Le PRES est une urgence neuro-vasculaire le plus souvent liée à un pic d’hypertension ou à une toxicité médicamenteuse. Il provoque des céphalées intenses, des troubles visuels, une confusion, parfois des crises convulsives. Bien repéré et traité rapidement (contrôle tensionnel, prise en charge hospitalière), il évolue le plus souvent vers une amélioration en quelques jours à semaines.
Sommaire
PRES : en deux idées-clés
- Edème vasogénique réversible prédominant aux régions postérieures (occipital/parietal), expliquant les troubles visuels et la confusion.
- Déclencheurs fréquents : poussée hypertensive, pré-éclampsie/éclampsie, insuffisance rénale, immunosuppresseurs ou chimiothérapies, infections sévères/sepsis.
Le diagnostic est radiologique : l’IRM met en évidence des anomalies T2/FLAIR évocatrices. Pour mieux comprendre la terminologie et les séquences décrites sur le compte-rendu, voir notre fiche sur les hypersignaux à l’IRM de la substance blanche.
Signes d’alerte : quand suspecter un PRES ?
- Céphalée brutale avec troubles visuels (voile, diplopie, hémianopsie) et confusion.
- Crises convulsives ou mouvements anormaux, agitation.
- Pic tensionnel récent, contexte d’insuffisance rénale, d’infection sévère, ou de traitement immunosuppresseur/toxique.
Devant un tableau « céphalée + troubles visuels + confusion », surtout chez un hypertendu, il faut appeler le 15/112 et orienter vers l’IRM cérébrale en urgence.
IRM cérébrale : ce que l’on recherche
L’IRM montre typiquement un œdème vasogénique sous-cortico-sous-jacent, postérieur, hyperintense en T2/FLAIR, sans restriction franche de diffusion (ou limitée aux bords) et avec un rehaussement discret ou absent. La distribution peut s’étendre au frontal, au cervelet ou au tronc selon la sévérité. Dans les comptes-rendus, le radiologue décrit souvent la topographie des hypersignaux : nos repères sur les hypersignaux IRM aident à dialoguer avec l’équipe.

Différentiels principaux : ne pas confondre
| Situation | Indices orientant | Pourquoi c’est différent ? |
|---|---|---|
| AVC ischémique | Déficit focal soudain, diffusion restreinte territoriale | Ischémie vraie, pas simple œdème vasogénique |
| Encéphalite | Fièvre, syndrome infectieux, LCR inflammatoire | Processus inflammatoire/infectieux, pas vasogénique isolé |
| Microangiopathie chronique | Lésions stables, progression lente | Rythme évolutif et clinique différents (voir leucoaraïose) |
En cas de doute clinique (déficit focal net, asymétrie marquée), la conduite suit d’abord les protocoles « AVC ». Pour réviser les réflexes, voir notre Q/R sur l’AVC ou, si l’on est seul avec la personne, la fiche agir face à un AVC quand on est seul.
Prise en charge : trois priorités
- Stabiliser (voie ABCD) : sécurité, oxygène si besoin, anticonvulsivants si crises, contrôle tensionnel progressif (objectif défini par l’équipe d’urgence).
- Identifier le déclencheur : bilan rénal, recherche d’infection, revue des traitements (immunosuppresseurs, anti-angiogéniques, calcineurine, etc.).
- Surveiller et réévaluer : contrôle clinique/biologique et imagerie de suivi pour s’assurer de la réversibilité.
La bonne nouvelle : le PRES est souvent réversible si l’on traite vite la cause (HTA, toxique, infection) et que l’on contrôle les crises et la tension.
Après l’épisode : prévention des récidives
- Suivi tensionnel régulier et observance du traitement antihypertenseur.
- Revue médicaments avec le spécialiste (néphrologue, hématologue, neurologue) pour adapter les molécules à risque.
- Hygiène de vie : hydratation, sommeil, activité douce adaptée, surveillance des facteurs cardiométaboliques (voir repères « glycémie après 60 ans » si besoin : ici).
Vie quotidienne et sécurité au domicile
Après un PRES compliqué de convulsions ou de troubles de l’équilibre, la reprise doit être progressive. Quelques mesures utiles :
- Rééducation si besoin (équilibre, marche, endurance) avec réévaluation fonctionnelle périodique.
- Aménagements simples : éclairage continu, suppression des obstacles, repères visuels. En cas d’instabilité persistante, consulter nos repères sur la perte d’équilibre chez les seniors.
- Organisation de l’alerte (médaillon, bracelet) si la personne vit seule ou a présenté des crises, à rapprocher des solutions de téléassistance pour seniors.
Questions fréquentes
Le PRES laisse-t-il des séquelles ? Le plus souvent, non si la cause est traitée rapidement. Des troubles visuels transitoires, une fatigue ou des difficultés d’attention peuvent persister quelques semaines.
Est-ce un AVC ? Non, le mécanisme est différent (œdème vasogénique réversible). Mais en phase aiguë, la conduite initiale peut ressembler à celle d’un AVC par prudence diagnostique.
Faut-il une IRM de contrôle ? Oui, l’équipe peut proposer un contrôle pour documenter la régression des lésions et sécuriser la reprise des traitements en cause.
Ce qu’il faut retenir
Le PRES associe céphalée, troubles visuels, confusion et/ou crises sur un fond de poussée hypertensive ou de toxicité médicamenteuse. L’IRM confirme, le traitement corrige la cause et stabilise rapidement. Une surveillance rapprochée et quelques ajustements du quotidien réduisent le risque de récidive et aident à retrouver un fonctionnement stable.










