Reproduire un dessin géométrique quelques secondes après l’avoir vu paraît simple, jusqu’à ce que certains détails disparaissent ou changent de place. Ces erreurs ne racontent pas toutes la même chose. Le test de Benton les analyse précisément, mais sa lecture demande de distinguer mémoire visuelle, perception et capacités de copie.
En bref :
- Le test de rétention visuelle de Benton explore la mémoire visuelle, la perception et les capacités visuoconstructives.
- La 5e édition comprend trois formes parallèles de 10 dessins géométriques.
- Dans une modalité courante, chaque dessin est présenté 10 secondes puis reproduit immédiatement de mémoire.
- La cotation examine à la fois le nombre de dessins corrects et la nature des erreurs.
- Omissions, distorsions, rotations ou déplacements ne doivent pas être interprétés isolément.
- Un résultat faible ne permet pas, à lui seul, de diagnostiquer une maladie d’Alzheimer ou une autre maladie neurologique.
Sommaire
Qu’est-ce que le test de Benton ?
Le test de Benton est généralement désigné sous son nom anglais Benton Visual Retention Test, ou BVRT. Il s’agit d’une épreuve neuropsychologique utilisant des figures géométriques plutôt que des listes de mots.
Son objectif est d’examiner plusieurs capacités qui interviennent lorsqu’une personne observe une forme puis doit la reproduire :
- percevoir correctement les éléments ;
- repérer leur position ;
- maintenir brièvement l’information en mémoire ;
- organiser spatialement la réponse ;
- reproduire les formes par le dessin.
Le test ne mesure donc pas une mémoire visuelle totalement isolée des autres fonctions.
Une mauvaise reproduction peut résulter d’un oubli, mais également d’une mauvaise perception, d’une difficulté visuospatiale ou d’un problème pour organiser le dessin.
Le principal intérêt du Benton est d’analyser comment une information visuelle est perçue, conservée puis reproduite, et pas seulement de compter des dessins réussis.
Que signifie exactement la mémoire visuelle ?
La mémoire visuelle permet de conserver temporairement ou durablement certaines informations vues.
Dans la vie quotidienne, elle intervient lorsqu’une personne doit notamment se rappeler :
- la disposition d’une pièce ;
- l’emplacement d’un objet ;
- la forme d’un panneau ;
- un itinéraire récemment observé ;
- la position d’éléments sur un document ;
- certains détails d’une image.
Elle ne correspond pas exactement à la mémoire des conversations ou des listes de mots.
Une personne peut avoir des performances relativement différentes selon que l’information à mémoriser est verbale, visuelle ou spatiale.
C’est pourquoi un bilan cognitif utilise souvent plusieurs épreuves complémentaires plutôt qu’un unique test de mémoire.
Pourquoi le Benton évalue-t-il aussi les capacités visuoconstructives ?
Se souvenir correctement d’une figure ne suffit pas. Il faut ensuite être capable de la reconstruire sur une feuille.
Cette reproduction sollicite :
- l’analyse des formes ;
- leurs relations spatiales ;
- la coordination œil-main ;
- l’organisation de l’espace sur la feuille ;
- la planification du dessin ;
- les capacités graphiques.
Une erreur de dessin ne prouve donc pas automatiquement que la représentation a été oubliée.
Cette distinction devient particulièrement importante chez un senior présentant par exemple un tremblement, une faiblesse d’une main ou des difficultés visuospatiales.
La manière dont la personne réussit une tâche de copie peut aider le professionnel à replacer les erreurs de mémoire dans leur contexte.
À quoi ressemble le matériel du test ?
La cinquième édition du BVRT comprend trois formes parallèles, appelées C, D et E.
Chaque forme comprend 10 dessins présentés successivement. Les figures deviennent globalement plus complexes et peuvent comporter plusieurs éléments géométriques disposés les uns par rapport aux autres.
Le matériel professionnel comprend notamment :
- un livret de stimuli ;
- les feuilles permettant de recueillir les productions ;
- un protocole de notation ;
- un manuel de cotation ;
- des références normatives.
Les formes parallèles permettent notamment de disposer de matériel différent lors de certaines réévaluations.
Les véritables figures ne doivent pas être apprises ou reproduites à l’avance dans le but de préparer une évaluation.
Comme pour les autres tests neuropsychologiques standardisés, connaître le matériel avant la passation peut réduire la valeur de l’évaluation.
Comment se déroule la passation de mémoire immédiate ?
Une modalité très utilisée dans les travaux consacrés au Benton est l’administration A.

Le principe est simple :
- un dessin est présenté à la personne ;
- elle l’observe pendant 10 secondes ;
- le dessin est retiré ;
- elle doit immédiatement le reproduire de mémoire ;
- le professionnel recueille le dessin ;
- le dessin suivant est ensuite présenté.
La procédure est répétée pour les dix figures de la forme choisie.
La personne ne doit pas dessiner pendant qu’elle regarde le modèle dans cette modalité. Elle doit d’abord l’observer, puis le reproduire lorsqu’il n’est plus visible.
La standardisation de la durée est importante : laisser volontairement une personne regarder certaines cartes beaucoup plus longtemps modifierait les conditions de l’épreuve.
Pourquoi seulement quelques secondes d’observation ?
Une exposition limitée oblige la personne à analyser rapidement la structure du dessin et à la conserver en mémoire après sa disparition.
Elle doit notamment mémoriser :
- le nombre de formes ;
- leur apparence générale ;
- leur orientation ;
- leur taille relative ;
- leur position sur la carte ;
- leurs relations les unes avec les autres.
Dix secondes peuvent paraître suffisantes pour une figure simple. La difficulté augmente toutefois lorsque plusieurs informations doivent être organisées simultanément.
Une personne peut se souvenir qu’un petit élément était présent mais ne plus retrouver exactement sa position. Une autre peut conserver la disposition générale mais déformer une figure.
Ces différences apparaissent dans l’analyse qualitative des erreurs.
Existe-t-il plusieurs façons d’administrer le Benton ?
Oui. Le BVRT ne se limite pas à une seule procédure.
Les différentes modalités permettent notamment d’examiner :
- une reproduction immédiate de mémoire ;
- une reproduction après une exposition plus courte ;
- une copie réalisée avec le modèle visible ;
- une reproduction après un bref délai.
La modalité utilisée doit toujours être précisée avant de comparer deux résultats.
Un score obtenu en copiant une figure visible ne peut pas être interprété comme s’il provenait d’une reproduction de mémoire.
De même, modifier la durée de présentation modifie la difficulté de la tâche.
Deux comptes rendus portant la mention « Benton » ne sont réellement comparables que si la forme, la modalité et les règles de cotation sont compatibles.
À quoi sert la condition de copie ?
Dans une condition de copie, le dessin reste disponible pendant que la personne le reproduit.
La demande de mémorisation devient alors beaucoup moins importante. Cette situation permet davantage d’observer :
- la perception des figures ;
- leur organisation spatiale ;
- la reproduction graphique ;
- les difficultés visuoconstructives.
Comparer mémoire et copie peut aider à comprendre l’origine d’une mauvaise performance.
Une personne qui copie correctement les figures mais les reproduit mal après leur disparition présente un profil différent de quelqu’un qui commet déjà de nombreuses erreurs lorsque le modèle reste devant lui.
Cette comparaison ne permet toutefois pas de localiser à elle seule une lésion cérébrale ou d’identifier une maladie précise.
Comment calcule-t-on le nombre de dessins corrects ?
Une première manière de résumer la performance consiste à compter le nombre de dessins considérés comme correctement reproduits selon les règles du manuel.
Avec dix dessins présentés, le score de réponses correctes peut aller de 0 à 10.
Un dessin est évalué en fonction de plusieurs caractéristiques. Un élément qui semble globalement ressemblant au modèle peut néanmoins contenir une erreur pertinente pour la cotation.
Cette méthode fournit un indicateur global facile à comprendre.
Elle présente cependant une limite : deux personnes obtenant le même nombre de dessins corrects peuvent avoir commis des erreurs très différentes dans leurs reproductions incorrectes.
C’est pourquoi le Benton comporte également une analyse du nombre et du type d’erreurs.
À quoi correspond le score total d’erreurs ?
Le professionnel examine chaque reproduction et relève les anomalies définies par le système de cotation.
Plusieurs erreurs peuvent parfois être observées dans un même dessin.
Le score d’erreurs apporte donc une information différente du simple nombre de dessins entièrement corrects.
Une personne peut par exemple :
- omettre un élément ;
- déformer une figure ;
- la tourner ;
- la déplacer ;
- modifier sa taille ;
- répéter un élément.
Dans les systèmes où le résultat est exprimé en nombre d’erreurs, une valeur plus élevée correspond généralement à davantage d’anomalies.
Il faut néanmoins utiliser la méthode de cotation propre à la version et aux normes retenues.
Quelles sont les principales catégories d’erreurs ?
La cotation classique distingue notamment six grandes catégories :
- les omissions ;
- les distorsions ;
- les persévérations ;
- les rotations ;
- les déplacements ;
- les erreurs de taille.
Cette classification permet de ne pas réduire toutes les mauvaises reproductions à un simple « oubli ».
Le professionnel peut observer à la fois leur nombre et leur répartition.

Des études réalisées chez des personnes âgées montrent d’ailleurs que certains types d’erreurs, notamment les omissions, distorsions et rotations, peuvent devenir plus fréquents avec l’avancée en âge.
Une catégorie d’erreur isolée ne possède cependant pas une signification diagnostique suffisamment précise pour être interprétée seule.
Une rotation, une omission ou une distorsion est un élément du profil neuropsychologique, pas le nom d’une maladie.
Que signifie une omission ?
Une omission survient lorsqu’un élément important du modèle n’apparaît pas dans la reproduction.
La personne peut par exemple conserver :
- les formes principales mais oublier un petit élément périphérique ;
- une partie du dessin mais pas l’autre ;
- la structure générale en supprimant un détail.
L’omission peut être liée à différentes étapes de la tâche.
L’élément peut ne pas avoir été suffisamment observé, ne pas avoir été correctement mémorisé ou ne plus être récupéré au moment du dessin.
Une difficulté visuelle peut également empêcher de repérer correctement certains détails dès la présentation.
Le nombre d’omissions doit donc être confronté aux autres erreurs et aux conditions sensorielles.
Quelle différence entre distorsion et rotation ?
Une distorsion signifie que la forme reproduite ne respecte plus suffisamment la configuration du modèle.
La personne se rappelle parfois qu’un élément était présent mais en modifie la structure.
Une rotation correspond davantage à une modification de l’orientation.
Une figure peut notamment être :
- tournée par rapport au modèle ;
- orientée dans une autre direction ;
- reproduite avec une relation spatiale modifiée.
Ces erreurs sollicitent des mécanismes visuels et spatiaux complexes.
Leur présence ne doit pas conduire à une interprétation neurologique automatique. Une analyse plus large des fonctions visuospatiales est nécessaire lorsque les rotations ou distorsions sont nombreuses.
Que sont les persévérations et les déplacements ?
Une persévération correspond à la répétition inappropriée d’une forme ou d’un élément.
Le même motif peut réapparaître alors qu’il ne devrait pas être reproduit de cette manière.
Un déplacement concerne plutôt la position d’un élément dans l’espace.
La personne peut mémoriser les différentes formes mais :
- placer un élément du mauvais côté ;
- modifier les distances ;
- désorganiser leurs relations spatiales ;
- rapprocher ou éloigner excessivement certaines parties.
Une erreur de taille apparaît lorsque les proportions deviennent nettement différentes de celles attendues selon les critères de cotation.
Ces catégories permettent au professionnel d’étudier le dessin avec davantage de précision qu’une appréciation générale comme « ressemblant » ou « différent ».
Peut-on interpréter la forme des erreurs pour localiser une lésion cérébrale ?
Le Benton a historiquement été étudié dans différentes atteintes neurologiques, et certaines recherches ont exploré des associations entre profils d’erreurs et fonctionnement cérébral.
Il serait cependant excessif de conclure aujourd’hui qu’une erreur particulière indique directement une région cérébrale précise.
La neuropsychologie moderne repose sur la convergence de plusieurs informations :
- l’examen neurologique ;
- plusieurs tests cognitifs ;
- le contexte médical ;
- l’évolution des difficultés ;
- l’autonomie quotidienne ;
- l’imagerie lorsqu’elle est indiquée.
Deux personnes peuvent produire une erreur visuellement semblable pour des raisons cognitives différentes.
Le profil d’erreurs aide à orienter l’analyse ; il ne constitue pas une carte permettant de localiser seul une atteinte cérébrale.
Existe-t-il un score seuil normal ou anormal chez le senior ?
Il n’existe pas un chiffre brut unique applicable à toutes les personnes âgées.
Des données normatives françaises issues notamment de la cohorte PAQUID ont montré l’importance de comparer les performances à des groupes tenant compte de caractéristiques individuelles.
L’interprétation peut notamment considérer :
- l’âge ;
- le sexe ;
- le niveau d’études ;
- la modalité d’administration ;
- la méthode de cotation utilisée.
Lire sur Internet qu’un certain nombre d’erreurs correspondrait automatiquement à une « démence » constitue donc une simplification excessive.
Un professionnel doit connaître la table normative utilisée avant d’indiquer qu’une performance est inférieure ou non aux attentes.
Pourquoi l’âge modifie-t-il les résultats ?
Les performances de mémoire visuelle immédiate évoluent au cours de la vie.
Des études longitudinales et transversales montrent que le nombre d’erreurs augmente globalement avec l’âge dans le BVRT.
Certaines modifications peuvent notamment concerner :
- la rapidité d’analyse de la figure ;
- la mémoire immédiate ;
- les capacités visuospatiales ;
- la précision du dessin ;
- l’attention portée aux détails.
Ce phénomène ne signifie pas que toute erreur supplémentaire traduit une maladie neurodégénérative.
L’objectif des normes par âge consiste justement à distinguer ce qui peut être observé dans le vieillissement habituel d’une performance nettement inhabituelle pour des personnes comparables.
Pourquoi le niveau d’études intervient-il dans l’interprétation ?
Le niveau d’études peut influencer les performances obtenues à différents tests neuropsychologiques, y compris le Benton.
La familiarité avec :
- les tâches graphiques ;
- les exercices structurés ;
- certaines stratégies d’observation ;
- les situations d’évaluation ;
peut varier fortement d’une personne à l’autre.
Un score doit donc être confronté à des références adaptées plutôt qu’au résultat d’un conjoint ou d’un voisin du même âge.
Dans les données normatives françaises disponibles chez les plus de 70 ans, l’âge, le sexe et le niveau d’études font partie des variables prises en compte.
Pourquoi faut-il vérifier la vision avant le test ?
Il est difficile d’évaluer correctement la mémoire d’une figure qui n’a pas été suffisamment vue au départ.
Avant ou pendant la passation, il est important de signaler :
- une baisse récente de vision ;
- des lunettes oubliées ;
- une vision double ;
- une cataracte très gênante ;
- une difficulté à percevoir les contrastes ;
- une atteinte importante d’un œil.
Une personne qui sent sa vue baisser ne doit pas supposer qu’un mauvais résultat de mémoire visuelle traduit nécessairement une détérioration cognitive.
Une perception insuffisante au départ compromet nécessairement les étapes suivantes de mémorisation et de reproduction.
Pour retenir correctement une figure, il faut d’abord pouvoir la percevoir avec suffisamment de précision.
Un tremblement ou une difficulté de la main peut-il faire baisser le score ?
Le Benton demande une réponse graphique. Les capacités motrices peuvent donc intervenir dans la qualité du dessin.
Le professionnel doit connaître l’existence :
- d’un tremblement ;
- d’une arthrose importante des mains ;
- d’une faiblesse d’un bras ;
- d’une paralysie ancienne ;
- d’une mauvaise coordination ;
- d’une douleur empêchant de tenir correctement le crayon.
Un dessin maladroit n’est pas nécessairement un dessin mal mémorisé.
L’examinateur peut tenir compte de l’aspect qualitatif de la production et compléter le bilan avec d’autres épreuves moins dépendantes du geste graphique si nécessaire.
Une difficulté motrice apparue brutalement, en revanche, ne relève pas d’une simple adaptation du test et peut nécessiter une évaluation médicale urgente.
La fatigue peut-elle perturber le test de Benton ?
Oui. Même relativement courte, l’épreuve demande une attention soutenue pendant la présentation de chaque figure.
Une personne fatiguée peut :
- observer moins précisément le modèle ;
- se déconcentrer pendant les dix secondes ;
- oublier davantage de détails ;
- ralentir au fil des dessins ;
- commettre davantage d’erreurs d’organisation.
Une fatigue persistante chez un senior peut avoir des origines très diverses et mérite d’être signalée lorsqu’elle accompagne de nouvelles difficultés cognitives.
Le manque de sommeil, la douleur, une infection récente ou une hospitalisation peuvent également influencer temporairement les performances.
Le professionnel note généralement les conditions inhabituelles susceptibles d’affecter la validité de l’évaluation.
Les médicaments peuvent-ils modifier les performances ?
Certains traitements peuvent provoquer chez certaines personnes :
- une somnolence ;
- un ralentissement ;
- une vision floue ;
- une confusion ;
- une baisse de l’attention ;
- des vertiges.
Un changement cognitif récent doit donc être replacé dans l’historique des traitements.
Le médecin peut avoir besoin de connaître les médicaments réellement utilisés à domicile, y compris les produits sans ordonnance et les anciens traitements encore pris occasionnellement.
Il ne faut jamais interrompre spontanément un médicament avant une évaluation cognitive afin d’essayer d’obtenir un meilleur résultat.
Le Benton permet-il de diagnostiquer une maladie d’Alzheimer ?
Non. Des performances altérées au BVRT ont été observées chez des personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ou d’autres formes de troubles neurocognitifs, mais le test n’est pas spécifique d’une seule maladie.
Une mauvaise performance peut également être rencontrée en présence :
- de difficultés visuospatiales ;
- d’une autre maladie neurologique ;
- d’un traumatisme cérébral ;
- d’un trouble attentionnel ;
- d’une déficience visuelle ;
- d’une fatigue importante ;
- d’un problème moteur.
Le résultat doit être intégré à un bilan plus large avant toute conclusion diagnostique.
Chez une personne âgée présentant plusieurs changements cognitifs ou fonctionnels, un bilan réalisé par un gériatre peut associer l’évaluation de la cognition à celle des maladies, traitements, fonctions sensorielles et capacités quotidiennes.
Un Benton anormal indique qu’une performance visuomnésique ou visuoconstructive mérite d’être expliquée ; il ne donne pas à lui seul le diagnostic responsable.
Pourquoi faut-il comparer le Benton à d’autres tests cognitifs ?
Aucun test ne couvre l’ensemble du fonctionnement cognitif.
Un bilan peut également étudier :
- la mémoire verbale ;
- la mémoire épisodique ;
- l’attention ;
- le langage ;
- la fluence verbale ;
- les fonctions exécutives ;
- la vitesse de traitement ;
- l’orientation.
Comparer plusieurs domaines permet de déterminer si les difficultés visuelles sont relativement isolées ou associées à un trouble cognitif plus large.
Une personne peut par exemple avoir une mémoire verbale satisfaisante mais rencontrer davantage de difficultés pour mémoriser des configurations visuelles.
À l’inverse, plusieurs types de mémoire peuvent être touchés simultanément.
Pourquoi l’autonomie quotidienne reste-t-elle essentielle ?
Un test neuropsychologique est réalisé pendant quelques minutes dans des conditions contrôlées. La vie quotidienne fournit un autre niveau d’information.
Le professionnel peut demander si la personne rencontre récemment des difficultés pour :
- retrouver des objets ;
- reconnaître certains lieux ;
- s’orienter dans un environnement familier ;
- lire un plan ;
- organiser ses affaires ;
- effectuer certaines tâches auparavant simples ;
- respecter ses rendez-vous.
Une dégradation progressive de plusieurs activités quotidiennes donne davantage de poids clinique à une anomalie cognitive isolée.
Avec l’accord de la personne lorsque cela est possible, les observations d’un proche aidant peuvent aider à dater les changements et à préciser leur retentissement.
Un proche ne doit toutefois pas transformer quelques erreurs habituelles en diagnostic avant l’évaluation médicale.
Peut-on avoir un mauvais Benton sans maladie neurodégénérative ?
Oui. C’est précisément pourquoi l’interprétation demande de la prudence.
Une performance basse peut notamment être influencée par :
- une mauvaise vision ;
- une faible maîtrise du dessin ;
- un trouble moteur ;
- une fatigue importante ;
- une attention fluctuante ;
- une anxiété pendant le test ;
- un traitement sédatif ;
- une maladie neurologique non dégénérative ;
- les effets normaux de l’âge.
La condition de copie et les autres tests neuropsychologiques peuvent aider à comprendre la contribution de certains de ces facteurs.
Une anomalie statistique n’équivaut jamais automatiquement à une maladie précise.
Un bon résultat permet-il d’écarter tous les troubles cognitifs ?
Non. Le Benton explore essentiellement des composantes visuelles, visuospatiales et visuoconstructives.
Une personne peut réussir cette épreuve tout en présentant une difficulté concernant :
- l’apprentissage verbal ;
- la mémoire d’événements récents ;
- le langage ;
- la planification ;
- le comportement ;
- l’attention ;
- d’autres fonctions cognitives.
Une performance préservée est rassurante pour ce qui a été évalué dans ces conditions, mais elle ne remplace pas un examen global lorsqu’une plainte persiste.
Le contexte et l’évolution dans le temps restent déterminants.
Peut-on refaire le Benton pour suivre une évolution ?
Oui, dans certaines situations. L’existence de trois formes alternatives permet notamment de limiter l’exposition répétée aux mêmes dessins.
Une réévaluation doit néanmoins tenir compte :
- du délai depuis le premier test ;
- de la forme utilisée ;
- de la modalité d’administration ;
- de l’évolution de la vision ;
- des traitements ;
- des conditions générales de passation.
Une variation de quelques erreurs ne signifie pas automatiquement qu’une maladie progresse ou régresse.
L’état de fatigue et la familiarité avec le principe du test peuvent également faire varier la performance.
Le suivi clinique recherche plutôt une évolution cohérente entre les tests, les observations et l’autonomie.
Pourquoi vaut-il mieux ne pas s’entraîner au Benton à domicile ?
Le test ne doit pas être abordé comme un exercice à préparer avant un examen.
Rechercher les véritables dessins ou les reproduire plusieurs fois peut :
- créer un effet d’apprentissage ;
- modifier les stratégies d’observation ;
- faciliter artificiellement une future passation ;
- réduire la valeur de la comparaison avec les normes.
Une reproduction artisanale ne permet pas davantage d’obtenir un score fiable.
Le temps de présentation, le matériel, les consignes et la cotation doivent être standardisés.
Une personne préoccupée par ses capacités peut plutôt noter des exemples concrets de difficultés rencontrées dans la vie quotidienne et les présenter au professionnel.
L’objectif d’un test cognitif n’est pas d’obtenir la meilleure note possible, mais de mesurer les capacités dans des conditions connues.
Quand un résultat faible mérite-t-il une évaluation complémentaire ?
Un résultat inférieur aux attentes devient particulièrement pertinent lorsqu’il concorde avec d’autres changements.
Une évaluation plus large peut être proposée lorsque :
- les difficultés sont nouvelles ;
- elles progressent au fil des mois ;
- d’autres tests sont également perturbés ;
- la personne se désoriente ;
- elle rencontre de nouvelles difficultés spatiales ;
- son autonomie diminue ;
- les proches constatent un changement net ;
- les erreurs ne sont pas expliquées par la vision ou la motricité.
Selon le contexte, le médecin peut proposer un bilan neuropsychologique plus complet, une consultation spécialisée ou d’autres examens.
L’objectif n’est pas d’accumuler les tests mais de comprendre l’origine des changements observés.
Quand un trouble visuel ou cognitif devient-il une urgence ?
Un changement progressif sur plusieurs mois ne doit pas être confondu avec un symptôme apparu brutalement.
Il faut appeler le 15 ou le 112 en cas d’apparition soudaine de :
- perte ou modification brutale de la vision ;
- vision double nouvelle ;
- confusion importante ;
- difficulté à parler ;
- déformation du visage ;
- faiblesse ou engourdissement d’un côté ;
- difficulté brutale à coordonner un geste ;
- perte soudaine de l’équilibre ;
- mal de tête brutal inhabituel.
Ces manifestations peuvent correspondre notamment à une urgence neurologique.
Même si les symptômes disparaissent rapidement, ils doivent être évalués sans attendre un rendez-vous de bilan cognitif.
Une difficulté brutale à voir, parler, dessiner ou coordonner un geste relève d’abord de l’urgence médicale, pas d’un test de mémoire programmé.
Quelles erreurs faut-il éviter en interprétant un Benton ?
La simplicité apparente des dessins peut conduire à accorder trop de poids à un chiffre isolé.
Il faut éviter de :
- diagnostiquer avec un seul score ;
- oublier la modalité d’administration ;
- confondre score correct et score d’erreurs ;
- interpréter une rotation isolée comme une lésion précise ;
- négliger une mauvaise vision ;
- ignorer les difficultés motrices ;
- appliquer le même seuil à tous les âges ;
- négliger le niveau d’études ;
- comparer des formes ou procédures différentes sans précaution ;
- s’entraîner avec les véritables dessins avant le test.
Le compte rendu doit permettre de savoir quelle procédure a été utilisée, quels résultats sont inhabituels et comment ils s’intègrent aux autres données du bilan.
Le nombre total de dessins réussis constitue seulement une partie de cette interprétation.
Tableau récapitulatif : comment lire un test de Benton ?
| Élément | Ce qu’il renseigne | Point de vigilance |
|---|---|---|
| 10 dessins | Performance sur une forme du BVRT | Identifier la forme et la modalité utilisées |
| Présentation puis reproduction | Mémoire visuelle immédiate et visuoconstruction | La vision doit être suffisante |
| Condition de copie | Perception et capacités visuoconstructives | Ce n’est pas un score de mémoire |
| Nombre correct | Dessins correctement reproduits | Maximum 10 pour une forme |
| Nombre d’erreurs | Importance des anomalies de reproduction | Utiliser la cotation du protocole |
| Omission ou distorsion | Nature qualitative de certaines erreurs | Ne pas interpréter isolément |
| Score faible | Performance inférieure aux attentes possible | Comparer aux normes adaptées |
| Symptôme neurologique brutal | Urgence possible | Appeler le 15 ou le 112 |
Mini FAQ
Combien de dessins comporte le test de Benton ?
La cinquième édition comprend trois formes alternatives, C, D et E, comportant chacune 10 dessins. Ces formes permettent notamment de disposer de stimuli différents lorsque le contexte nécessite une nouvelle évaluation.
Combien de temps regarde-t-on chaque figure ?
Dans l’administration A couramment utilisée pour étudier la mémoire visuelle immédiate, chaque dessin est présenté pendant 10 secondes puis retiré avant sa reproduction. D’autres modalités existent, d’où l’importance de connaître le protocole utilisé.
Quel est le score maximum au test de Benton ?
Pour le score fondé sur le nombre de dessins entièrement corrects, une forme de 10 dessins permet d’obtenir jusqu’à 10 réponses correctes. Le test comporte également une cotation des erreurs qui apporte d’autres informations.
Une rotation dans un dessin signifie-t-elle une maladie neurologique ?
Non. Les rotations font partie des catégories d’erreurs étudiées, mais une rotation isolée n’est pas spécifique d’une maladie ou d’une région cérébrale. Elle doit être interprétée avec les autres performances et le contexte clinique.
Un mauvais Benton signifie-t-il maladie d’Alzheimer ?
Non. Des performances faibles peuvent être observées dans plusieurs affections, mais aussi en présence d’une mauvaise vision, d’une difficulté visuoconstructive, d’un problème moteur ou d’une attention insuffisante. Le diagnostic repose sur une évaluation beaucoup plus large.
Peut-on s’entraîner au test avant un bilan mémoire ?
Ce n’est pas recommandé. Apprendre les véritables figures ou répéter leur reproduction peut créer un effet d’apprentissage et rendre une future passation moins représentative. Il vaut mieux arriver au bilan sans connaître le matériel.










