désorganisée ?

Le troisième critère concerne la manière dont les idées s’enchaînent.

Le discours peut devenir difficile à suivre parce que la personne :

  • passe brusquement d’un sujet à l’autre ;
  • donne des réponses sans rapport avec la question ;
  • exprime des idées dont l’enchaînement devient illogique ;
  • prononce des phrases difficiles à comprendre ;
  • semble perdre le fil de sa propre pensée.

Une réponse simplement incorrecte ne suffit pas à caractériser une pensée désorganisée.

Ce qui compte est surtout la cohérence générale du raisonnement et du discours.


Que signifie un niveau de conscience modifié ?

Dans le CAM, l’état d’éveil normal sert de référence.

Une modification peut aller dans deux directions.

La personne peut être :

  • anormalement vigilante ou hyperréactive ;
  • somnolente ;
  • difficile à réveiller ;
  • très peu réactive dans les formes les plus sévères.

La somnolence inhabituelle doit particulièrement alerter chez une personne âgée qui était auparavant éveillée et interactive.

Un delirium ne se manifeste donc pas nécessairement par une agitation spectaculaire.


Un delirium peut-il être calme et silencieux ?

Oui. Le delirium hypoactif est une forme particulièrement facile à manquer.

Delirium hypoactif chez un senior
Delirium hypoactif chez un senior.

La personne peut sembler :

  • très calme ;
  • ralentie ;
  • somnolente ;
  • peu intéressée par son environnement ;
  • moins communicative ;
  • moins mobile que d’habitude.

Cette présentation peut être prise à tort pour de la fatigue, de la dépression ou simplement les conséquences du grand âge.

Une fatigue persistante chez une personne âgée possède pourtant de nombreuses autres causes et ne doit pas être confondue avec un changement brutal de vigilance.


Quelle différence entre delirium et démence ?

La distinction est importante mais parfois difficile.

Une démence ou maladie neurocognitive évolue habituellement progressivement, sur plusieurs mois ou années.

Le delirium apparaît généralement beaucoup plus rapidement et fluctue davantage.

Les éléments particulièrement évocateurs d’un delirium sont :

  • un début récent ;
  • une évolution en heures ou jours ;
  • une attention très perturbée ;
  • une fluctuation importante ;
  • une modification de la vigilance.

Démence et delirium peuvent néanmoins coexister.

Une personne atteinte d’une maladie d’Alzheimer peut développer un syndrome confusionnel aigu exactement comme une personne sans trouble cognitif préalable.


Comment utiliser le CAM lorsqu’une démence est déjà connue ?

Dans cette situation, la comparaison avec l’état habituel devient encore plus importante.

La question n’est pas seulement de savoir si la personne présente des troubles cognitifs.

Il faut déterminer si elle :

  • est beaucoup plus inattentive que d’habitude ;
  • est soudainement plus somnolente ;
  • présente une agitation nouvelle ;
  • ne reconnaît plus des personnes habituellement reconnues ;
  • présente de nouvelles hallucinations ;
  • a changé brutalement depuis quelques heures ou quelques jours.

Lorsque la distinction reste difficile, la possibilité d’un delirium doit rester prioritaire car une cause aiguë potentiellement traitable peut être présente.


Pourquoi les proches sont-ils importants pour le CAM ?

Le professionnel n’a pas toujours observé la personne avant le changement.

Les proches aidants peuvent alors fournir des informations impossibles à obtenir pendant un entretien ponctuel.

Ils peuvent préciser :

  • quand le changement a commencé ;
  • si la personne était différente la veille ;
  • si les symptômes vont et viennent ;
  • si une nouvelle somnolence est apparue ;
  • si une agitation est inhabituelle ;
  • si des hallucinations sont nouvelles.

Les exemples concrets sont particulièrement utiles.

Dire « elle n’est plus comme avant » est une alerte. Expliquer qu’elle préparait encore son petit-déjeuner hier et qu’elle ne reconnaît plus sa cuisine aujourd’hui apporte une information beaucoup plus précise.


Quelles causes peuvent provoquer un delirium chez une personne âgée ?

Le CAM identifie un tableau compatible avec un delirium mais ne dit pas pourquoi il est apparu.

Les causes possibles sont nombreuses et peuvent se cumuler :

  • infection ;
  • déshydratation ;
  • manque d’oxygène ;
  • douleur ;
  • constipation importante ;
  • rétention urinaire ;
  • trouble métabolique ;
  • insuffisance d’un organe ;
  • maladie aiguë ;
  • intervention chirurgicale ;
  • effet indésirable d’un médicament ;
  • sevrage de certaines substances.

Une cause unique n’est pas obligatoire.

Chez une personne âgée fragile, une infection, une déshydratation et plusieurs médicaments peuvent intervenir simultanément.


Pourquoi faut-il examiner les médicaments ?

Les traitements font partie des éléments à vérifier rapidement devant une confusion nouvelle.

Le professionnel recherche notamment :

  • un médicament récemment introduit ;
  • une augmentation de dose ;
  • une double prise accidentelle ;
  • une automédication ;
  • l’arrêt brutal d’un traitement ;
  • l’association de plusieurs médicaments sédatifs.

Comparer l’ordonnance aux médicaments réellement présents à domicile peut révéler une différence importante.

Un médicament suspect ne doit cependant pas être interrompu brutalement sans tenir compte de sa nature et sans avis médical adapté.


Quelle différence entre le CAM et le test 4AT ?

Les deux outils recherchent un delirium mais leur fonctionnement n’est pas identique.

Le 4AT produit un score à partir de quatre domaines et a été conçu pour permettre un dépistage très rapide.

Le CAM repose sur une combinaison diagnostique de caractéristiques plutôt que sur un seuil numérique.

Dans les recommandations NICE actualisées en 2023, le 4AT est privilégié lorsqu’un delirium est suspecté dans les services hospitaliers généraux ou les structures de soins de longue durée.

Le CAM reste néanmoins très largement étudié et utilisé dans différents contextes cliniques et scientifiques.

Le choix de l’outil dépend donc du contexte, des protocoles du service et de la formation des professionnels.


Qu’est-ce que le CAM-ICU ?

Le CAM-ICU est une adaptation destinée aux patients de soins intensifs ou de réanimation.

Dans ces services, certains patients :

  • sont intubés ;
  • ne peuvent pas parler ;
  • présentent une maladie très sévère ;
  • reçoivent des traitements pouvant modifier leur vigilance.

Le CAM classique n’est alors pas toujours adapté.

Le CAM-ICU utilise une procédure spécifique permettant d’évaluer le delirium même lorsque la communication verbale est limitée.

Il ne faut donc pas appliquer indifféremment le CAM standard et le CAM-ICU.


Qu’est-ce que le 3D-CAM ?

Le 3D-CAM est une version structurée développée pour réaliser rapidement une évaluation permettant d’alimenter l’algorithme CAM.

Son nom vient de « 3-minute diagnostic interview ».

Il associe :

  • des questions à la personne ;
  • des observations du professionnel ;
  • l’évaluation des quatre caractéristiques essentielles.

Il ne faut pas confondre 3D-CAM avec le CAM-ICU ou avec le CAM-S.

Chaque outil répond à une utilisation différente.


À quoi sert le CAM-S ?

Le CAM-S poursuit un autre objectif : mesurer la sévérité des manifestations du delirium.

Il existe sous différentes formes associées aux évaluations CAM.

Le CAM-S peut être utile pour :

  • quantifier l’intensité des symptômes ;
  • suivre leur évolution ;
  • comparer plusieurs évaluations ;
  • être utilisé dans certaines études.

Un score de sévérité CAM-S n’est cependant pas équivalent à l’algorithme diagnostique du CAM.

Il faut donc éviter de mélanger les deux résultats.


Existe-t-il un CAM destiné aux familles ?

Une adaptation appelée FAM-CAM a été développée pour utiliser les observations d’un proche connaissant bien la personne.

Cette approche est intéressante car le delirium fluctue et certains changements peuvent être absents au moment où le professionnel arrive.

Le proche peut notamment remarquer :

  • une nouvelle confusion ;
  • une difficulté inhabituelle à se concentrer ;
  • une variation de la vigilance ;
  • des changements apparus très récemment.

L’observation familiale complète l’évaluation clinique mais ne doit pas conduire un proche à poser seul un diagnostic.


Le CAM peut-il être faussé par un problème de vue ou d’audition ?

Une déficience sensorielle peut compliquer une évaluation cognitive.

Une personne qui entend mal une consigne peut sembler inattentive alors qu’elle ne l’a simplement pas comprise.

De même, une importante baisse de la vision peut modifier certaines interactions avec l’environnement.

Avant d’interpréter les performances, il faut autant que possible vérifier :

  • que les lunettes sont disponibles ;
  • que les appareils auditifs fonctionnent ;
  • que la langue utilisée est comprise ;
  • que les consignes sont suffisamment simples ;
  • que la personne est en mesure de répondre.

Un obstacle à la communication ne doit pas être automatiquement interprété comme un signe de delirium.


Pourquoi la formation du professionnel est-elle importante ?

Le CAM paraît simple lorsque son algorithme est résumé en quatre lignes.

Sa bonne utilisation est pourtant plus exigeante.

Le professionnel doit savoir :

  • recueillir l’histoire récente ;
  • évaluer correctement l’attention ;
  • reconnaître une pensée réellement désorganisée ;
  • évaluer le niveau de conscience ;
  • distinguer fluctuation et trouble cognitif chronique ;
  • utiliser une évaluation cognitive appropriée.

Une utilisation sans formation suffisante peut réduire les performances de l’outil.

Les manuels du CAM prévoient d’ailleurs une formation et des exercices de cotation pour améliorer la concordance entre évaluateurs.


Peut-on utiliser le CAM seul à domicile ?

Un proche peut connaître les caractéristiques du delirium et signaler des changements inquiétants.

En revanche, il ne devrait pas attendre de remplir correctement un CAM avant de contacter un professionnel.

Chez une personne âgée, une modification mentale apparue brutalement mérite une évaluation médicale même si la famille ne sait pas déterminer quels critères CAM sont présents.

Les informations les plus utiles à transmettre sont souvent :

  • l’heure ou le jour du début ;
  • l’état habituel de la personne ;
  • les fluctuations observées ;
  • les symptômes associés ;
  • les traitements récents ;
  • les changements de médicaments.

Que faire lorsqu’un CAM est positif ?

Une CAM positive doit conduire à une évaluation clinique et à la recherche rapide d’une ou plusieurs causes.

Selon la situation, le bilan peut comprendre :

  • examen clinique ;
  • température et constantes vitales ;
  • évaluation de l’hydratation ;
  • recherche de douleur ;
  • revue des médicaments ;
  • analyses biologiques ;
  • examens complémentaires ciblés.

Le traitement dépend avant tout du facteur responsable.

Lorsque plusieurs problèmes gériatriques se cumulent, un médecin gériatre peut participer à l’évaluation globale et à l’organisation de la prise en charge.


Comment accompagne-t-on une personne présentant un delirium ?

La prise en charge ne se résume pas à administrer un médicament calmant.

Des mesures simples peuvent contribuer à créer un environnement plus adapté :

  • parler calmement ;
  • expliquer régulièrement où se trouve la personne ;
  • maintenir des repères de jour et de nuit ;
  • favoriser le port des lunettes et appareils auditifs ;
  • éviter les changements de chambre inutiles ;
  • prendre en charge la douleur ;
  • veiller à l’hydratation et à l’alimentation ;
  • favoriser une mobilisation adaptée.

La présence d’un visage familier peut également être rassurante lorsque la situation le permet.

Traiter le delirium signifie d’abord rechercher et corriger sa cause tout en maintenant un environnement aussi rassurant et compréhensible que possible.


Pourquoi un médicament sédatif n’est-il pas systématique ?

Une confusion aiguë n’est pas automatiquement une indication à la sédation.

Un médicament symptomatique peut lui-même :

  • augmenter la somnolence ;
  • compliquer l’évaluation neurologique ;
  • entraîner certains effets indésirables ;
  • ne pas traiter la cause du delirium.

Les mesures non médicamenteuses restent importantes.

Une prise en charge médicamenteuse peut néanmoins être envisagée par le médecin dans certaines situations sévères, notamment lorsqu’une agitation met la personne ou son entourage en danger ou empêche des soins indispensables.


Quelles sont les principales limites du CAM ?

Le CAM est largement validé mais n’est pas infaillible.

Son interprétation peut être compliquée par :

  • une démence avancée ;
  • une déficience sensorielle importante ;
  • une barrière linguistique ;
  • un trouble sévère de la communication ;
  • une sédation ;
  • l’absence d’informations sur l’état habituel ;
  • une évaluation effectuée sans entraînement adapté.

Les symptômes peuvent aussi disparaître temporairement en raison de leur caractère fluctuant.

Une CAM négative n’annule donc pas des observations cliniques très évocatrices rapportées quelques heures auparavant.


Quand une confusion aiguë devient-elle une urgence ?

La Haute Autorité de Santé considère la confusion aiguë chez la personne âgée comme une situation nécessitant un diagnostic étiologique et une prise en charge médicale rapides.

Une confusion nouvelle ne doit pas être simplement attribuée au vieillissement.

Il faut appeler le 15 ou le 112 notamment lorsqu’elle s’accompagne :

  • d’une faiblesse brutale d’un côté du corps ;
  • d’une déformation du visage ;
  • d’une difficulté nouvelle à parler ;
  • d’une perte de connaissance ;
  • d’une importante diminution de la vigilance ;
  • de convulsions ;
  • d’une douleur thoracique ;
  • d’un essoufflement sévère ;
  • d’une dégradation très rapide de l’état général.

Une évaluation rapide est également nécessaire lorsqu’une personne ne boit ou ne mange plus suffisamment, chute à répétition ou ne peut plus être maintenue en sécurité dans son environnement habituel.


Quelles erreurs faut-il éviter avec la méthode CAM ?

Plusieurs confusions peuvent conduire à une mauvaise interprétation.

  • Confondre CAM et score numérique.
  • Diagnostiquer un delirium sur une simple désorientation.
  • Oublier de rechercher un changement aigu.
  • Négliger les fluctuations dans la journée.
  • Considérer qu’une personne calme ne peut pas avoir de delirium.
  • Attribuer automatiquement les symptômes à une démence connue.
  • Oublier les médicaments parmi les causes possibles.
  • Utiliser indifféremment CAM, CAM-ICU et CAM-S.
  • Considérer une CAM positive comme l’explication du problème sans rechercher sa cause.
  • Attendre le lendemain devant une dégradation brutale importante.

La force du CAM réside surtout dans la combinaison de l’observation, de la chronologie et de l’évaluation cognitive.


Tableau récapitulatif : comment fonctionne l’algorithme CAM ?

Caractéristique Ce qui est recherché Place dans l’algorithme
1. Début aigu / fluctuation Changement récent et variable Obligatoire
2. Inattention Difficulté à maintenir l’attention Obligatoire
3. Pensée désorganisée Discours ou raisonnement incohérent 3 ou 4 nécessaire
4. Conscience modifiée Éveil anormal 3 ou 4 nécessaire
CAM positive 1 + 2 + (3 ou 4) Delirium compatible à confirmer

Mini FAQ

Quelle combinaison de critères rend le CAM positif ?

L’algorithme classique nécessite la présence du premier critère, concernant le début aigu et l’évolution fluctuante, ainsi que du deuxième critère, l’inattention. Il faut également retrouver soit une pensée désorganisée, soit une modification du niveau de conscience.

Le CAM donne-t-il un score sur 4 ?

Non. Les quatre caractéristiques ne sont pas additionnées comme quatre points. Le CAM utilise une combinaison logique précise : 1 + 2 + 3 ou 4. D’autres outils dérivés, comme le CAM-S, utilisent une cotation pour répondre à d’autres objectifs.

Peut-on avoir un delirium sans être agité ?

Oui. Un delirium hypoactif peut se manifester surtout par une somnolence, un ralentissement, une diminution des mouvements et une réduction des interactions. Cette forme discrète est particulièrement facile à manquer chez une personne âgée.

Une personne atteinte de démence peut-elle avoir un CAM positif ?

Oui. Une démence n’empêche pas la survenue d’un delirium. La comparaison avec l’état cognitif et fonctionnel habituel permet alors de rechercher un changement récent, des fluctuations ou une modification nouvelle de l’attention et de la vigilance.

Quelle différence entre CAM et CAM-ICU ?

Le CAM-ICU est une adaptation destinée aux patients de réanimation ou de soins critiques, notamment lorsqu’ils ne peuvent pas parler en raison d’une intubation. Il possède une procédure spécifique et ne doit pas être confondu avec le CAM standard.

Que faire si un proche devient soudainement confus ?

Il faut demander rapidement un avis médical et décrire précisément ce qui a changé et depuis quand. Une confusion importante associée à un déficit neurologique brutal, une perte de connaissance, des convulsions, une détresse respiratoire, une douleur thoracique ou une dégradation rapide justifie d’appeler le 15 ou le 112.

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