Occlusion intestinale : symptômes, causes et peut-on en mourir ?

Occlusion intestinale : symptômes, causes et peut-on en mourir

Un ventre qui gonfle, des douleurs par vagues et l’arrêt brutal des gaz peuvent révéler bien davantage qu’une constipation. Une occlusion intestinale peut évoluer rapidement lorsque l’intestin ou sa vascularisation sont menacés. Reconnaître les symptômes associés permet de ne pas perdre un temps précieux.

En bref :

  • Une occlusion intestinale correspond à un blocage partiel ou complet du passage dans l’intestin.
  • Les symptômes typiques associent douleurs abdominales, ventre gonflé, nausées ou vomissements et diminution ou arrêt des selles et des gaz.
  • Une occlusion partielle peut encore laisser passer des gaz ou même provoquer des selles liquides.
  • Les adhérences après chirurgie, les hernies, les tumeurs et certains volvulus figurent parmi les causes importantes chez l’adulte.
  • Une occlusion peut devenir mortelle si l’intestin manque de sang, se nécrose ou se perfore.
  • Douleur intense et continue, ventre très distendu, vomissements répétés, fièvre ou malaise nécessitent une prise en charge médicale urgente.

Sommaire

Qu’est-ce qu’une occlusion intestinale ?

Une occlusion intestinale correspond à une interruption importante ou complète de la progression du contenu dans l’intestin.

Elle peut toucher :

  • l’intestin grêle ;
  • le côlon ;
  • une petite portion de l’intestin ;
  • ou plusieurs segments lorsque la situation se complique.

Les aliments, les liquides, les sécrétions digestives et les gaz continuent alors de s’accumuler en amont de l’obstacle.

L’intestin se dilate progressivement.

Cette accumulation explique une grande partie des douleurs, du gonflement abdominal et des vomissements.


Quelle différence entre une occlusion complète et une occlusion partielle ?

Dans une occlusion complète, le passage du contenu intestinal est totalement interrompu.

La personne peut alors présenter :

  • un arrêt des selles ;
  • un arrêt des gaz ;
  • un abdomen distendu ;
  • des douleurs ;
  • des vomissements selon la localisation.

Dans une occlusion partielle, appelée parfois subocclusion, une partie du contenu peut encore franchir l’obstacle.

Des selles ou des gaz peuvent donc persister au début.

Une diarrhée est même possible dans certaines occlusions partielles.


Quels sont les symptômes typiques d’une occlusion intestinale ?

Les manifestations dépendent de la localisation et de la sévérité du blocage.

Les symptômes classiques comprennent :

  • des douleurs abdominales ;
  • des crampes revenant par vagues ;
  • un ventre de plus en plus gonflé ;
  • des nausées ;
  • des vomissements ;
  • une diminution ou un arrêt des gaz ;
  • une diminution ou un arrêt des selles ;
  • une perte d’appétit.

L’association de plusieurs de ces signes est plus évocatrice qu’un symptôme isolé.


À quoi ressemble la douleur d’une occlusion intestinale ?

Au début, la douleur est souvent décrite comme une crampe abdominale intense.

Elle peut :

  • augmenter pendant quelques instants ;
  • diminuer ensuite ;
  • revenir régulièrement par vagues.

Ces crises correspondent notamment aux contractions de l’intestin qui tente de faire progresser son contenu malgré l’obstacle.

Une évolution vers une douleur intense et permanente est plus préoccupante.

Elle peut notamment faire craindre une souffrance de la paroi intestinale ou une autre complication abdominale aiguë.


Le ventre est-il toujours gonflé en cas d’occlusion ?

La distension abdominale est fréquente, car les gaz et les liquides s’accumulent au-dessus du blocage.

Le ventre peut devenir :

  • plus volumineux que d’habitude ;
  • tendu ;
  • inconfortable ;
  • parfois très douloureux.

Le gonflement peut être plus marqué lorsque l’occlusion touche le gros intestin.

Un ventre extrêmement distendu et douloureux nécessite une évaluation rapide.


Pourquoi une occlusion provoque-t-elle des vomissements ?

Lorsque le contenu digestif ne peut plus progresser normalement, il s’accumule dans le tube digestif.

Des nausées puis des vomissements peuvent apparaître.

Ils sont généralement plus précoces lorsque l’obstruction se situe dans l’intestin grêle.

Dans certaines occlusions du côlon, ils peuvent survenir plus tardivement.

Des vomissements répétés entraînent également des pertes importantes d’eau et de sels minéraux, augmentant le risque de déshydratation.


L’arrêt des gaz est-il un signe important ?

Oui. Lorsqu’une obstruction devient complète, les gaz ne peuvent plus progresser vers le rectum.

L’arrêt des gaz associé à :

  • un ventre gonflé ;
  • des douleurs abdominales ;
  • des vomissements

doit faire évoquer une occlusion intestinale.

L’arrêt des gaz est souvent particulièrement informatif, mais son absence ne permet pas d’écarter une occlusion partielle.


Peut-on encore aller à la selle avec une occlusion intestinale ?

Oui, notamment au début.

Des matières qui se trouvaient déjà dans le côlon sous l’obstacle peuvent encore être évacuées.

Une occlusion partielle peut également laisser passer une partie des selles.

Elle peut même provoquer des selles molles ou liquides.

Avoir été à la selle dans la journée ne suffit donc pas à éliminer une occlusion lorsque d’autres symptômes sont très évocateurs.


Comment distinguer une occlusion d’une simple constipation ?

Une constipation isolée provoque surtout des selles rares, difficiles ou dures.

Signes d’une occlusion intestinale
Signes d’une occlusion intestinale.

Une occlusion est davantage suspectée lorsque l’arrêt du transit s’accompagne de plusieurs signes :

  • douleurs abdominales importantes ;
  • distension croissante ;
  • vomissements ;
  • arrêt des gaz ;
  • altération de l’état général.

Des vomissements associés à un ventre très gonflé ne doivent pas être traités comme une constipation banale.

Il est alors déconseillé de multiplier laxatifs ou lavements sans avis médical.


Quelles sont les principales causes d’une occlusion chez l’adulte ?

Les causes varient selon la partie de l’intestin atteinte et les antécédents de la personne.

Parmi les causes importantes figurent :

  • les adhérences après une chirurgie abdominale ;
  • les hernies ;
  • les tumeurs digestives ;
  • les volvulus ;
  • certains fécalomes ;
  • plus rarement d’autres inflammations ou rétrécissements intestinaux.

Un antécédent d’opération abdominale constitue donc une information importante à transmettre au médecin.


Pourquoi une ancienne opération peut-elle provoquer une occlusion ?

Après une intervention abdominale, des bandes de tissu cicatriciel peuvent se former à l’intérieur de l’abdomen.

On les appelle des adhérences ou brides.

Elles peuvent parfois :

  • fixer une anse intestinale ;
  • la plier ;
  • la comprimer ;
  • créer un point autour duquel elle se bloque.

Une occlusion sur bride peut apparaître longtemps après l’opération.

Une chirurgie ancienne reste donc pertinente dans les antécédents, même lorsqu’elle remonte à plusieurs années.


Une hernie peut-elle bloquer l’intestin ?

Oui. Une portion d’intestin peut s’engager dans une hernie et rester coincée.

La situation devient particulièrement préoccupante lorsque l’intestin est étranglé et que sa circulation sanguine diminue.

Une hernie peut alors devenir :

  • très douloureuse ;
  • dure ;
  • impossible à repousser ;
  • associée à des nausées ou vomissements.

Une hernie douloureuse avec symptômes digestifs nécessite une évaluation médicale urgente.


Qu’est-ce qu’un volvulus intestinal ?

Un volvulus correspond à la torsion d’une portion de l’intestin sur elle-même et autour de ses attaches.

Cette torsion peut :

  • obstruer le passage des matières ;
  • comprimer les vaisseaux sanguins ;
  • interrompre l’apport de sang à l’intestin.

Le côlon sigmoïde fait partie des localisations possibles chez l’adulte.

Le début peut être brutal, avec une distension importante et des douleurs.

Le risque n’est pas seulement l’obstruction : une torsion peut aussi entraîner une ischémie intestinale.


Une tumeur peut-elle provoquer une occlusion intestinale ?

Oui. Une tumeur qui rétrécit progressivement la lumière du côlon peut finir par gêner fortement le passage des selles.

Avant une obstruction complète, certaines personnes peuvent avoir remarqué :

  • un changement inhabituel du transit ;
  • une constipation croissante ;
  • une alternance du transit ;
  • des douleurs abdominales ;
  • parfois du sang dans les selles ;
  • une perte de poids inexpliquée.

Une occlusion ne signifie cependant pas automatiquement cancer.

Plusieurs autres causes sont possibles et seule l’évaluation médicale peut identifier l’obstacle.


Un fécalome peut-il provoquer une occlusion ?

Oui. Un fécalome est une accumulation importante de selles très dures, généralement dans le rectum ou le côlon.

Il est davantage favorisé par :

  • une constipation prolongée ;
  • l’immobilité ;
  • une hydratation insuffisante ;
  • certaines maladies neurologiques ;
  • certains médicaments ;
  • une dépendance importante pour les activités quotidiennes.

Des petites quantités de selles liquides peuvent parfois contourner le bouchon.

Cette fausse diarrhée ne signifie pas que l’intestin s’est correctement vidé.


Certains médicaments peuvent-ils bloquer le transit ?

Certains traitements ralentissent fortement l’activité intestinale et peuvent favoriser une constipation sévère ou un iléus chez des personnes à risque.

Les médicaments opioïdes utilisés contre certaines douleurs sont particulièrement connus pour ralentir le transit.

D’autres médicaments peuvent également contribuer à une constipation importante selon leur mécanisme.

Chez une personne prenant de nombreux traitements, il est utile de vérifier les médicaments réellement utilisés au domicile.

Un traitement ne doit toutefois pas être interrompu au hasard lorsqu’une occlusion est suspectée : l’urgence est d’obtenir une évaluation médicale.


Qu’est-ce qu’un iléus paralytique ?

Toutes les occlusions ne sont pas dues à un objet ou à une structure qui bouche physiquement l’intestin.

Dans un iléus, les contractions intestinales deviennent très faibles ou s’arrêtent temporairement.

Le contenu digestif ne progresse alors plus correctement.

Un iléus peut notamment apparaître :

  • après certaines opérations ;
  • lors de maladies graves ;
  • avec certains médicaments ;
  • lors de perturbations importantes des électrolytes ;
  • dans certaines inflammations abdominales.

Les symptômes peuvent ressembler à ceux d’une obstruction mécanique, ce qui nécessite un examen médical et souvent une imagerie.


Pourquoi une occlusion intestinale peut-elle être dangereuse ?

L’intestin bloqué continue de recevoir des sécrétions et des gaz.

Il peut alors se dilater fortement.

Cette situation favorise :

  • la déshydratation ;
  • des troubles des sels minéraux ;
  • une souffrance de la paroi intestinale ;
  • une diminution de la circulation sanguine ;
  • une perforation dans les formes compliquées.

Le danger principal apparaît lorsque l’intestin n’est plus suffisamment vascularisé.


Qu’est-ce qu’une occlusion avec strangulation ?

Une strangulation signifie que le blocage compromet également la circulation du sang vers une partie de l’intestin.

La paroi intestinale manque alors d’oxygène.

Sans traitement, elle peut évoluer vers :

  • une ischémie ;
  • une nécrose ;
  • une gangrène ;
  • une perforation.

La douleur peut devenir brutale, sévère et permanente au lieu de survenir uniquement sous forme de crampes intermittentes.

Cette complication constitue une urgence chirurgicale.


Une occlusion intestinale peut-elle perforer l’intestin ?

Oui.

Lorsque la paroi intestinale est trop distendue ou privée de sang, elle peut se fragiliser puis se rompre.

Le contenu de l’intestin s’échappe alors dans la cavité abdominale.

Cela peut provoquer une péritonite, c’est-à-dire une inflammation et une infection sévère de l’abdomen.

Une perforation digestive est une urgence absolue.


Peut-on mourir d’une occlusion intestinale ?

Oui, une occlusion intestinale compliquée et non traitée peut être mortelle.

Les complications susceptibles d’engager le pronostic vital comprennent :

  • l’ischémie intestinale ;
  • la nécrose d’une partie de l’intestin ;
  • la perforation ;
  • la péritonite ;
  • une infection généralisée ;
  • un état de choc ;
  • une déshydratation sévère.

Le risque vital ne vient pas seulement de l’intestin « bouché », mais surtout de la souffrance intestinale, de la perforation et de leurs complications générales.

Une prise en charge précoce permet précisément d’éviter cette évolution.


En combien de temps une occlusion peut-elle devenir grave ?

Il n’existe pas un délai identique pour toutes les occlusions.

Certaines obstructions partielles évoluent relativement lentement, alors qu’une strangulation peut provoquer une souffrance intestinale beaucoup plus rapidement.

La rapidité dépend notamment :

  • de la cause ;
  • du caractère complet ou partiel ;
  • de l’atteinte ou non de la circulation sanguine ;
  • de l’état général de la personne.

Il ne faut donc pas attendre qu’un délai précis soit dépassé avant de consulter devant des symptômes évocateurs.


Quels signes peuvent indiquer une complication ?

Certains changements doivent faire craindre une évolution sévère.

Il faut notamment être vigilant devant :

  • une douleur devenant constante et très intense ;
  • une fièvre ;
  • un abdomen très sensible ou dur ;
  • un malaise important ;
  • une faiblesse inhabituelle ;
  • des urines très rares ;
  • une accélération importante du rythme cardiaque ;
  • une confusion ;
  • une baisse de la tension artérielle.

Ces manifestations peuvent annoncer une souffrance intestinale, une infection ou un état de choc.


Comment diagnostique-t-on une occlusion intestinale ?

Le médecin commence par rechercher les symptômes, leur ordre d’apparition et les antécédents.

Examen médical pour un abdomen distendu
Examen médical pour un abdomen distendu.

Il demande notamment :

  • depuis quand la douleur a commencé ;
  • si des gaz sont encore émis ;
  • quand ont eu lieu les dernières selles ;
  • si la personne vomit ;
  • si elle a déjà été opérée de l’abdomen ;
  • si une hernie est connue ;
  • quels médicaments elle prend.

L’abdomen est ensuite examiné afin d’évaluer sa distension, sa sensibilité et les bruits intestinaux.

L’examen clinique seul ne permet pas toujours de préciser la cause et la gravité.


Quels examens d’imagerie sont réalisés ?

Une radiographie abdominale peut montrer certaines dilatations intestinales et des niveaux de liquide et de gaz caractéristiques.

Le scanner abdominal est fréquemment utilisé car il permet notamment de préciser :

  • la localisation de l’obstacle ;
  • son caractère partiel ou complet ;
  • la cause possible ;
  • l’état de l’intestin ;
  • la présence éventuelle de complications.

Le scanner peut être déterminant pour choisir entre surveillance hospitalière et traitement chirurgical.


Une prise de sang est-elle utile ?

Oui, même si elle ne diagnostique pas à elle seule une occlusion.

Les analyses peuvent notamment rechercher :

  • une déshydratation ;
  • des troubles des électrolytes ;
  • des signes d’inflammation ou d’infection ;
  • une perturbation de la fonction rénale ;
  • certains éléments faisant craindre une souffrance des tissus.

Les résultats sont interprétés avec l’examen clinique et l’imagerie.


Une occlusion intestinale nécessite-t-elle toujours une hospitalisation ?

Une suspicion réelle d’occlusion intestinale nécessite une évaluation hospitalière.

La prise en charge initiale peut comprendre :

  • l’arrêt temporaire de l’alimentation et des boissons par voie orale ;
  • une perfusion ;
  • la correction de la déshydratation ;
  • la correction des troubles des électrolytes ;
  • une surveillance rapprochée ;
  • parfois une sonde nasogastrique.

Le traitement dépend ensuite de la cause et de la présence ou non de signes de gravité.


À quoi sert la sonde nasogastrique ?

Une sonde nasogastrique est un tube fin introduit par le nez jusqu’à l’estomac.

Elle peut permettre d’aspirer :

  • les liquides accumulés ;
  • les sécrétions digestives ;
  • une partie de l’air présent dans l’estomac.

Cela peut réduire les vomissements et la distension dans certaines situations.

La sonde ne supprime pas nécessairement l’obstacle lui-même.

Elle fait partie de la prise en charge hospitalière lorsque les médecins la jugent nécessaire.


Une occlusion peut-elle se débloquer sans opération ?

Oui, certaines occlusions peuvent s’améliorer sans chirurgie immédiate.

C’est notamment possible dans certaines occlusions liées à des adhérences lorsque :

  • l’intestin reste correctement vascularisé ;
  • aucune perforation n’est suspectée ;
  • aucun autre signe de gravité n’impose une intervention.

La personne reste cependant surveillée à l’hôpital.

« Attendre » ne signifie donc pas rentrer chez soi avec une occlusion suspectée et observer simplement l’évolution.


Quand faut-il opérer une occlusion intestinale ?

La chirurgie est nécessaire dans de nombreuses situations, notamment lorsqu’il existe :

  • une strangulation ;
  • une souffrance intestinale ;
  • une perforation ;
  • une occlusion complète ne se résolvant pas ;
  • certaines hernies étranglées ;
  • certaines tumeurs ;
  • certains volvulus.

L’intervention vise à rétablir le passage et préserver l’intestin viable.

La technique dépend entièrement de la cause.


Faut-il parfois retirer une partie de l’intestin ?

Oui. Lorsque la circulation sanguine a été interrompue trop longtemps, une partie de l’intestin peut être irréversiblement endommagée.

Le chirurgien doit alors retirer le segment nécrosé.

Selon la situation, les extrémités intestinales peuvent être reconnectées directement.

Dans d’autres cas, une stomie temporaire ou permanente peut être nécessaire.

La nécessité d’une résection dépend de l’état réel de l’intestin au moment de l’intervention.


Que ne faut-il pas manger en cas de suspicion d’occlusion ?

Une suspicion d’occlusion n’est pas une situation dans laquelle il faut chercher un régime permettant de « débloquer » l’intestin.

Lorsque l’occlusion est suspectée et qu’une prise en charge urgente est nécessaire, il est préférable de suivre les instructions données par les professionnels de santé.

À l’hôpital, l’alimentation et les boissons sont souvent temporairement interrompues.

Forcer l’alimentation peut augmenter l’accumulation de contenu en amont de l’obstacle.


Peut-on prendre un laxatif pour débloquer une occlusion ?

Il ne faut pas prendre spontanément un laxatif lorsque les symptômes font suspecter une véritable occlusion.

Un ventre très gonflé avec :

  • douleurs importantes ;
  • vomissements ;
  • arrêt des gaz

nécessite d’abord un avis médical urgent.

Une occlusion mécanique ne se traite pas comme une constipation ordinaire.

Les lavements répétés ou les laxatifs ne doivent pas retarder la prise en charge.


Pourquoi l’occlusion mérite-t-elle une vigilance particulière chez la personne âgée ?

Plusieurs causes deviennent plus fréquentes ou plus problématiques avec l’âge.

Une personne âgée peut notamment cumuler :

  • des antécédents de chirurgie abdominale ;
  • une hernie ;
  • une constipation chronique ;
  • des médicaments ralentissant le transit ;
  • une mobilité réduite ;
  • une maladie digestive ou tumorale ;
  • une plus grande vulnérabilité à la déshydratation.

Les symptômes peuvent également être moins typiques.

Une modification brutale du transit avec distension doit donc être prise au sérieux.

Lorsque de nombreuses maladies ou prescriptions compliquent le tableau, un médecin gériatre peut participer à l’évaluation globale après la prise en charge de l’urgence.


Une occlusion intestinale peut-elle récidiver ?

Oui. Le risque dépend de sa cause.

Une personne ayant déjà présenté une occlusion sur adhérences peut notamment connaître une récidive.

Une hernie non corrigée ou certaines maladies digestives peuvent également exposer à de nouveaux épisodes.

Après la sortie de l’hôpital, il est important de connaître :

  • la cause retenue ;
  • les signes devant faire reconsulter ;
  • les recommandations alimentaires éventuelles ;
  • les traitements à poursuivre ou modifier ;
  • le suivi nécessaire.

La prévention dépend principalement de la cause et il n’existe pas une méthode universelle empêchant toute récidive.


Quand faut-il aller aux urgences pour une possible occlusion ?

Une prise en charge urgente est nécessaire devant une association évocatrice telle que :

  • douleurs abdominales importantes ;
  • ventre de plus en plus gonflé ;
  • vomissements répétés ;
  • arrêt des selles et surtout des gaz ;
  • douleur qui devient constante ;
  • fièvre ;
  • malaise ou faiblesse importante.

Il faut être particulièrement prudent lorsqu’une personne a déjà subi une chirurgie abdominale ou présente une hernie connue.

Une douleur abdominale importante associée à un ventre distendu, des vomissements et un arrêt des gaz doit être considérée comme une urgence jusqu’à évaluation médicale.


Quand faut-il appeler le 15 ou le 112 ?

Il faut demander une aide médicale urgente lorsque l’état est sévère ou s’aggrave rapidement, notamment devant :

  • une douleur abdominale intense et permanente ;
  • un ventre très dur ou extrêmement douloureux ;
  • des vomissements répétés empêchant de boire ;
  • un malaise important ;
  • une confusion ou une somnolence inhabituelle ;
  • une faiblesse extrême ;
  • des signes de choc ;
  • une difficulté à transporter la personne en sécurité.

Il ne faut pas attendre l’apparition de tous les symptômes pour demander de l’aide lorsqu’une occlusion compliquée est suspectée.


Quelles erreurs faut-il éviter en cas de suspicion d’occlusion ?

  • Attendre plusieurs jours malgré les vomissements et l’arrêt des gaz.
  • Prendre une forte dose de laxatif pour tenter de débloquer l’intestin.
  • Multiplier les lavements sans avis médical.
  • Forcer l’alimentation malgré les vomissements et la distension.
  • Conclure qu’il n’y a pas d’occlusion parce qu’une selle a encore été émise.
  • Attribuer automatiquement les symptômes à une constipation habituelle.
  • Négliger une ancienne chirurgie abdominale.
  • Ignorer une hernie devenue douloureuse et dure.
  • Attendre qu’une douleur très intense et constante disparaisse seule.

Une occlusion ne se confirme ni ne se traite uniquement à partir des symptômes observés à domicile.


Tableau récapitulatif : quels signes évoquent une occlusion intestinale ?

Situation Ce qu’elle peut évoquer Conduite à tenir
Douleurs par vagues + ventre gonflé Occlusion possible Évaluation médicale rapide
Vomissements + arrêt des gaz Obstruction importante Urgences
Quelques selles encore présentes Occlusion partielle possible Ne l’exclut pas
Hernie douloureuse + vomissements Hernie étranglée possible Urgence
Douleur devenue intense et continue Strangulation possible Urgence immédiate
Ventre dur + fièvre + malaise Complication ou perforation 15 ou 112

Mini FAQ

Quels sont les premiers signes d’une occlusion intestinale ?

Les premiers signes peuvent associer des crampes abdominales revenant par vagues, un ventre qui gonfle, des nausées et une diminution du transit. Les vomissements et l’arrêt des gaz deviennent particulièrement évocateurs lorsque l’obstruction est importante.

Peut-on faire des selles pendant une occlusion intestinale ?

Oui. Des selles peuvent encore être évacuées au début ou lorsqu’une occlusion est partielle. Certaines subocclusions peuvent même provoquer des selles liquides. Une selle récente ne suffit donc pas à exclure une occlusion.

Quelle est la différence entre constipation et occlusion intestinale ?

Une constipation entraîne surtout des selles rares ou difficiles. L’occlusion associe plus volontiers l’arrêt ou la diminution du transit à des douleurs abdominales, une distension, des nausées ou vomissements et un arrêt des gaz. Le diagnostic nécessite un examen médical.

Une occlusion intestinale peut-elle se débloquer toute seule ?

Certaines occlusions partielles liées notamment à des adhérences peuvent se résoudre sans chirurgie, mais cette évolution doit être surveillée à l’hôpital. Il ne faut pas attendre à domicile qu’une occlusion suspectée se débloque spontanément.

Combien de temps peut-on rester avec une occlusion intestinale ?

Il n’existe pas de durée sans danger applicable à toutes les situations. Une occlusion avec strangulation peut endommager rapidement l’intestin. Des douleurs importantes, une distension, des vomissements ou un arrêt des gaz nécessitent donc une prise en charge sans attendre un délai précis.

Peut-on mourir d’une occlusion intestinale ?

Oui, lorsqu’elle se complique d’une interruption de la circulation sanguine, d’une nécrose, d’une perforation, d’une péritonite, d’un sepsis ou d’un état de choc. Une prise en charge rapide vise justement à empêcher ces complications potentiellement mortelles.

À lire également

À la une

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous devez remplir ce champ
Vous devez remplir ce champ
Veuillez saisir une adresse e-mail valide.
Vous devez accepter les conditions pour continuer