Deux personnes qui disent « ma mémoire baisse » peuvent décrire des situations très différentes. Derrière cette impression se cachent parfois des oublis banals, parfois des changements plus gênants dans le quotidien. Le questionnaire de MacNair permet de préciser cette plainte, mais son score ne se lit pas comme celui d’un test de mémoire classique.
En bref :
- Le questionnaire de MacNair mesure des difficultés cognitives ressenties dans la vie quotidienne.
- La forme longue comporte 39 items portant sur plusieurs domaines cognitifs.
- Chaque difficulté est cotée selon sa fréquence, de 0 à 4 dans la version longue.
- Le score maximal de cette forme est de 156.
- Un score élevé traduit davantage de difficultés perçues, mais ne prouve pas un déficit objectif de mémoire.
- Une plainte nouvelle, progressive ou accompagnée d’une perte d’autonomie mérite une évaluation clinique.
Sommaire
Qu’est-ce que le questionnaire de MacNair ?
Le questionnaire de MacNair et Kahn est également connu sous le nom de Cognitive Difficulties Scale ou échelle d’autoévaluation des difficultés cognitives.
Contrairement à un test où le professionnel demande de mémoriser des mots ou d’effectuer un exercice, il repose principalement sur ce que la personne remarque elle-même dans sa vie quotidienne.
Il cherche par exemple à savoir à quelle fréquence elle rencontre des difficultés pour :
- retrouver certaines informations ;
- rester concentrée ;
- se rappeler des rendez-vous ;
- retrouver des noms ;
- suivre une conversation ou une lecture ;
- s’orienter dans le temps ;
- effectuer certaines tâches habituelles.
L’objectif est donc différent de celui d’une épreuve neuropsychologique de mémoire.
Le questionnaire de MacNair décrit la manière dont une personne perçoit son fonctionnement cognitif au quotidien ; il ne mesure pas directement ses performances mnésiques.
Pourquoi parle-t-on de plainte mnésique « subjective » ?
Une plainte subjective correspond à une difficulté ressentie par la personne elle-même.
Elle peut dire par exemple :
- « je cherche davantage mes mots » ;
- « je dois tout noter » ;
- « j’oublie pourquoi je suis entré dans une pièce » ;
- « je perds plus souvent mes affaires ».
Ces observations ont une valeur clinique réelle, mais elles ne permettent pas seules de déterminer si les performances sont objectivement inférieures aux attentes.
Des recherches menées chez des adultes âgés montrent en effet que l’intensité des difficultés ressenties et les résultats des tests cognitifs ne se superposent que partiellement.
Une personne peut beaucoup se plaindre et conserver de bonnes performances. Une autre peut avoir des difficultés mesurables tout en se plaignant peu.
Que mesure la version longue à 39 items ?
La version historique comprend 39 situations de la vie quotidienne.
Elles ne portent pas exclusivement sur les oublis. Elles explorent un ensemble plus large de fonctions comme :
- l’attention et la concentration ;
- la mémoire rétrospective ;
- la mémoire prospective ;
- le langage ;
- l’orientation temporelle ;
- certaines capacités gestuelles ;
- certaines activités domestiques.
La mémoire rétrospective concerne ce qui s’est déjà produit : se souvenir d’une information entendue, d’un nom ou d’un événement récent.
La mémoire prospective permet plutôt de se souvenir de ce qu’il faudra faire plus tard : téléphoner, effectuer une démarche ou respecter un rendez-vous.
Cette approche multidimensionnelle explique pourquoi le terme « questionnaire de mémoire » est un peu réducteur.
Sur quelle période faut-il répondre ?
Dans la version française couramment utilisée de la forme longue, la personne se réfère aux difficultés ressenties au cours des trois semaines précédentes.
Cette période de référence évite autant que possible de répondre uniquement en fonction :
- d’un oubli survenu le matin même ;
- d’un souvenir ancien particulièrement marquant ;
- d’une impression générale sur plusieurs années.
Il faut essayer d’évaluer la fréquence habituelle et non la gravité émotionnelle d’un événement unique.
Un rendez-vous important oublié une fois peut être très marquant sans signifier que ce type d’oubli survient régulièrement.
Comment sont cotées les réponses ?
Dans la forme longue à 39 items, cinq niveaux de fréquence sont utilisés :
- 0 : jamais ;
- 1 : rarement ;
- 2 : parfois ;
- 3 : souvent ;
- 4 : très souvent.
Les points correspondant aux 39 réponses sont ensuite additionnés.
Le score peut théoriquement aller de :
- 0 lorsque aucune difficulté n’est rapportée ;
- à 156 lorsque toutes les difficultés sont cotées au niveau maximal.
Plus le total augmente, plus la personne rapporte de difficultés cognitives fréquentes.
Un score élevé signifie « je ressens beaucoup de difficultés », et non « mes tests de mémoire sont nécessairement anormaux ».
Existe-t-il un seuil MacNair qui indique une maladie ?
Il ne faut pas transformer le score total en frontière automatique entre mémoire normale et maladie.
Le questionnaire a surtout intérêt à quantifier et caractériser la plainte.
Son interprétation dépend notamment :
- de la version utilisée ;
- de l’âge ;
- du contexte de consultation ;
- du niveau d’études ;
- de l’état psychologique ;
- des maladies présentes ;
- des autres évaluations cognitives.
Un seuil trouvé isolément sur Internet ne permet donc pas d’établir un diagnostic de trouble cognitif léger ou de maladie d’Alzheimer.
Les études elles-mêmes utilisent des populations et des objectifs différents, ce qui limite l’utilisation d’un chiffre universel.
Comment interpréter un score élevé ?
Un score élevé signifie d’abord que la personne remarque fréquemment des difficultés cognitives dans son quotidien.
Il faut ensuite se demander :
- quelles difficultés dominent réellement ;
- si elles sont récentes ;
- si leur fréquence augmente ;
- si elles gênent les activités ;
- si elles sont confirmées par l’entourage ;
- si elles s’accompagnent d’anxiété ou de dépression ;
- si des tests objectifs montrent également des anomalies.
Deux scores identiques peuvent ainsi correspondre à des situations très différentes.
Chez une personne, les points peuvent venir essentiellement de problèmes de concentration. Chez une autre, ils peuvent être liés à des oublis de rendez-vous, une désorientation temporelle et des difficultés à accomplir des démarches habituelles.
Un score faible signifie-t-il que la mémoire est normale ?
Pas nécessairement.
Le questionnaire repose sur l’autoévaluation. Il suppose donc que la personne perçoive correctement ses propres difficultés.
Dans certaines situations, la conscience des troubles peut diminuer. Une personne peut alors minimiser ou ne pas remarquer des erreurs pourtant évidentes pour son entourage.
Un score faible doit donc être interprété avec prudence lorsque :
- les proches décrivent des changements importants ;
- les oublis compromettent la sécurité ;
- l’autonomie diminue ;
- des erreurs nouvelles apparaissent dans les finances ou les médicaments ;
- la personne se désoriente.
L’absence de plainte n’équivaut pas toujours à l’absence de trouble, de la même manière qu’une plainte intense ne prouve pas automatiquement un déficit objectif.
Pourquoi le détail des réponses est-il plus utile que le total seul ?
Le score global fournit une indication quantitative mais ne montre pas immédiatement le type de difficultés ressenties.
Il est souvent plus instructif de repérer les items qui ont changé ou qui sont cotés fréquemment.
Des difficultés concernant principalement :
- la concentration ;
- la recherche de mots ;
- les rendez-vous ;
- l’orientation dans le temps ;
- les activités domestiques ;
ne conduisent pas nécessairement aux mêmes hypothèses.
Des travaux utilisant les 39 items montrent d’ailleurs que plusieurs dimensions peuvent être distinguées, notamment l’attention et le langage, la mémoire et l’orientation, ainsi que certaines activités praxiques ou domestiques.
Quelle différence entre mémoire prospective et mémoire rétrospective ?
Cette distinction aide à comprendre plusieurs questions du MacNair.

La mémoire rétrospective concerne le passé. Elle permet par exemple de retrouver :
- ce qu’une personne vient de dire ;
- un nom connu ;
- une information récemment entendue.
La mémoire prospective est tournée vers le futur. Elle permet de se souvenir :
- d’un rendez-vous ;
- d’un appel à passer ;
- d’une facture à régler ;
- d’une action prévue pendant les courses.
Une personne peut être plus gênée dans l’un de ces domaines que dans l’autre.
Le questionnaire aide ainsi à dépasser la formulation vague « j’oublie beaucoup ».
Pourquoi les troubles de concentration peuvent-ils ressembler à des oublis ?
Pour mémoriser correctement une information, il faut d’abord y prêter suffisamment attention.
Si une personne écoute une conversation tout en étant préoccupée, épuisée ou distraite, l’information peut être mal enregistrée dès le départ.
Elle aura ensuite l’impression de l’avoir oubliée alors qu’elle ne l’avait peut-être jamais correctement mémorisée.
Attention et mémoire sont étroitement liées.
Un manque de sommeil, une période de stress ou une fatigue persistante chez un senior peuvent ainsi augmenter les difficultés de concentration et la sensation d’avoir une moins bonne mémoire.
Cela ne signifie pas qu’une plainte persistante doit être attribuée automatiquement à la fatigue.
Quel rôle jouent l’anxiété et l’humeur ?
L’état psychologique influence fortement la manière dont les difficultés cognitives sont ressenties et rapportées.
Une personne très anxieuse peut :
- surveiller constamment ses oublis ;
- s’inquiéter d’erreurs auparavant banales ;
- perdre ses moyens lorsqu’elle cherche un mot ;
- avoir davantage de difficultés à se concentrer.
Une dépression peut également s’accompagner de ralentissement, de difficultés attentionnelles et d’une impression de mémoire défaillante.
Une plainte cognitive importante doit donc être replacée dans l’humeur, le sommeil et les événements de vie récents.
Cette influence psychologique ne signifie pas que la plainte est imaginaire. Elle indique simplement que plusieurs mécanismes peuvent produire la même sensation d’oubli.
Les médicaments peuvent-ils augmenter la plainte cognitive ?
Certains traitements peuvent, chez certaines personnes, favoriser :
- la somnolence ;
- un ralentissement ;
- une confusion ;
- une baisse de l’attention ;
- des difficultés de concentration.
Le contexte est particulièrement important lorsque les troubles sont apparus après une modification récente du traitement.
Le médecin peut avoir besoin de vérifier les médicaments réellement pris à domicile, notamment lorsque plusieurs prescriptions se sont accumulées.
Il ne faut jamais arrêter seul un médicament parce que l’on se sent plus oublieux depuis son introduction.
Une révision de l’ordonnance permet de rechercher une éventuelle contribution médicamenteuse sans exposer la personne à un arrêt dangereux.
Pourquoi la vision et l’audition doivent-elles aussi être vérifiées ?
Une information mal perçue peut ensuite sembler avoir été oubliée.
Une personne qui entend imparfaitement une consigne ou une conversation ne pourra pas toujours la restituer correctement quelques minutes plus tard.
De même, une baisse visuelle peut rendre certaines activités :
- plus lentes ;
- plus difficiles ;
- plus fatigantes ;
- plus sujettes aux erreurs.
Le trouble sensoriel peut alors être interprété à tort comme une difficulté cognitive.
Une personne qui sent sa vue baisser doit le signaler lors d’un bilan de mémoire, surtout si ses difficultés concernent la lecture, les déplacements ou les tâches administratives.
Le questionnaire peut-il être rempli par un proche ?
La forme classique est une autoévaluation : c’est donc d’abord la personne concernée qui décrit ses difficultés.
Comparer cette perception à celle d’un proche peut cependant apporter une information intéressante.
Un proche aidant peut notamment remarquer :
- des questions répétées ;
- des rendez-vous oubliés ;
- des objets rangés dans des endroits inhabituels ;
- des difficultés nouvelles avec les démarches ;
- une désorientation ;
- une baisse d’autonomie.
Un désaccord entre les évaluations ne permet pas à lui seul d’en déterminer la cause.
La personne peut être excessivement inquiète de sa mémoire ou, au contraire, ne pas percevoir certaines difficultés. Le proche peut lui aussi surestimer ou sous-estimer les changements.
La comparaison entre patient et entourage fournit une information clinique ; elle ne désigne pas automatiquement lequel des deux a « raison ».
Quelle différence entre le MacNair et un véritable test de mémoire ?
Le MacNair demande essentiellement : « À quelle fréquence avez-vous l’impression de rencontrer cette difficulté ? »
Un test neuropsychologique demande plutôt à la personne de réaliser une tâche standardisée dont la performance est mesurée.

Il peut par exemple évaluer :
- l’apprentissage d’informations nouvelles ;
- leur rappel après quelques minutes ;
- la reconnaissance ;
- l’attention ;
- le langage ;
- les fonctions exécutives.
Les deux approches sont complémentaires.
Le questionnaire renseigne sur l’expérience vécue au quotidien. Les tests indiquent comment certaines fonctions se comportent dans des conditions contrôlées.
Le MacNair permet-il de diagnostiquer une maladie d’Alzheimer ?
Non. Le questionnaire ne possède pas une spécificité suffisante pour déterminer la cause d’une plainte cognitive.
Une augmentation du score peut être observée dans des situations très différentes :
- vieillissement avec plainte subjective ;
- trouble cognitif léger ;
- dépression ou anxiété ;
- fatigue importante ;
- trouble du sommeil ;
- effet médicamenteux ;
- maladie neurologique.
Un diagnostic nécessite une démarche beaucoup plus large.
Elle prend notamment en compte le début des symptômes, leur évolution, les performances cognitives objectives et leur impact sur les activités quotidiennes.
Le MacNair peut aider à formuler une plainte de mémoire ; il ne peut pas transformer cette plainte en diagnostic neurologique.
Qu’est-ce que la version courte à 15 items ?
Une forme abrégée à 15 questions est également utilisée dans certains contextes cliniques ou de recherche.
Elle se concentre davantage sur des situations clairement liées à la mémoire quotidienne, par exemple :
- oublier des informations récentes ;
- ne plus savoir pourquoi on est entré dans une pièce ;
- oublier un rendez-vous ;
- égarer des objets ;
- répéter une information ;
- avoir besoin de tout noter.
Dans une présentation française courante, quatre niveaux de fréquence sont proposés, donnant un maximum théorique de 45 points.
Cette forme ne doit cependant pas être considérée comme une simple version interchangeable du questionnaire à 39 items.
La validation, le barème et les références utilisées doivent être précisés lorsqu’on interprète un résultat.
Peut-on comparer un score sur 45 avec un score sur 156 ?
Non. Il s’agit de questionnaires de longueurs et de cotations différentes.
Un score de 25 peut être :
- relativement élevé dans une version courte ;
- beaucoup plus faible par rapport au maximum de la forme à 39 items.
Le chiffre n’a donc aucun sens sans le nom précis de la version utilisée.
Avant toute interprétation, il faut connaître :
- le nombre d’items ;
- les modalités de réponse ;
- le score maximal ;
- la période de référence ;
- la méthode normative éventuelle.
Cette précaution évite de nombreuses erreurs lorsque des résultats sont recherchés sur Internet.
Pourquoi une plainte récente est-elle plus informative qu’un oubli ancien ?
Les oublis occasionnels existent à tous les âges.
Ce qui attire davantage l’attention est souvent un changement par rapport au fonctionnement habituel.
Il peut s’agir par exemple d’une personne qui :
- n’avait jamais besoin d’agenda et doit désormais tout noter ;
- commence à manquer régulièrement ses rendez-vous ;
- répète depuis quelques mois les mêmes questions ;
- ne retrouve plus certains trajets familiers ;
- commet de nouvelles erreurs avec ses factures.
La progression dans le temps est particulièrement importante.
Une difficulté stable depuis des décennies n’a pas nécessairement la même signification qu’une capacité qui se dégrade progressivement.
Pourquoi le retentissement sur le quotidien est-il essentiel ?
Une plainte peut être gênante sans empêcher la personne de vivre de manière autonome.
Le professionnel cherche donc à savoir si les difficultés commencent à affecter :
- les médicaments ;
- les finances ;
- les rendez-vous ;
- les repas ;
- les déplacements ;
- les démarches administratives ;
- la sécurité au domicile.
Le retentissement fonctionnel apporte une information différente de la fréquence des oublis.
Une personne peut chercher souvent ses clés tout en gérant parfaitement l’ensemble de sa vie. Une autre peut se plaindre peu mais avoir commencé à oublier ses traitements ou ses paiements.
Quand faut-il demander une évaluation cognitive plus complète ?
Une consultation devient particulièrement utile lorsque les difficultés :
- sont nouvelles ou progressives ;
- sont remarquées par l’entourage ;
- touchent plusieurs domaines ;
- perturbent les activités habituelles ;
- entraînent des erreurs avec les médicaments ;
- provoquent une désorientation ;
- affectent les finances ;
- s’accompagnent d’un changement de comportement.
Le médecin traitant peut rechercher des causes médicales, psychologiques, sensorielles ou médicamenteuses.
Selon le contexte, un bilan avec un gériatre ou une consultation spécialisée peut permettre d’explorer plus précisément la plainte et l’autonomie.
Des tests neuropsychologiques sont proposés lorsqu’ils peuvent aider à caractériser les difficultés.
Peut-on refaire le MacNair pour suivre une plainte ?
Oui, à condition d’utiliser la même version et des conditions comparables.
La répétition peut aider à observer si la personne rapporte :
- moins de difficultés ;
- des difficultés stables ;
- une augmentation progressive ;
- l’apparition de nouveaux domaines concernés.
Une variation du score seule ne suffit cependant pas à démontrer une évolution cognitive.
L’état psychologique, une période particulièrement stressante, le sommeil ou une maladie aiguë peuvent modifier la perception des difficultés.
L’évolution des activités quotidiennes et les performances aux autres évaluations restent donc importantes.
Peut-on remplir le questionnaire soi-même sur Internet ?
Le principe même du MacNair repose sur une autoévaluation, donc remplir un questionnaire identifié n’est pas en soi problématique.
Le risque apparaît surtout au moment de transformer le résultat en diagnostic.
Il faut éviter de :
- chercher un seuil « Alzheimer » ;
- mélanger les versions à 15 et 39 items ;
- comparer son score avec celui d’un proche ;
- interpréter une variation de quelques points seule ;
- ignorer l’humeur ou la fatigue ;
- remplacer une consultation par le questionnaire.
Le résultat peut en revanche servir de point de départ pour expliquer au médecin quelles difficultés sont les plus fréquentes.
Quand un problème de mémoire devient-il une urgence ?
Une plainte qui progresse lentement sur plusieurs mois ne correspond pas à la même situation qu’une confusion apparue brutalement.
Il faut appeler le 15 ou le 112 lorsqu’une personne présente soudainement :
- une confusion importante et nouvelle ;
- une difficulté à parler ou comprendre ;
- une faiblesse ou un engourdissement d’un côté ;
- une déformation du visage ;
- une perte brutale de vision ;
- une difficulté soudaine à marcher ;
- un trouble majeur de l’équilibre ;
- un mal de tête brutal et inhabituel.
Une confusion aiguë peut également accompagner une infection, un trouble métabolique, une déshydratation ou un effet médicamenteux.
Un changement cognitif brutal ne doit pas attendre la réalisation d’un questionnaire de mémoire prévu ultérieurement.
Quelles erreurs faut-il éviter avec le questionnaire de MacNair ?
La principale erreur consiste à considérer le questionnaire comme un examen diagnostique autonome.
Il faut également éviter de :
- interpréter uniquement le score total ;
- utiliser un seuil universel ;
- confondre plainte subjective et déficit objectif ;
- mélanger les différentes versions ;
- ignorer les troubles de l’humeur ;
- négliger les médicaments ;
- oublier les problèmes de sommeil ou de fatigue ;
- écarter les observations d’un proche ;
- se rassurer uniquement parce que le score est faible ;
- conclure à une maladie neurodégénérative parce qu’il est élevé.
Le véritable intérêt clinique est de mieux caractériser la plainte et d’identifier les situations qui méritent d’être approfondies.
Tableau récapitulatif : comment lire le questionnaire de MacNair ?
| Élément | Ce qu’il signifie | Point de vigilance |
|---|---|---|
| 39 items | Forme longue des difficultés cognitives | Plusieurs domaines sont évalués |
| Cotation 0 à 4 | Fréquence ressentie de chaque difficulté | Ce n’est pas une performance cognitive |
| Score /156 | Intensité globale de la plainte dans la forme longue | Pas de diagnostic à partir du total |
| Version 15 items | Forme abrégée utilisée dans certains contextes | Ne pas la confondre avec la forme longue |
| Score élevé | Difficultés ressenties plus fréquentes | Comparer aux tests et au contexte |
| Score faible | Peu de difficultés déclarées | N’exclut pas tout trouble objectif |
| Plainte progressive | Changement à explorer | Observer aussi l’autonomie |
| Confusion brutale | Cause médicale aiguë possible | Évaluation médicale urgente |
Mini FAQ
Quel est le score maximum du questionnaire de MacNair ?
Dans la forme longue à 39 items cotés de 0 à 4, le score maximal est de 156. D’autres versions utilisent un nombre d’items et un barème différents : il faut donc identifier le questionnaire exact avant d’interpréter un résultat.
À partir de quel score faut-il s’inquiéter ?
Il n’existe pas un seuil universel permettant de diagnostiquer un trouble cognitif à partir du seul MacNair. Le score doit être interprété avec la nature des plaintes, leur évolution, leur retentissement et les résultats d’une éventuelle évaluation cognitive.
Un score élevé signifie-t-il maladie d’Alzheimer ?
Non. Une plainte cognitive importante peut être associée à de nombreuses situations, notamment fatigue, anxiété, dépression, effets médicamenteux ou véritable trouble cognitif. Le questionnaire ne permet pas d’identifier seul la cause.
Pourquoi peut-on beaucoup se plaindre avec de bons tests ?
La perception de la mémoire est influencée par l’attention, le stress, l’humeur et la manière dont chacun remarque ses propres erreurs. La plainte et les performances objectives apportent donc des informations différentes et complémentaires.
Pourquoi demander également l’avis d’un proche ?
Un proche peut décrire des changements observés dans la vie quotidienne que la personne n’a pas remarqués ou qu’elle minimise. À l’inverse, sa perception peut également être imparfaite : les deux points de vue doivent être replacés dans le contexte clinique.
Le MacNair remplace-t-il un bilan de mémoire ?
Non. Il aide à mesurer et préciser la plainte subjective. Lorsque les difficultés sont nouvelles, progressives ou gênent l’autonomie, le professionnel peut compléter cette information par un entretien, des tests cognitifs et, si nécessaire, d’autres examens.
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