Ce test des 5 mots aide à dépister la maladie d’Alzheimer

Ce test des 5 mots aide à dépister la maladie d'Alzheimer

Le test des 5 mots est un petit test de mémoire utilisé par les professionnels de santé pour repérer un trouble de la mémoire épisodique, c’est-à-dire la capacité à enregistrer, garder et retrouver une information récente.

À quoi sert le test des 5 mots ?

Le test des 5 mots, souvent appelé test de Dubois, sert à explorer une fonction précise : la mémoire des informations récentes. Le principe est simple en apparence : apprendre cinq mots, les redire tout de suite, puis les retrouver après un court délai.

Ce qui intéresse le médecin n’est pas seulement le nombre de mots retenus. Il observe aussi la manière dont la personne apprend les mots, si elle les retrouve avec un indice, si elle confond avec d’autres mots, et si le rappel différé est nettement moins bon que le rappel immédiat.

La Haute Autorité de santé cite l’épreuve de rappel des 5 mots parmi les tests courts pouvant être utilisés dans l’évaluation d’un trouble de la mémoire. Mais ce test s’inscrit dans un ensemble plus large : entretien, examen clinique, autres tests cognitifs et parfois examens complémentaires.

Le test des 5 mots est un outil de repérage. Il ne remplace pas un diagnostic médical.

Comment se déroule le test en pratique ?

Le professionnel présente une courte liste de cinq mots appartenant à des catégories différentes. Par exemple, un mot peut correspondre à un vêtement, un autre à un fruit, un autre à un outil ou à un animal. Les mots exacts utilisés peuvent varier selon la version du test.

La personne doit d’abord bien identifier les mots et leur catégorie. Cette étape est importante : elle vérifie que l’information est correctement enregistrée dès le départ.

Exercice de mémoire des cinq mots.
Exercice de mémoire des cinq mots.

Ensuite, on demande un premier rappel. La personne essaie de redire les cinq mots. Si un mot manque, le professionnel peut donner un indice de catégorie pour aider la récupération.

Après une courte activité intermédiaire, on demande un rappel différé. La personne doit retrouver les mots appris quelques minutes plus tôt, d’abord librement, puis avec des indices si besoin.

Le test paraît simple, mais son interprétation ne l’est pas toujours. Un oubli peut venir d’un trouble de mémoire, mais aussi d’une mauvaise attention, d’une anxiété, d’une fatigue ou d’une incompréhension de la consigne.


Pourquoi les indices sont importants

Le test ne se contente pas de demander : “Quels mots avez-vous retenus ?” Il utilise aussi des indices. Par exemple, si le mot oublié est un fruit, le professionnel peut demander : “Quel était le fruit ?”

Cette aide permet de distinguer plusieurs situations. Si la personne retrouve le mot grâce à l’indice, l’information a peut-être été enregistrée mais mal récupérée. Si l’indice n’aide pas, cela peut évoquer un trouble plus profond du stockage de l’information.

C’est l’une des raisons pour lesquelles le test des 5 mots intéresse les consultations mémoire : il ne mesure pas seulement l’oubli, mais aussi la façon dont l’oubli réagit à l’aide.

Dans ce test, un mot retrouvé avec indice n’a pas la même signification qu’un mot impossible à retrouver malgré l’aide.

Ce que le test peut suggérer

Un résultat inhabituel peut suggérer qu’il existe un trouble de la mémoire récente. Cela peut être compatible avec une maladie d’Alzheimer débutante, mais ce n’est pas la seule explication possible.

La maladie d’Alzheimer touche souvent la mémoire des faits récents, mais elle peut aussi s’accompagner de troubles de l’orientation, du langage, de l’organisation, des gestes ou du comportement. Ameli rappelle que le diagnostic repose sur une consultation mémoire et un bilan, pas sur un seul test isolé.

Si les oublis sont répétés, gênants ou inquiètent l’entourage, les repères sur la perte de mémoire et le bilan peuvent aider à décider quand prendre rendez-vous.

Le test peut alerter, mais il ne dit pas à lui seul pourquoi la mémoire fonctionne moins bien.


Tableau pratique : ce que le test explore

Étape du test Ce qui est observé Pourquoi c’est utile
Lecture ou présentation des mots Compréhension et attention Vérifier que les mots sont bien enregistrés
Rappel immédiat Capacité à redire les mots tout de suite Repérer un problème d’attention ou d’encodage
Indice de catégorie Aide possible à retrouver le mot Distinguer récupération difficile et oubli plus profond
Tâche intermédiaire Maintien de l’information après distraction Éviter un simple effet de répétition immédiate
Rappel différé Mémoire après quelques minutes Évaluer la mémoire récente de façon plus exigeante
Étapes du test des cinq mots.
Étapes du test des cinq mots.

Peut-on faire le test chez soi ?

On peut lire des descriptions du test et comprendre son principe. Mais il ne faut pas l’utiliser à domicile pour conclure qu’une personne a ou n’a pas Alzheimer. Le contexte influence trop le résultat : stress, peur de mal faire, audition, vue, fatigue, dépression, niveau d’attention ou compréhension de la consigne.

Il faut aussi éviter de répéter le test plusieurs fois avec les mêmes mots. La personne peut apprendre la liste par habitude, ce qui fausse le résultat. À l’inverse, une personne très anxieuse peut rater un test malgré une mémoire globalement correcte.

Le test est donc surtout utile lorsqu’il est réalisé dans un cadre médical, avec une interprétation adaptée à la personne.

Un test de mémoire fait à la maison peut rassurer ou inquiéter à tort. Il ne remplace pas une consultation.

Un mauvais résultat signifie-t-il Alzheimer ?

Non. Un résultat faible au test des 5 mots ne suffit pas à diagnostiquer la maladie d’Alzheimer. Il peut indiquer qu’un bilan est nécessaire, mais il ne donne pas la cause.

La mémoire peut être perturbée par de nombreuses situations : mauvais sommeil, anxiété, dépression, douleurs, infection, déshydratation, baisse de l’audition, troubles visuels, alcool, isolement, certains médicaments ou carences.

Chez les personnes âgées, la chaleur et le manque d’eau peuvent aussi brouiller temporairement l’attention. Une personne qui ne sent pas qu’elle a trop chaud ou qui urine peu quand il fait chaud peut paraître confuse sans que cela signifie automatiquement une maladie d’Alzheimer.

Un résultat anormal doit ouvrir une enquête médicale, pas fermer le diagnostic.


Un bon résultat suffit-il à être rassuré ?

Pas toujours. Une personne peut réussir un test court tout en ayant des difficultés dans la vie réelle : gestion des médicaments, paiements, rendez-vous, cuisine, orientation ou organisation des tâches.

Il faut aussi tenir compte de l’entourage. Si un proche observe des changements répétés, des erreurs inhabituelles ou une perte d’autonomie, un bon résultat à un test bref ne doit pas tout balayer.

Le médecin peut alors proposer d’autres tests, un suivi dans le temps ou une orientation vers une consultation mémoire. Ameli rappelle qu’un bilan mémoire peut être réalisé lorsque les troubles persistent, s’aggravent ou inquiètent.

La vraie question n’est pas seulement “combien de mots ?”, mais “la personne fonctionne-t-elle comme avant dans sa vie quotidienne ?”

Quand demander un vrai bilan mémoire

Il faut demander un avis lorsque les oublis deviennent répétés, augmentent, gênent le quotidien ou inquiètent l’entourage. Le bilan est aussi utile si la personne se perd dans un lieu connu, répète souvent les mêmes questions ou ne parvient plus à gérer des tâches habituelles.

Le médecin traitant est souvent le premier interlocuteur. Il peut rechercher une cause simple, revoir les traitements, prescrire une prise de sang ou orienter vers une consultation mémoire.

  • Questions répétées dans la même journée.
  • Rendez-vous ou traitements oubliés malgré les rappels.
  • Difficulté nouvelle à gérer les papiers ou les paiements.
  • Désorientation dans un lieu familier.
  • Changement de langage, comportement ou autonomie.
  • Inquiétude persistante de la personne ou des proches.

Les signes corporels doivent aussi être pris en compte. Une fatigue inhabituelle, des troubles de la marche, des fourmillements dans les pieds ou une perte d’appétit peuvent orienter vers une cause générale à rechercher.


Comment se prépare une consultation mémoire

Avant le rendez-vous, il est utile de noter des exemples concrets plutôt que de rester sur une impression générale. Le médecin a besoin de savoir depuis quand les difficultés existent, si elles progressent, ce qu’elles changent dans la vie quotidienne et ce que l’entourage observe.

Il faut aussi apporter la liste des médicaments, y compris les compléments, somnifères, anxiolytiques, traitements contre la douleur ou produits pris occasionnellement. Certains traitements peuvent influencer l’attention, le sommeil ou la vigilance.

Un proche peut accompagner la personne si elle est d’accord. Il ne s’agit pas de parler à sa place, mais d’aider à décrire les changements réels.

  • Depuis quand les oublis existent.
  • Exemples précis : rendez-vous, argent, médicaments, trajets.
  • Évolution : stable, fluctuante ou aggravée.
  • Sommeil, humeur, fatigue, douleurs, alimentation.
  • Liste des médicaments et compléments.
  • Observations d’un proche, si possible.

Un bilan mémoire se prépare avec des faits concrets, pas seulement avec une inquiétude vague.

Les erreurs à éviter avec ce test

La première erreur est de transformer le test en verdict familial. Dire à une personne “tu as raté, donc tu as Alzheimer” est faux et violent. Le test doit rester un outil médical, pas une étiquette.

La deuxième erreur est de l’utiliser pour rassurer trop vite. Si la personne réussit les cinq mots mais se perd, oublie ses traitements ou change nettement de comportement, il faut consulter quand même.

  • Ne pas poser un diagnostic à la maison.
  • Ne pas répéter le test avec les mêmes mots.
  • Ne pas humilier ou piéger la personne.
  • Ne pas ignorer les difficultés du quotidien.
  • Ne pas attribuer tous les oublis à Alzheimer.
  • Ne pas retarder un bilan si l’entourage est inquiet.

Chez une personne âgée, l’objectif est d’accompagner sans brusquer. Comme pour la température du logement dangereuse, il faut observer les signes réels plutôt que se fier uniquement à une phrase rassurante.


Quand il faut appeler rapidement

Le test des 5 mots concerne les troubles de mémoire progressifs ou repérés dans le temps. Il ne doit jamais retarder une prise en charge lorsqu’un trouble apparaît brutalement.

  • Confusion soudaine ou désorientation brutale.
  • Difficulté soudaine à parler ou mots incompréhensibles.
  • Faiblesse d’un bras, d’une jambe ou d’un côté du visage.
  • Perte de connaissance, malaise important ou chute avec choc à la tête.
  • Fièvre, grande somnolence, agitation inhabituelle ou raideur de nuque.
  • Douleur thoracique, essoufflement ou aggravation rapide.

En cas de trouble brutal, faiblesse d’un côté, difficulté à parler, malaise important ou doute sérieux, il faut appeler le 15 ou le 112.

Mini-FAQ

Le test des 5 mots diagnostique-t-il Alzheimer ?

Non. Il peut repérer un trouble de la mémoire et orienter vers un bilan, mais il ne pose pas seul le diagnostic de maladie d’Alzheimer.

Comment se passe le test des 5 mots ?

La personne apprend cinq mots, les répète immédiatement, réalise une courte tâche intermédiaire, puis doit les retrouver après quelques minutes, avec des indices si nécessaire.

Pourquoi donne-t-on des indices pendant le test ?

Les indices aident à savoir si le mot est bien stocké mais difficile à récupérer, ou s’il n’est pas retrouvé malgré l’aide. Cette différence intéresse le professionnel.

Peut-on faire ce test à la maison ?

On peut en comprendre le principe, mais il ne faut pas l’utiliser pour conclure seul. L’interprétation dépend du contexte, de l’état de la personne et de l’examen global.

Un mauvais score veut-il dire Alzheimer ?

Non. La fatigue, l’anxiété, la dépression, les médicaments, une infection, une mauvaise audition ou une déshydratation peuvent aussi perturber la mémoire.

Un bon score suffit-il à être rassuré ?

Pas toujours. Si les oublis gênent le quotidien, si la personne se désoriente ou si l’entourage observe un changement, il faut demander un avis malgré un test bref rassurant.

Quand demander un vrai bilan mémoire ?

Il faut demander un bilan si les oublis se répètent, augmentent, gênent les tâches habituelles, inquiètent l’entourage ou s’accompagnent de troubles du langage, de l’orientation ou du comportement.

Quand faut-il appeler les urgences ?

Il faut appeler le 15 ou le 112 si les troubles apparaissent brutalement, avec confusion soudaine, difficulté à parler, faiblesse d’un côté, malaise important, chute ou aggravation rapide.

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