Un changement de comportement peut parfois inquiéter davantage qu’un oubli. Apathie inhabituelle, nuits agitées, irritabilité ou convictions étranges peuvent apparaître progressivement et fluctuer d’un jour à l’autre. Pour comprendre ce qui se passe réellement, il faut pourtant aller bien au-delà d’une simple liste de symptômes.
En bref :
- Le NPI explore 12 domaines neuropsychiatriques fréquemment rencontrés dans les troubles neurocognitifs.
- L’évaluation repose principalement sur l’entretien avec un proche ou un professionnel connaissant bien la personne.
- Chaque domaine présent est coté selon sa fréquence et sa sévérité.
- Dans le NPI-12, un domaine peut obtenir de 0 à 12 points et le total de 0 à 144.
- Le retentissement sur l’aidant est évalué séparément, de 0 à 5 par domaine.
- Le NPI décrit les symptômes et leur évolution mais ne détermine pas, à lui seul, leur cause.
Sommaire
Qu’est-ce que l’inventaire neuropsychiatrique NPI ?
Le NPI, pour Neuropsychiatric Inventory, est un outil développé pour étudier les manifestations psychologiques et comportementales associées notamment aux troubles neurocognitifs.
La première version comportait dix domaines. Deux dimensions ont ensuite été ajoutées, concernant le sommeil et l’alimentation, pour aboutir au NPI à douze domaines largement utilisé aujourd’hui.
Il ne s’agit pas d’un test de mémoire. Le NPI recherche plutôt des modifications concernant :
- les perceptions ;
- les croyances ;
- l’humeur ;
- la motivation ;
- le comportement ;
- le sommeil ;
- l’alimentation.
Il permet ensuite de préciser à quelle fréquence les manifestations surviennent, leur importance et leur retentissement sur l’entourage.
Le NPI ne demande pas seulement « ce symptôme existe-t-il ? » : il cherche aussi à savoir combien de fois il survient, quelle est son intensité et ce qu’il représente pour l’aidant.
Pourquoi évaluer les symptômes neuropsychiatriques ?
Les difficultés cognitives ne représentent qu’une partie des changements susceptibles d’accompagner une maladie neurocognitive.
Chez certaines personnes, l’entourage remarque surtout :
- une perte progressive d’initiative ;
- une irritabilité inhabituelle ;
- des nuits très perturbées ;
- une agitation nouvelle ;
- des idées de méfiance ;
- des hallucinations ;
- des changements alimentaires.
Ces manifestations peuvent avoir des conséquences importantes sur la personne, mais également sur la vie familiale, les soins et le maintien à domicile.
Les décrire précisément aide à éviter des termes trop vagues comme « il devient difficile » ou « elle n’est plus comme avant ».
Un comportement doit être caractérisé avant de rechercher ce qui pourrait l’expliquer.
Quels sont les 12 domaines évalués par le NPI ?
Le NPI-12 explore douze catégories de symptômes.
- idées délirantes ;
- hallucinations ;
- agitation ou agressivité ;
- dépression ou dysphorie ;
- anxiété ;
- euphorie ou exaltation ;
- apathie ou indifférence ;
- désinhibition ;
- irritabilité ou labilité émotionnelle ;
- comportements moteurs inhabituels ;
- troubles du sommeil et comportements nocturnes ;
- modifications de l’appétit ou du comportement alimentaire.
Chaque domaine est étudié séparément. Une personne peut donc présenter une apathie importante sans agitation, ou une perturbation du sommeil sans hallucinations.
Cette organisation permet de conserver un profil détaillé plutôt que de résumer toute la situation par un unique chiffre.
Qui répond aux questions du NPI ?
Dans sa version classique, les informations sont recueillies auprès d’une personne qui connaît suffisamment bien le comportement récent du patient.

Il peut s’agir :
- du conjoint ;
- d’un enfant ;
- d’un autre proche ;
- d’un aidant régulier ;
- selon la version, d’un professionnel en établissement.
La qualité de l’informateur compte. Une personne présente quotidiennement pourra généralement décrire plus précisément les nuits, les repas ou les épisodes d’agitation qu’un proche rencontré occasionnellement.
Les proches aidants jouent donc souvent un rôle essentiel dans cette évaluation.
Cela ne signifie pas que le point de vue de la personne concernée doit être ignoré. Son ressenti, ses explications et ses préférences restent importants dans l’évaluation clinique globale.
L’informateur décrit ce qu’il observe ; le professionnel doit ensuite replacer ces observations dans le contexte médical et personnel de la personne.
Quelle période le NPI prend-il en compte ?
La version classique du NPI s’intéresse généralement aux comportements observés au cours du mois précédant l’évaluation.
Cette période permet d’éviter de donner une importance excessive à un épisode très ancien ou, à l’inverse, à une seule mauvaise journée.
L’informateur doit essayer de préciser :
- si le comportement est réellement nouveau ;
- depuis quand il existe ;
- s’il se répète ;
- s’il fluctue ;
- dans quelles circonstances il apparaît ;
- ce qui semble l’améliorer ou l’aggraver.
Le changement par rapport au fonctionnement habituel est particulièrement important.
Une personne méfiante depuis toujours ne présente pas nécessairement un symptôme nouveau simplement parce qu’elle reste méfiante après l’apparition de troubles cognitifs.
Comment commence l’entretien NPI ?
Chaque domaine débute par une question de dépistage.
Si aucun comportement correspondant n’a été observé, le professionnel passe au domaine suivant.
Si la réponse est positive, des questions complémentaires servent à préciser les manifestations.
Cette organisation limite les questions inutiles lorsque de nombreux domaines sont absents.
L’objectif n’est pas de faire entrer chaque comportement dans une case à tout prix, mais de recueillir suffisamment d’éléments pour comprendre ce que l’informateur décrit.
Le professionnel vérifie également que le comportement correspond bien à la définition du domaine avant de le coter.
Comment la fréquence d’un symptôme est-elle cotée ?
Lorsqu’un domaine est présent, sa fréquence est évaluée sur quatre niveaux.
La cotation va de :
- 1 : comportement occasionnel ;
- 2 : comportement survenant plus régulièrement ;
- 3 : comportement fréquent ;
- 4 : comportement très fréquent, quotidien ou presque continu selon la situation.
La cotation doit correspondre au comportement observé sur la période considérée et non uniquement à l’épisode qui a le plus marqué l’entourage.
Un événement spectaculaire survenu une seule fois peut être grave tout en restant peu fréquent.
À l’inverse, un comportement modéré mais répété plusieurs fois par jour peut avoir un retentissement considérable.
Comment la sévérité est-elle évaluée ?
La sévérité utilise trois niveaux :
- 1 : manifestation légère ;
- 2 : manifestation modérée ;
- 3 : manifestation importante.
Elle ne correspond pas simplement au nombre de fois où le comportement survient.
Une hallucination occasionnelle mais extrêmement angoissante peut avoir une sévérité importante.
À l’inverse, un comportement répétitif très fréquent peut rester relativement peu intense.
Fréquence et sévérité mesurent donc deux dimensions différentes du même problème.
Comment calcule-t-on le score d’un domaine ?
Pour chaque domaine présent, le score est obtenu en multipliant :
fréquence × sévérité
Comme la fréquence va de 1 à 4 et la sévérité de 1 à 3, le résultat peut aller de 1 à 12 lorsqu’un symptôme est présent.
Lorsque le domaine est absent, son score est de 0.

Par exemple :
- fréquence 2 et sévérité 1 donnent 2 points ;
- fréquence 3 et sévérité 2 donnent 6 points ;
- fréquence 4 et sévérité 3 donnent 12 points.
Un même score peut toutefois résulter de combinaisons différentes.
Un score de 6 peut par exemple correspondre à une fréquence de 3 avec une sévérité de 2, ou à une fréquence de 2 avec une sévérité de 3.
Le score du domaine résume fréquence et intensité, mais les deux valeurs d’origine restent utiles pour comprendre concrètement le symptôme.
Comment obtient-on le score NPI total sur 144 ?
Les scores des douze domaines sont additionnés.
Comme chacun peut atteindre 12, le total théorique maximal est de 144.
Schématiquement :
- 0 signifie qu’aucun des douze domaines n’a été identifié pendant la période évaluée ;
- une valeur croissante correspond à une charge neuropsychiatrique globale plus importante selon cette cotation ;
- 144 représenterait le maximum théorique dans tous les domaines simultanément.
Dans la pratique, le score total doit être lu avec prudence.
Deux personnes ayant chacune 25 points peuvent présenter des tableaux complètement différents : hallucinations et agitation chez l’une, apathie, anxiété et troubles nocturnes chez l’autre.
La répartition des points est souvent plus informative que le total seul.
À quoi correspond le score de détresse de l’aidant ?
Le NPI comporte également une évaluation distincte du retentissement de chaque symptôme sur l’aidant.
Cette dimension est cotée de :
- 0 : aucune détresse ;
- à 5 : détresse extrêmement importante.
Avec douze domaines, le total peut donc théoriquement atteindre 60 points de détresse.
Ce résultat n’est pas ajouté au score NPI de 0 à 144.
La distinction est essentielle. Un comportement peut être relativement peu fréquent mais extrêmement difficile à vivre pour l’entourage.
Inversement, certaines manifestations répétitives peuvent être bien tolérées dans une famille qui a trouvé une organisation efficace.
Le retentissement sur l’aidant constitue une information clinique à part entière et ne doit pas être confondu avec la sévérité du symptôme chez la personne.
Pourquoi faut-il regarder chaque domaine plutôt que le total ?
Un score global facilite le suivi statistique, mais il peut masquer ce qui a réellement changé.
Supposons qu’entre deux consultations :
- l’agitation diminue fortement ;
- les hallucinations disparaissent ;
- mais l’apathie augmente ;
- et les troubles du sommeil apparaissent.
Le total peut rester presque identique alors que le profil clinique a changé de façon importante.
L’adaptation de l’accompagnement dépend justement du domaine concerné.
Les besoins d’une personne apathique ne sont pas les mêmes que ceux d’une personne présentant une agitation importante ou des hallucinations angoissantes.
Existe-t-il un seuil NPI qui indique une démence sévère ?
Non. Le NPI n’est pas une échelle permettant de déterminer directement le stade global d’un trouble neurocognitif.
Il n’existe pas un seuil universel qui signifierait automatiquement :
- maladie d’Alzheimer ;
- démence modérée ;
- démence sévère ;
- entrée nécessaire en établissement ;
- prescription obligatoire d’un médicament.
Les symptômes neuropsychiatriques peuvent apparaître à différents moments et évoluer de manière non linéaire.
Une personne ayant des troubles cognitifs relativement modérés peut connaître un épisode comportemental marqué, tandis qu’une autre à un stade plus avancé peut avoir un NPI relativement faible à un moment donné.
Comment sont évaluées les idées délirantes ?
Les idées délirantes correspondent à des convictions qui ne reposent pas sur la réalité et auxquelles la personne adhère fortement.
Elles peuvent prendre différentes formes, par exemple :
- croire qu’on lui vole ses affaires ;
- penser qu’un proche lui cache quelque chose ;
- être convaincue qu’une personne étrangère vit dans le logement ;
- interpréter certains événements de manière très inhabituelle.
Il faut distinguer une conviction persistante d’une simple erreur de mémoire.
Une personne qui ne retrouve plus son portefeuille et demande où il se trouve ne présente pas nécessairement une idée délirante. La situation est différente si elle affirme de façon répétée qu’un proche le lui vole malgré les explications et les constatations contraires.
Comment les hallucinations sont-elles repérées ?
Une hallucination correspond à une perception sans stimulus extérieur correspondant.
Elle peut être :
- visuelle ;
- auditive ;
- plus rarement liée à d’autres modalités sensorielles.
Le professionnel doit rechercher le contexte avant d’attribuer automatiquement l’expérience au trouble neurocognitif.
Une déficience sensorielle, un médicament, une confusion aiguë ou une autre affection peuvent contribuer à certaines perceptions inhabituelles.
Une personne qui sent sa vue baisser doit notamment signaler cette difficulté lors de l’évaluation.
La réaction émotionnelle compte également : certaines hallucinations sont peu gênantes, tandis que d’autres provoquent une peur considérable.
Que recouvrent agitation et agressivité ?
Ce domaine peut comprendre plusieurs comportements : opposition, agitation verbale, colère, gestes brusques ou agressivité physique.
Mais le comportement ne doit pas être isolé de ce qui se passe autour de lui.
Une agitation peut apparaître lorsque la personne :
- a mal ;
- ne comprend pas ce qu’on lui demande ;
- a peur ;
- est dérangée par le bruit ;
- cherche les toilettes ;
- se sent contrainte pendant un soin ;
- est épuisée.
Décrire seulement « agressivité : oui » ne suffit donc pas.
Le moment, les personnes présentes et les événements qui précèdent l’épisode peuvent fournir des informations indispensables pour adapter la prise en charge.
Comment distinguer apathie, dépression et fatigue ?
Ces trois situations peuvent partager certaines manifestations : moins d’activités, baisse de motivation ou retrait social.
L’apathie correspond principalement à une diminution de l’initiative, de la motivation et des comportements orientés vers un objectif.
Une dépression implique un tableau émotionnel plus large pouvant comprendre tristesse, pessimisme, culpabilité, perte de plaisir ou idées de mort.
Une fatigue persistante chez un senior peut également réduire fortement les activités sans être liée directement à l’un de ces deux syndromes.
Ces dimensions sont donc examinées séparément.
Une personne qui ne prend plus d’initiative n’est pas nécessairement dépressive ; l’apathie et la dépression peuvent se ressembler, mais elles ne sont pas synonymes.
Que mesurent anxiété, irritabilité et euphorie ?
L’anxiété peut se manifester par une inquiétude excessive, des demandes répétées de réassurance ou une peur importante dans certaines situations.
L’irritabilité correspond davantage à une tendance nouvelle à s’impatienter, se mettre en colère ou réagir fortement à de petits événements.
L’euphorie ou exaltation est différente : elle correspond à une humeur anormalement élevée ou excessivement joyeuse par rapport au fonctionnement habituel.
Le caractère nouveau constitue là encore un élément essentiel.
Une personnalité joviale depuis toujours ne doit pas être automatiquement cotée comme euphorique.
Que signifie la désinhibition dans le NPI ?
La désinhibition correspond à une réduction inhabituelle du contrôle social ou comportemental.
Elle peut notamment se manifester par :
- des remarques socialement inadaptées ;
- une familiarité inhabituelle ;
- des comportements impulsifs ;
- une perte de certaines conventions sociales ;
- des gestes auparavant inhabituels.
Une modification récente du comportement est plus significative qu’un trait de personnalité ancien.
Ces manifestations peuvent être particulièrement difficiles à vivre pour les proches parce qu’elles donnent parfois l’impression que la personne « fait exprès » ou qu’elle a radicalement changé de personnalité.
Que sont les comportements moteurs aberrants ?
Ce domaine concerne des activités motrices répétitives sans objectif apparent ou difficiles à interrompre.
Il peut s’agir par exemple de :
- marcher continuellement ;
- faire plusieurs fois le même trajet ;
- manipuler constamment certains objets ;
- répéter des gestes ;
- ouvrir et fermer de façon répétitive certains rangements.
Le terme ne signifie pas automatiquement que le comportement est dangereux.
L’évaluation recherche son intensité, ses circonstances et ses conséquences : fatigue, chute, perturbation des repas, impossibilité de réaliser les soins ou mise en danger.
Comment sont évalués le sommeil et les comportements nocturnes ?
Le domaine nocturne ne se limite pas à demander si la personne dort mal.
Il peut rechercher :
- des réveils nombreux ;
- une inversion du rythme jour-nuit ;
- une activité importante pendant la nuit ;
- des levers répétés ;
- un réveil extrêmement précoce ;
- des comportements nocturnes gênants ou dangereux.
Un changement récent du sommeil peut toutefois avoir de nombreuses causes.
Douleur, besoin d’uriner, médicament, environnement ou maladie aiguë doivent être envisagés lorsque la modification apparaît brutalement.
Que recherche le domaine alimentation et appétit ?
Cette partie s’intéresse aux changements récents concernant :
- l’appétit ;
- la quantité consommée ;
- les préférences alimentaires ;
- certains comportements pendant les repas ;
- des habitudes alimentaires devenues inhabituelles.
Le changement doit être contextualisé.
Une baisse de l’appétit peut accompagner une infection, une douleur, une maladie digestive, une dépression ou un effet médicamenteux.
Le NPI permet de signaler la modification mais ne détermine pas sa cause médicale.
Pourquoi un comportement apparu brutalement doit-il faire rechercher une autre cause ?
Un symptôme neuropsychiatrique n’est pas automatiquement une conséquence de la maladie neurocognitive.
Lorsque le comportement change rapidement, il faut notamment envisager :
- une douleur aiguë méconnue ;
- une infection ;
- une rétention urinaire ;
- une constipation importante ;
- une déshydratation ;
- un trouble métabolique ;
- un nouveau médicament ;
- une modification brutale de l’environnement ;
- un épisode confusionnel aigu.
Chez une personne présentant déjà des troubles cognitifs, ces causes peuvent parfois se révéler principalement par une agitation, un retrait ou une confusion nouvelle.
Attribuer automatiquement tout nouveau comportement à la démence risque de faire passer à côté d’une cause médicale parfois urgente et traitable.
Pourquoi faut-il revoir les médicaments ?
Une modification du comportement peut parfois coïncider avec :
- le début d’un traitement ;
- une augmentation de dose ;
- un arrêt récent ;
- une erreur de prise ;
- l’association de plusieurs produits sédatifs ;
- une automédication.
La chronologie est particulièrement utile pour identifier une éventuelle contribution médicamenteuse.
Le médecin peut avoir besoin de vérifier les médicaments réellement présents à domicile plutôt que de se fier uniquement à une ordonnance ancienne.
Il ne faut jamais supprimer spontanément un médicament psychotrope ou un autre traitement parce qu’un comportement inhabituel est apparu.
Pourquoi l’environnement peut-il modifier le score NPI ?
Les comportements ne dépendent pas uniquement du cerveau ou de la maladie.
L’environnement peut jouer un rôle important :
- bruit important ;
- changement de chambre ;
- multiplication des intervenants ;
- rythme de soins inadapté ;
- sollicitations excessives ;
- manque de repères ;
- conflit avec un proche ;
- isolement.
Un même patient peut donc présenter des comportements différents selon le lieu et les circonstances.
C’est pourquoi il est utile d’observer ce qui se produit avant, pendant et après les épisodes plutôt que de considérer le comportement comme une caractéristique permanente de la personne.
Quelle différence entre NPI, NPI-Réduit et NPI-ES ?
Plusieurs adaptations ont été développées afin de répondre à des contextes différents.
En France, les recommandations distinguent notamment :
- le NPI classique à domicile ;
- une version réduite permettant une passation plus rapide ;
- le NPI-ES destiné aux équipes soignantes en établissement.
La version internationale NPI-Q constitue également une forme abrégée largement étudiée. Elle conserve les douze domaines mais simplifie la cotation : la sévérité est évaluée sans calculer la fréquence de la même manière que dans le NPI complet.
Dans le NPI-Q, le score de sévérité peut aller de 0 à 36 et celui de détresse de 0 à 60.
Les scores des différentes versions ne doivent donc pas être comparés comme s’ils provenaient exactement du même instrument.
Pourquoi existe-t-il une version spécifique pour les établissements ?
En établissement, l’informateur n’est généralement pas un conjoint vivant avec la personne depuis plusieurs décennies.
Les observations proviennent plutôt de professionnels qui voient le résident dans différentes activités.
Le NPI-ES adapte donc la formulation et le recueil aux conditions institutionnelles.
Le travail en équipe devient particulièrement important : une personne peut être calme le matin mais très agitée au moment de la toilette ou pendant la soirée.
Les transmissions entre professionnels permettent de mieux caractériser la fréquence et les circonstances.
Le NPI peut-il servir à suivre l’évolution ?
Oui. Répéter l’évaluation peut permettre de voir si certains domaines :
- apparaissent ;
- disparaissent ;
- deviennent moins fréquents ;
- deviennent moins sévères ;
- changent de retentissement sur l’aidant.
Le suivi domaine par domaine est souvent plus utile qu’une simple comparaison des totaux.
Une baisse globale de dix points peut être encourageante, mais il reste important de savoir si elle correspond à une amélioration de l’agitation, du sommeil, des hallucinations ou d’un autre problème.
La répétition doit également conserver des conditions aussi comparables que possible.
Quelles sont les limites du témoignage de l’aidant ?
Un proche connaît bien la personne mais son témoignage n’est pas une mesure parfaitement objective.
La perception peut être influencée par :
- sa propre fatigue ;
- son anxiété ;
- la durée de l’accompagnement ;
- les conflits familiaux ;
- sa connaissance des symptômes ;
- le temps réellement passé avec la personne.
Deux proches peuvent parfois décrire différemment le même comportement.
Cela ne signifie pas nécessairement que l’un ment. Ils peuvent observer la personne dans des situations et à des moments différents.
L’entretien clinique, l’observation directe et les informations des différents intervenants complètent donc utilement le NPI.
Le NPI permet-il de diagnostiquer une maladie d’Alzheimer ?
Non. Certains symptômes neuropsychiatriques sont fréquents dans la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles neurocognitifs, mais aucun profil NPI ne suffit pour identifier précisément la maladie responsable.
Des hallucinations, une apathie ou une désinhibition peuvent apparaître dans différents contextes neurologiques ou psychiatriques.
Le diagnostic repose sur :
- l’histoire clinique ;
- l’évolution des symptômes ;
- l’examen médical ;
- les capacités cognitives ;
- l’autonomie quotidienne ;
- et, lorsque cela est nécessaire, d’autres examens.
Un bilan réalisé par un gériatre peut notamment replacer les changements comportementaux dans l’ensemble de la santé de la personne âgée.
Le NPI décrit ce qui se passe sur le plan comportemental et psychologique ; le diagnostic doit expliquer pourquoi cela se passe.
Comment le résultat peut-il aider à adapter la prise en charge ?
Le principal intérêt pratique du NPI est d’aider à cibler les difficultés réellement présentes.
Une fois le profil obtenu, l’équipe peut rechercher :
- les causes déclenchantes possibles ;
- les situations à éviter ;
- les besoins médicaux ;
- les adaptations de l’environnement ;
- les stratégies de communication ;
- le soutien nécessaire à l’aidant.
La réponse n’est pas automatiquement médicamenteuse.
Un trouble du comportement doit d’abord être analysé et les causes somatiques, psychiatriques, médicamenteuses ou environnementales recherchées.
Les approches non médicamenteuses et les adaptations des soins occupent généralement une place importante lorsque la situation le permet.
Quand les symptômes nécessitent-ils une évaluation rapide ?
Un avis médical rapide est particulièrement important lorsque :
- le comportement change brutalement ;
- la personne devient soudainement très confuse ;
- elle ne reconnaît plus son environnement de manière inhabituelle ;
- elle devient difficile à réveiller ;
- une hallucination apparaît brutalement ;
- elle refuse soudainement de boire ou de s’alimenter ;
- l’agitation empêche les soins essentiels ;
- un nouveau médicament précède les troubles.
Un changement rapide doit notamment faire rechercher un épisode confusionnel ou une affection médicale aiguë.
En présence d’un danger immédiat pour la personne ou son entourage, d’un trouble neurologique brutal, d’une altération importante de la conscience ou d’une situation impossible à sécuriser, il faut appeler le 15 ou le 112.
Quelles erreurs faut-il éviter en interprétant un NPI ?
Le score peut sembler simple, mais plusieurs erreurs réduisent fortement son intérêt.
Il faut éviter de :
- regarder uniquement le total ;
- confondre fréquence et sévérité ;
- ajouter le score de détresse au total NPI ;
- comparer directement NPI et NPI-Q ;
- diagnostiquer une maladie à partir du score ;
- considérer tous les comportements comme causés par la démence ;
- ignorer une modification récente des médicaments ;
- négliger douleur, infection ou confusion aiguë ;
- oublier l’influence de l’environnement ;
- considérer le témoignage d’un seul proche comme infaillible.
Une bonne interprétation recherche avant tout quels domaines ont changé, depuis quand et dans quelles circonstances.
Tableau récapitulatif : comment lire les résultats du NPI ?
| Élément | Ce qu’il mesure | Point de vigilance |
|---|---|---|
| 12 domaines | Différents symptômes neuropsychiatriques | Regarder leur répartition |
| Fréquence 1 à 4 | Répétition du comportement | Différente de la sévérité |
| Sévérité 1 à 3 | Importance du comportement | Ne mesure pas sa fréquence |
| Score du domaine /12 | Fréquence × sévérité | Lire les deux composantes |
| NPI total /144 | Charge globale des 12 domaines | Pas de diagnostic automatique |
| Détresse /60 | Retentissement global sur l’aidant | Score séparé du NPI |
| NPI-Q | Version abrégée | Barème différent du NPI complet |
| Changement brutal | Cause aiguë possible | Rechercher rapidement une cause médicale |
Mini FAQ
Quel est le score maximum du NPI ?
Dans le NPI à 12 domaines, chaque domaine peut atteindre 12 points par multiplication de la fréquence et de la sévérité. Le score global peut donc aller de 0 à 144. La détresse de l’aidant est calculée séparément.
À partir de quel score NPI faut-il s’inquiéter ?
Il n’existe pas un seuil universel permettant de déterminer à lui seul la gravité d’une maladie ou la conduite à tenir. Le domaine concerné, sa fréquence, sa sévérité, son évolution et ses conséquences pratiques comptent davantage qu’un chiffre isolé.
Qui doit remplir l’inventaire NPI ?
Le NPI classique repose sur l’entretien avec un informateur connaissant bien la personne, souvent un proche aidant. En établissement, une version adaptée permet de recueillir les observations des professionnels qui accompagnent régulièrement le résident.
Quelle différence entre NPI et NPI-Q ?
Le NPI complet évalue notamment fréquence et sévérité afin d’obtenir un score par domaine. Le NPI-Q est une version abrégée qui évalue la présence puis la sévérité des douze domaines et le retentissement sur l’aidant, avec un barème différent.
Un score NPI élevé signifie-t-il maladie d’Alzheimer ?
Non. Le NPI mesure des manifestations neuropsychiatriques qui peuvent apparaître dans différentes maladies ou situations. Le diagnostic repose sur l’évaluation clinique globale et ne peut pas être déduit du score NPI.
Que faire si le comportement change brutalement ?
Il faut rechercher rapidement une cause médicale, médicamenteuse ou environnementale, notamment une confusion aiguë, une douleur ou une infection. En cas de danger immédiat, d’altération importante de la conscience ou de signes neurologiques brutaux, il faut appeler le 15 ou le 112.
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