Une agitation qui paraît anodine un jour peut bouleverser les soins et la vie familiale le lendemain. Déambulation, cris, gestes répétitifs ou opposition n’ont pourtant ni la même fréquence ni le même impact. Un chiffre seul ne suffit pas à comprendre ce tableau, et certaines erreurs de lecture sont fréquentes.
En bref :
- La forme longue du CMAI comporte 29 comportements observables.
- Chaque comportement est coté selon sa fréquence au cours des deux semaines précédentes.
- La cotation habituelle va de 1, « jamais », à 7, « plusieurs fois par heure ».
- Le score total théorique s’étend de 29 à 203.
- Le profil des comportements est souvent plus utile que le total pris isolément.
- Une agitation récente ou brutale doit faire rechercher une cause médicale, médicamenteuse ou environnementale.
Sommaire
Qu’est-ce que l’échelle de Cohen-Mansfield ?
L’échelle de Cohen-Mansfield est plus précisément appelée Cohen-Mansfield Agitation Inventory, ou CMAI. En français, on rencontre également l’appellation Inventaire d’agitation de Cohen-Mansfield, parfois abrégée IACM.
La forme longue historique a été conçue pour décrire la fréquence de différents comportements agités observés chez des personnes âgées, initialement notamment en institution.
Elle comporte 29 comportements distincts, parmi lesquels figurent par exemple :
- la déambulation ou les déplacements répétés ;
- l’agitation générale ;
- les demandes répétitives ;
- les cris ;
- les plaintes répétées ;
- certains gestes répétitifs ;
- les poussées ou coups ;
- certaines destructions d’objets.
L’outil ne cherche pas seulement à savoir si une personne est « agitée ». Il oblige l’évaluateur à préciser quel comportement est réellement observé et à quelle fréquence il survient.
Dire qu’une personne est agitée apporte peu d’informations ; décrire ce qu’elle fait, combien de fois et dans quelles circonstances est beaucoup plus utile.
Que signifie réellement le mot agitation ?
L’agitation n’est pas un comportement unique. Elle peut se manifester par une activité motrice excessive, des manifestations verbales ou certains comportements agressifs.
Chez une personne présentant un trouble cognitif, elle peut notamment prendre la forme de :
- marche répétitive ;
- impossibilité de rester assis ;
- gestes incessants ;
- cris ou paroles répétitives ;
- opposition ;
- agressivité verbale ;
- agressivité physique.
L’agitation et l’agressivité ne sont cependant pas synonymes.
Une personne qui marche continuellement dans un couloir peut présenter une agitation motrice importante sans menacer ni frapper personne.
À l’inverse, une poussée ou un coup relève d’un comportement agressif qui doit être analysé séparément.
Qui renseigne le CMAI ?
La cotation repose généralement sur une personne qui connaît suffisamment bien le comportement récent de la personne évaluée.
Selon le contexte, il peut s’agir :
- d’un soignant ;
- d’un membre de l’équipe d’un établissement ;
- d’un conjoint ;
- d’un enfant ;
- d’un autre proche régulièrement présent.
L’observation régulière est essentielle. Quelqu’un qui voit la personne quelques heures par mois ne peut pas nécessairement savoir si un comportement apparaît une fois par semaine ou plusieurs fois chaque jour.
Un proche aidant peut notamment fournir des exemples précis sur les moments de la journée, les soins ou les situations qui précèdent l’agitation.
Les informations provenant de plusieurs professionnels peuvent également être rapprochées lorsqu’une personne vit en établissement.
Quelle période faut-il observer avant de remplir l’échelle ?
Dans la forme longue classique du CMAI, la fréquence des comportements est estimée sur les deux semaines précédentes.
Cette durée permet d’éviter de construire toute l’évaluation autour d’une seule journée particulièrement difficile.
L’informateur doit essayer de se demander :
- combien de fois le comportement s’est réellement produit ;
- s’il apparaît tous les jours ou seulement certains jours ;
- s’il dépend d’un moment précis ;
- s’il survient pendant certains soins ;
- s’il est récent ou ancien.
Un relevé écrit des épisodes peut être utile lorsque leur fréquence est difficile à estimer rétrospectivement.
Une cotation fiable dépend moins du souvenir d’un épisode spectaculaire que de l’observation régulière des deux semaines évaluées.
Quels sont les 29 comportements recherchés ?
La forme longue couvre un ensemble assez large de manifestations verbales et motrices.
On retrouve notamment des comportements concernant :
- les déplacements incessants ;
- l’agitation générale ;
- les gestes répétitifs ;
- les demandes répétées d’attention ;
- les phrases ou questions répétitives ;
- les plaintes ;
- les cris ;
- l’agressivité verbale ;
- les coups ;
- les poussées ;
- les morsures ou griffures ;
- le fait de lancer des objets ;
- certaines manipulations inappropriées ;
- la dissimulation ou l’accumulation d’objets.
La liste est volontairement détaillée afin d’éviter de mettre sous le même terme des manifestations très différentes.
Une personne peut par exemple répéter continuellement la même question tout en restant calme physiquement. Une autre peut marcher presque sans interruption mais parler très peu.
Ces deux situations ne doivent pas être décrites par le même profil.
Comment fonctionne la cotation de 1 à 7 ?
Chaque comportement est coté en fonction de sa fréquence.

Dans la forme longue classique, l’échelle suit généralement cette progression :
- 1 : jamais ;
- 2 : moins d’une fois par semaine ;
- 3 : une à deux fois par semaine ;
- 4 : plusieurs fois par semaine ;
- 5 : une à deux fois par jour ;
- 6 : plusieurs fois par jour ;
- 7 : plusieurs fois par heure.
La cotation mesure donc la répétition du comportement et non directement sa dangerosité.
Une manifestation peu fréquente peut être très grave. À l’inverse, un geste répétitif sans danger immédiat peut recevoir une fréquence élevée s’il survient continuellement.
Dans le CMAI, une note élevée sur un item signifie d’abord que le comportement est fréquent, pas nécessairement qu’il est plus dangereux.
Pourquoi le score minimum n’est-il pas zéro ?
C’est une particularité qui provoque souvent des erreurs de lecture.
La forme longue comprend 29 items et la réponse « jamais » vaut 1 point.
Une personne pour laquelle aucun des comportements n’a été observé obtient donc :
29 × 1 = 29 points
Le score théorique total s’étend ainsi de :
- 29 lorsque les 29 comportements sont cotés 1 ;
- à 203 lorsque les 29 comportements sont tous cotés 7.
Un résultat de 29 représente donc le minimum du barème classique et non une agitation déjà présente dans 29 situations.
Comment calcule-t-on le score total ?
Le score global est obtenu en additionnant les valeurs attribuées aux 29 comportements.
Par exemple, si la majorité des items sont cotés 1 mais que quelques comportements sont fréquents, le total augmente en fonction de ces valeurs.
Plus le total est élevé, plus la fréquence cumulée des comportements recensés est importante.
Mais cette addition fait perdre une partie de l’information.
Deux personnes peuvent obtenir un résultat identique :
- la première avec un ou deux comportements extrêmement fréquents ;
- la seconde avec de nombreux comportements modérément fréquents.
Le score total ne permet pas de distinguer immédiatement ces deux situations.
Pourquoi le détail des items est-il plus important que le total ?
Supposons qu’une personne marche plusieurs fois par heure mais ne présente aucun autre comportement particulièrement fréquent.
Une autre personne peut :
- crier plusieurs fois par jour ;
- répéter continuellement les mêmes demandes ;
- repousser certains soins ;
- jeter occasionnellement des objets.
Leurs totaux peuvent se rapprocher alors que les besoins d’accompagnement diffèrent considérablement.
Le premier profil peut conduire à étudier l’activité motrice, l’ennui, l’environnement ou la nécessité de se déplacer.
Le second demande d’examiner davantage la communication, les circonstances des soins, l’inconfort et les situations déclenchantes.
Le chiffre global résume l’agitation ; le détail des comportements indique où chercher les explications et les solutions.
Existe-t-il plusieurs grandes formes d’agitation ?
Les analyses du CMAI ont retrouvé plusieurs regroupements de comportements. Leur composition exacte peut varier selon les populations et les méthodes statistiques.
Trois grands ensembles sont néanmoins régulièrement distingués :
- agitation physique agressive ;
- agitation physique non agressive ;
- agitation verbale.
Certains travaux identifient également un groupe spécifique autour de la dissimulation et de l’accumulation d’objets.
Il est donc préférable de vérifier quelles sous-échelles sont utilisées dans le compte rendu plutôt que de supposer que toutes les versions appliquent exactement les mêmes regroupements.
Qu’est-ce que l’agitation physique agressive ?
Cette dimension regroupe des comportements physiques dirigés contre une personne, soi-même ou parfois des objets.
Elle peut comprendre :
- frapper ;
- donner des coups de pied ;
- pousser ;
- agripper ;
- mordre ;
- griffer ;
- lancer des objets ;
- endommager certains objets.
Ces comportements nécessitent une analyse des circonstances dans lesquelles ils apparaissent.
Un geste de défense pendant une toilette douloureuse n’a pas nécessairement le même mécanisme qu’une agressivité apparaissant sans interaction directe.
Le comportement doit être décrit sans réduire la personne à l’étiquette « agressive ».
Qu’est-ce que l’agitation physique non agressive ?
Une activité motrice peut être très importante sans être dirigée contre quelqu’un.

Cette dimension peut notamment inclure :
- des déplacements répétés ;
- une agitation générale ;
- des gestes répétitifs ;
- la manipulation incessante d’objets ;
- des tentatives répétées pour aller ailleurs.
Déambuler n’est pas automatiquement dangereux.
Le risque dépend notamment de la mobilité, des chutes, de l’accès à des zones dangereuses, de l’épuisement et de la possibilité de répondre au besoin de mouvement dans un environnement sécurisé.
L’objectif n’est donc pas forcément d’empêcher tout déplacement.
Que recouvre l’agitation verbale ?
Cette dimension concerne principalement certaines productions vocales ou verbales répétitives.
Il peut s’agir :
- de cris ;
- de plaintes répétées ;
- de demandes incessantes ;
- de questions répétitives ;
- de paroles agressives ;
- de certains sons répétés.
Le contenu des paroles compte autant que leur fréquence.
Une demande répétée peut traduire une douleur, une peur, un besoin d’aller aux toilettes, une difficulté à comprendre la situation ou un oubli immédiat de la réponse précédente.
Compter les répétitions ne suffit donc pas pour comprendre leur cause.
Existe-t-il un seuil qui permet de dire que l’agitation est sévère ?
Certains travaux ont utilisé des valeurs seuils du score global pour sélectionner des personnes présentant une agitation cliniquement significative.
Ces valeurs ne constituent pas une frontière diagnostique universelle applicable à tous les seniors et à toutes les situations.
La signification clinique dépend notamment :
- du lieu de vie ;
- des comportements responsables des points ;
- de leur dangerosité ;
- du retentissement sur la personne ;
- du retentissement sur les proches ou les soignants ;
- de l’évolution par rapport aux évaluations précédentes.
Il est donc risqué de transformer un résultat comme 40, 45 ou 50 en diagnostic automatique.
Un comportement dangereux nécessite une réponse adaptée même si le score total demeure relativement faible.
Pourquoi une augmentation de quelques points doit-elle être analysée avec prudence ?
Un score peut varier parce qu’un seul comportement est devenu beaucoup plus fréquent.
Il peut également augmenter légèrement sur plusieurs items.
Avant de conclure à une aggravation globale, il faut regarder :
- quels items ont changé ;
- de combien leur fréquence a augmenté ;
- si le même informateur a répondu ;
- si les conditions de vie ont changé ;
- si une maladie récente est survenue ;
- si un traitement a été modifié.
Un changement de chambre, une hospitalisation ou l’arrivée d’un nouvel intervenant peut également modifier temporairement certains comportements.
À quoi sert le CMAI lorsqu’il est répété ?
Une nouvelle cotation peut aider à vérifier si certains comportements deviennent moins ou plus fréquents.
Elle peut être utile après :
- le traitement d’une douleur ;
- la correction d’un problème médical ;
- une adaptation de l’environnement ;
- une modification des soins ;
- un changement thérapeutique décidé médicalement.
L’évolution item par item permet de comprendre ce qui s’est réellement amélioré.
Un total en baisse peut par exemple provenir principalement de la disparition des cris alors que la marche répétitive est restée stable.
Cette précision aide davantage qu’une simple mention « CMAI amélioré ».
Existe-t-il des versions plus courtes du CMAI ?
Oui. Plusieurs adaptations ont été développées au fil du temps.
On rencontre notamment :
- la forme longue à 29 items ;
- une forme courte comportant moins d’items ;
- une adaptation destinée à la communauté ;
- des versions conçues pour certains protocoles d’observation.
Une forme courte de 14 items a notamment été étudiée avec une échelle de fréquence différente de celle de la forme longue.
Les scores ne doivent donc pas être comparés directement.
Avant d’interpréter un résultat, il faut connaître :
- le nombre d’items ;
- la période observée ;
- l’échelle de fréquence ;
- le score maximal ;
- le contexte dans lequel la version a été validée.
Quelle différence entre le CMAI et le NPI ?
Les deux instruments peuvent être utilisés dans l’étude des manifestations comportementales, mais ils n’ont pas le même objectif.
Le CMAI se concentre principalement sur la fréquence de comportements agités.
Le NPI explore un champ beaucoup plus large comprenant notamment :
- hallucinations ;
- idées délirantes ;
- dépression ;
- anxiété ;
- apathie ;
- désinhibition ;
- agitation ;
- troubles nocturnes ;
- modifications alimentaires.
Le NPI évalue également fréquence et sévérité de différents domaines, tandis que le CMAI détaille davantage les comportements d’agitation.
Les scores des deux outils ne sont donc pas convertibles.
Un score élevé permet-il de connaître la cause de l’agitation ?
Non. Le CMAI décrit la fréquence des manifestations mais ne détermine pas leur origine.
Chez une personne âgée, une agitation peut notamment être favorisée par :
- une douleur non exprimée ;
- une infection ;
- une constipation importante ;
- une rétention urinaire ;
- une déshydratation ;
- un médicament ;
- un trouble sensoriel ;
- un mauvais sommeil ;
- la peur ;
- un environnement inadapté ;
- une difficulté de communication.
Une maladie neurocognitive peut rendre plus difficile l’expression d’un besoin ou d’une douleur, si bien que le comportement devient parfois l’un des premiers signes visibles du problème.
Mesurer l’agitation permet de l’objectiver ; rechercher sa cause reste une étape clinique distincte et indispensable.
Pourquoi une agitation brutale doit-elle alerter ?
Un comportement installé progressivement depuis plusieurs mois ne doit pas être interprété comme une agitation apparue en quelques heures.
Un changement brutal du comportement peut accompagner un état confusionnel aigu.
Chez une personne âgée, il faut notamment rechercher :
- une infection ;
- une douleur aiguë ;
- un problème urinaire ;
- une constipation sévère ;
- une déshydratation ;
- un trouble métabolique ;
- un événement neurologique ;
- un effet médicamenteux.
La personne peut être tour à tour agitée, somnolente, désorientée ou présenter des fluctuations inhabituelles au cours de la journée.
Dans ce contexte, remplir une échelle ne doit jamais retarder l’évaluation médicale.
Pourquoi faut-il examiner les médicaments ?
La chronologie entre un changement de comportement et une modification thérapeutique peut apporter une information importante.
Il faut notamment signaler :
- un médicament récemment introduit ;
- une augmentation de dose ;
- un arrêt récent ;
- une erreur de prise ;
- une automédication ;
- une accumulation de plusieurs traitements.
La liste réelle des traitements est parfois différente de celle figurant sur une ancienne ordonnance.
Vérifier les médicaments présents à la maison peut donc aider le médecin à comprendre la situation.
Il ne faut cependant jamais interrompre brutalement un médicament de sa propre initiative pour essayer de calmer l’agitation.
La fatigue et le sommeil peuvent-ils augmenter l’agitation ?
Une personne épuisée peut tolérer moins facilement le bruit, les soins ou les changements d’environnement.
Un mauvais sommeil peut également favoriser :
- l’irritabilité ;
- les déplacements nocturnes ;
- les difficultés attentionnelles ;
- une désorientation accrue ;
- des réactions plus intenses.
Une fatigue inhabituelle doit également faire rechercher sa propre cause.
Une fatigue persistante chez une personne âgée peut être associée à de nombreuses situations médicales et ne doit pas être considérée automatiquement comme une conséquence normale de l’âge.
Pourquoi la vision, l’audition et la communication comptent-elles ?
Une personne qui voit ou entend mal peut mal interpréter certaines situations.
Elle peut par exemple :
- ne pas comprendre une consigne ;
- être surprise par l’arrivée d’un soignant ;
- ne pas reconnaître immédiatement quelqu’un ;
- se sentir menacée pendant un soin ;
- répondre par un geste de défense.
Un déficit sensoriel peut donc contribuer indirectement à certains épisodes.
Une personne qui sent sa vue baisser doit pouvoir bénéficier d’une évaluation adaptée, et ses lunettes ou aides sensorielles ne devraient pas être négligées dans l’analyse de la situation.
La communication doit également être suffisamment simple, calme et adaptée aux capacités de compréhension de la personne.
Comment l’environnement peut-il déclencher certains comportements ?
Le lieu dans lequel vit la personne influence parfois fortement son comportement.
Des facteurs déclenchants peuvent comprendre :
- un niveau sonore important ;
- de nombreuses personnes autour d’elle ;
- des changements répétés d’intervenants ;
- une attente prolongée ;
- un manque de repères ;
- un éclairage insuffisant ;
- une température inconfortable ;
- une sollicitation excessive.
Observer le contexte de survenue est donc aussi important que compter les épisodes.
Une agitation qui apparaît presque uniquement pendant la toilette doit conduire à étudier le déroulement de ce soin plutôt qu’à considérer que la personne est agitée toute la journée.
Pourquoi les soins peuvent-ils parfois provoquer une réaction d’opposition ?
Une personne présentant un trouble cognitif peut ne plus comprendre pourquoi quelqu’un entre dans sa chambre, la déshabille ou la touche.
Une toilette pourtant banale pour le soignant peut alors être vécue comme une intrusion.
La réaction peut être favorisée par :
- une douleur pendant le geste ;
- une incompréhension ;
- la pudeur ;
- la peur ;
- une réalisation trop rapide du soin ;
- plusieurs intervenants parlant simultanément.
Le comportement observable doit donc être rapproché de ce qui le précède immédiatement.
Adapter la manière de communiquer et respecter le rythme de la personne peuvent parfois modifier considérablement la situation.
Le CMAI indique-t-il quel traitement utiliser ?
Non. Une fréquence élevée ne conduit pas automatiquement à une prescription médicamenteuse.
La première étape consiste à rechercher une cause et les facteurs déclenchants.
Selon la situation, les mesures peuvent concerner :
- le traitement d’une douleur ou d’une maladie ;
- l’adaptation des soins ;
- la communication ;
- le rythme de la journée ;
- l’environnement ;
- les activités proposées ;
- le soutien de l’entourage.
Les recommandations françaises privilégient lorsque cela est possible une analyse de la situation et des approches non médicamenteuses avant un recours systématique aux psychotropes.
Les traitements médicamenteux éventuels relèvent d’une décision médicale tenant compte de la gravité, des risques et de l’état général.
Quand faut-il demander une évaluation gériatrique plus large ?
Une agitation persistante mérite particulièrement une évaluation globale lorsqu’elle s’accompagne :
- de nouvelles difficultés cognitives ;
- de chutes ;
- d’une perte d’autonomie ;
- d’un amaigrissement ;
- de troubles du sommeil importants ;
- d’une modification récente des médicaments ;
- de plusieurs maladies chroniques.
Une approche globale permet de ne pas réduire la situation au comportement visible.
Un médecin gériatre peut notamment rapprocher les troubles cognitifs, les traitements, la douleur, les fonctions sensorielles, la mobilité et l’autonomie.
Selon le tableau, d’autres professionnels peuvent également intervenir.
Quand l’agitation devient-elle une urgence ?
Une évaluation urgente est nécessaire lorsque l’état de la personne change brutalement ou lorsque sa sécurité ne peut plus être assurée.
Il faut notamment réagir rapidement en présence :
- d’une confusion soudaine importante ;
- d’une altération de la vigilance ;
- d’une difficulté brutale à parler ;
- d’une faiblesse d’un côté du corps ;
- d’un traumatisme ou d’une chute récente ;
- d’une fièvre avec changement comportemental ;
- d’une agitation exposant directement la personne ou autrui à un danger.
En présence d’un danger immédiat, de signes neurologiques brutaux ou d’une altération importante de l’état général, il faut appeler le 15 ou le 112.
Une agitation aiguë et inhabituelle doit d’abord être considérée comme un symptôme à expliquer, et non comme une simple aggravation de la démence.
Quelles erreurs faut-il éviter en lisant un score CMAI ?
L’échelle est simple à additionner mais beaucoup moins simple à interpréter correctement.
Il faut éviter de :
- regarder seulement le total ;
- croire que le minimum est zéro ;
- confondre fréquence et gravité ;
- assimiler agitation et agressivité ;
- appliquer un seuil universel ;
- comparer directement deux versions différentes ;
- négliger les circonstances des comportements ;
- attribuer automatiquement l’agitation à la démence ;
- ignorer douleur, infection ou médicaments ;
- comparer des scores recueillis sur des périodes différentes.
Le meilleur usage du CMAI consiste à transformer une impression vague en description structurée et à suivre les comportements qui posent réellement problème.
Tableau récapitulatif : comment interpréter le CMAI ?
| Élément | Ce qu’il signifie | Point de vigilance |
|---|---|---|
| 29 items | Comportements agités distincts | Identifier ceux réellement présents |
| Période de 2 semaines | Fréquence récente des comportements | Éviter de se baser sur une seule journée |
| Cotation 1 à 7 | De jamais à plusieurs fois par heure | Mesure surtout la fréquence |
| Score minimum 29 | Tous les items cotés « jamais » | Le minimum n’est pas zéro |
| Score maximum 203 | Maximum théorique de fréquence | Situation extrême théorique |
| Sous-domaines | Profils d’agitation différents | Structure variable selon les versions |
| Score en hausse | Un ou plusieurs comportements plus fréquents | Regarder quels items ont changé |
| Agitation brutale | Cause aiguë possible | Évaluation médicale rapide |
Mini FAQ
Combien d’items comporte l’échelle de Cohen-Mansfield ?
La forme longue classique du CMAI comporte 29 comportements. D’autres versions, notamment des formes abrégées ou adaptées à certains lieux de vie, existent et ne doivent pas être confondues avec cette forme originale.
Quel est le score maximum du CMAI ?
Avec 29 items cotés de 1 à 7, le score total de la forme longue peut aller de 29 à 203. Le minimum est 29 parce qu’un comportement jamais observé reçoit tout de même la valeur 1 dans cette cotation.
À partir de quel score l’agitation est-elle inquiétante ?
Il n’existe pas un seuil universel permettant de décider à lui seul de la gravité ou d’un traitement. Le type de comportements, leur fréquence, leur dangerosité, leur évolution et leurs circonstances sont indispensables à l’interprétation.
Le CMAI mesure-t-il la sévérité de chaque comportement ?
La forme longue classique mesure principalement leur fréquence sur une échelle de 1 à 7. Une manifestation très grave mais rare peut donc obtenir une fréquence relativement basse, ce qui explique pourquoi le score ne doit jamais remplacer l’analyse clinique.
Quelle différence entre agitation et agressivité ?
L’agitation peut être motrice ou verbale sans comporter d’agression, par exemple une marche répétitive ou des demandes incessantes. L’agressivité implique davantage un comportement dirigé contre une personne, soi-même ou des objets. Les deux peuvent néanmoins coexister.
Que faire si l’agitation apparaît brutalement ?
Il faut rechercher rapidement une cause médicale ou médicamenteuse, notamment une douleur, une infection, une déshydratation ou un état confusionnel. En cas de danger immédiat, d’altération importante de la vigilance ou de signes neurologiques brutaux, il faut appeler le 15 ou le 112.
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