Un dessin d’horloge banal et trois mots peuvent parfois révéler un décalage que la conversation ne montre pas. Pourtant, le résultat peut devenir trompeur s’il est lu trop vite ou sans tenir compte de la vision, de la langue ou de l’état général. Quelques détails changent complètement l’interprétation.
En bref :
- Le Mini-Cog est un outil très bref de dépistage cognitif.
- Il associe la mémorisation de trois mots et un dessin d’horloge.
- Le score total s’étend de 0 à 5.
- Le rappel des mots apporte jusqu’à 3 points et l’horloge 0 ou 2 points.
- Un score de 0 à 2 justifie généralement une évaluation cognitive plus approfondie.
- Un résultat de 3 à 5 n’exclut pas tous les troubles cognitifs et ne constitue pas un diagnostic.
Sommaire
Qu’est-ce que le test Mini-Cog ?
Le Mini-Cog est un instrument de dépistage cognitif très court développé pour repérer des personnes chez lesquelles des difficultés de mémoire ou de raisonnement pourraient nécessiter une exploration plus complète.
Il combine seulement deux types d’épreuves :
- la mémorisation puis le rappel de trois mots ;
- la réalisation d’un dessin d’horloge selon une consigne standardisée.
Ces deux tâches sont complémentaires. Le rappel sollicite principalement la mémoire récente tandis que l’horloge nécessite plusieurs opérations cognitives, notamment organisation, planification et capacités visuospatiales.
La passation complète demande généralement environ trois minutes lorsque les conditions sont favorables.
Le Mini-Cog cherche à repérer rapidement une situation qui mérite d’être approfondie ; il ne cherche pas à expliquer, en trois minutes, la cause des difficultés.
Dans quelles situations le Mini-Cog peut-il être proposé ?
Un professionnel peut utiliser cet outil lorsqu’il souhaite obtenir un premier repère cognitif rapidement.
Une évaluation peut notamment être envisagée lorsqu’une personne ou son entourage rapporte :
- des oublis devenus plus fréquents ;
- des questions répétitives ;
- des rendez-vous manqués ;
- une désorientation inhabituelle ;
- des difficultés nouvelles dans certaines tâches ;
- une modification de l’autonomie quotidienne.
Le changement par rapport aux habitudes est souvent plus informatif qu’un oubli isolé.
Un senior qui cherche ponctuellement ses lunettes ne se trouve pas dans la même situation qu’une personne qui commence à oublier régulièrement ses rendez-vous ou à se perdre dans un environnement familier.
Qui peut faire passer le Mini-Cog ?
Le test a été conçu pour pouvoir être administré après une formation relativement brève.
Selon le contexte de soins, il peut être utilisé par différents professionnels formés à sa passation et à son interprétation.
Respecter la procédure standardisée reste néanmoins important.
Modifier les instructions, aider excessivement la personne ou changer la manière de noter l’horloge peut rendre le résultat difficile à interpréter ou à comparer avec une évaluation ultérieure.
L’outil officiel est destiné à être utilisé dans une démarche de soins et ne doit pas être réduit à un petit jeu de mémoire dont on tirerait soi-même un diagnostic.
Comment se déroule le Mini-Cog étape par étape ?
La passation suit trois grandes étapes.
Le professionnel commence par annoncer trois mots non liés entre eux et demande à la personne de les répéter afin de vérifier qu’ils ont bien été entendus et enregistrés.
Il lui demande ensuite de réaliser une horloge selon des instructions précises.
Enfin, sans redonner les mots, il demande à la personne de retrouver ceux qui avaient été présentés au début.
L’ordre des trois étapes compte :
- encodage de trois mots ;
- dessin de l’horloge ;
- rappel différé des trois mots.
L’horloge introduit ainsi un délai et une activité intermédiaire avant le rappel.
Pourquoi utilise-t-on trois mots à mémoriser ?
La première étape permet de vérifier la capacité à enregistrer puis à retrouver quelques informations après un court délai.
Les mots doivent être présentés selon la procédure prévue et la personne doit d’abord essayer de les répéter.
Cette répétition initiale vérifie l’encodage.
Une personne qui n’a pas entendu ou compris un mot ne peut évidemment pas être considérée comme l’ayant oublié quelques minutes plus tard.
L’audition, la maîtrise de la langue et la qualité de l’attention doivent donc être prises en compte.
Il est préférable de ne pas apprendre à l’avance les séries de mots utilisées dans les formulaires standardisés : l’intérêt du dépistage repose sur une situation non préparée.
Que se passe-t-il si la personne ne répète pas les trois mots ?
La procédure standardisée prévoit plusieurs tentatives pour permettre à la personne de répéter les mots correctement.
Si elle n’y parvient toujours pas, le professionnel poursuit néanmoins l’évaluation et passe à l’épreuve de l’horloge.
Le rappel final reste également demandé.
Une difficulté dès l’apprentissage peut avoir plusieurs explications :
- problème d’attention ;
- difficulté auditive ;
- mauvaise compréhension linguistique ;
- trouble cognitif ;
- fatigue ou état confusionnel.
Cette situation doit donc être notée et replacée dans l’ensemble de l’examen.
Pourquoi le dessin d’horloge est-il intégré au Mini-Cog ?
Dessiner une horloge semble être une tâche quotidienne simple, mais sa réalisation demande de coordonner plusieurs capacités.
La personne doit notamment :
- comprendre la consigne ;
- connaître l’organisation d’un cadran ;
- placer les nombres dans le bon ordre ;
- répartir correctement l’espace ;
- représenter les aiguilles ;
- leur donner la position correspondant à l’heure demandée.
Plusieurs fonctions cognitives collaborent donc pendant quelques dizaines de secondes.
L’horloge apporte ainsi une information différente de celle fournie par le seul rappel de mots.
Comment l’horloge est-elle réalisée ?
Dans le Mini-Cog standardisé, la personne dispose d’un cercle dans lequel elle doit construire l’horloge.
Elle doit placer tous les nombres puis positionner les aiguilles selon l’heure demandée par l’examinateur.

Les consignes doivent rester standardisées afin de ne pas donner involontairement des indices.
Le professionnel ne doit par exemple pas replacer les nombres, dessiner lui-même une partie du cadran ou corriger une erreur pendant l’épreuve.
Le dessin final est ensuite classé selon les règles propres au Mini-Cog.
Comment le dessin d’horloge est-il noté ?
La cotation du Mini-Cog est volontairement simple.
L’horloge reçoit :
- 2 points si elle est considérée normale selon les critères du Mini-Cog ;
- 0 point si elle est anormale.
Il n’existe donc pas de score intermédiaire à 1 point pour cette composante.
Une horloge considérée normale doit notamment comporter les nombres attendus, sans répétition, placés dans l’ordre approprié, ainsi que les deux aiguilles indiquant correctement l’heure demandée.
La longueur respective des aiguilles ne fait pas partie des éléments utilisés dans cette cotation spécifique.
Le Mini-Cog ne note pas l’horloge comme certains tests neuropsychologiques détaillés : son système est volontairement binaire, 0 ou 2 points.
Pourquoi l’horloge ne rapporte-t-elle jamais un point ?
Le système a été conçu pour rendre la cotation rapide et réduire les hésitations entre plusieurs niveaux de qualité du dessin.
Le professionnel décide donc si le dessin satisfait ou non les critères prévus.
Cette simplicité facilite le dépistage, mais elle signifie aussi qu’une horloge légèrement imparfaite et une horloge très désorganisée peuvent recevoir toutes les deux 0 point.
Le dessin lui-même peut donc contenir des informations qualitatives intéressantes qui ne sont pas entièrement représentées par le score numérique.
Comment le rappel des trois mots est-il coté ?
Après l’horloge, la personne doit retrouver spontanément les trois mots présentés au début.
Chaque mot correctement rappelé sans indice rapporte un point.
Le score de mémoire est donc :
- 0 si aucun mot n’est retrouvé ;
- 1 si un mot est retrouvé ;
- 2 si deux mots sont retrouvés ;
- 3 si les trois mots sont retrouvés.
Le rappel doit être spontané. Donner la première syllabe, proposer plusieurs réponses ou fournir un autre indice modifierait les conditions standardisées.
Comment calcule-t-on le score Mini-Cog sur 5 ?
Le calcul consiste simplement à additionner :
score du rappel + score de l’horloge
Le rappel apporte de 0 à 3 points.
L’horloge apporte 0 ou 2 points.
Le résultat final peut donc aller de :
- 0 point ;
- à 5 points.

Aucune multiplication ni correction selon l’âge n’est appliquée directement dans le calcul standard du Mini-Cog.
L’âge, la langue ou les difficultés sensorielles interviennent néanmoins dans l’interprétation clinique de la performance.
Que signifie un score de 0 à 2 au Mini-Cog ?
Dans la cotation actuellement recommandée, un résultat compris entre 0 et 2 correspond à une probabilité plus élevée de trouble cognitif cliniquement important.
Ce résultat doit généralement conduire à une évaluation plus approfondie.
Il ne signifie pas automatiquement :
- maladie d’Alzheimer ;
- démence certaine ;
- perte prochaine d’autonomie ;
- incapacité à vivre seul ;
- nécessité d’un traitement particulier.
Le professionnel doit rechercher pourquoi le résultat est bas et vérifier le fonctionnement cognitif avec des moyens plus complets.
Un Mini-Cog à 2/5 est un signal de dépistage, pas le nom d’une maladie.
Que signifie un résultat de 3 à 5 ?
Un résultat compris entre 3 et 5 est associé à une probabilité plus faible de démence que les scores inférieurs.
Il ne permet cependant pas d’affirmer que toutes les fonctions cognitives sont normales.
Le Mini-Cog est très bref et ne teste pas en profondeur :
- le langage ;
- l’attention complexe ;
- les fonctions exécutives ;
- les capacités visuospatiales détaillées ;
- les apprentissages plus longs ;
- les activités de la vie quotidienne.
Une plainte persistante ou des changements clairement décrits par l’entourage méritent donc d’être explorés même avec un score considéré rassurant.
Un score de 3 sur 5 est-il vraiment normal ?
Il est préférable de parler de résultat moins évocateur d’un trouble important plutôt que de transformer 3/5 en certificat de normalité cognitive.
Le seuil sert au dépistage et cherche un compromis entre repérer des personnes présentant réellement un problème et éviter de multiplier les résultats faussement inquiétants.
Une personne obtenant 3 peut par exemple :
- avoir parfaitement rappelé les trois mots mais échoué à l’horloge ;
- n’avoir rappelé qu’un mot mais avoir produit une horloge correcte.
Ces deux profils donnent le même total mais ne racontent pas exactement la même chose.
Pourquoi faut-il regarder les deux composantes séparément ?
Le score total facilite une décision de dépistage, mais il masque parfois le profil de performance.
Un échec principalement mnésique ne fournit pas la même information qu’un dessin d’horloge très désorganisé avec rappel préservé.
Le détail des performances compte donc dans l’entretien clinique.
Le professionnel peut alors décider de compléter l’examen par des tests évaluant plus finement :
- la mémoire ;
- le langage ;
- l’attention ;
- les fonctions exécutives ;
- les capacités visuospatiales.
Aucune de ces étapes ne doit cependant être déduite mécaniquement du seul dessin.
Le Mini-Cog permet-il de diagnostiquer la maladie d’Alzheimer ?
Non. Un résultat anormal indique seulement qu’un trouble cognitif possible mérite d’être exploré.
Plusieurs situations peuvent altérer momentanément ou durablement les performances :
- une maladie neurodégénérative ;
- un accident vasculaire cérébral ;
- une dépression ;
- un trouble métabolique ;
- une maladie aiguë ;
- certains médicaments ;
- une confusion aiguë ;
- des troubles sensoriels.
Le diagnostic nécessite une histoire clinique, l’examen du fonctionnement quotidien, d’autres évaluations cognitives et, selon la situation, des examens complémentaires.
Le Mini-Cog permet-il de repérer un trouble cognitif léger ?
Le Mini-Cog peut identifier certaines personnes présentant des difficultés relativement précoces, mais il n’a pas été conçu pour détecter avec certitude tous les troubles cognitifs légers.
Une atteinte discrète peut concerner une fonction insuffisamment explorée par ces deux courtes épreuves.
Un Mini-Cog rassurant n’exclut donc pas un trouble léger lorsque la plainte est cohérente et persistante.
Cette limite est particulièrement importante lorsqu’une personne reste autonome mais remarque depuis plusieurs mois une modification inhabituelle de sa mémoire, de son langage ou de son organisation.
Pourquoi la vision peut-elle influencer le résultat ?
L’horloge nécessite de distinguer correctement le cercle, les nombres et son propre tracé.
Une baisse visuelle importante peut compliquer la tâche indépendamment des capacités cognitives.
Le professionnel doit donc savoir si la personne :
- porte habituellement des lunettes ;
- les possède pendant le test ;
- a une maladie oculaire connue ;
- a du mal à distinguer ce qui se trouve sur la feuille.
Un problème sensoriel doit être identifié avant de tirer une conclusion excessive du dessin.
Une personne qui sent sa vue baisser doit le signaler lors d’une évaluation cognitive utilisant une tâche graphique.
Un tremblement ou une difficulté de la main peut-il fausser l’horloge ?
Oui. Le dessin suppose également de pouvoir tenir un stylo et tracer suffisamment précisément.
Une personne souffrant :
- d’un tremblement important ;
- d’une paralysie ;
- d’une douleur de la main ;
- d’une arthrose sévère ;
- d’une autre limitation motrice ;
peut produire un dessin difficile à analyser.
Une maladresse graphique n’est pas automatiquement une difficulté cognitive.
Le contexte moteur doit donc être documenté et, lorsque l’épreuve ne peut pas être interprétée correctement, le professionnel peut choisir d’autres méthodes d’évaluation.
Quel rôle jouent la langue et le niveau de familiarité avec les horloges ?
Le Mini-Cog a notamment été développé dans des populations culturellement et linguistiquement diverses, ce qui constitue l’un de ses intérêts.
Il n’est toutefois pas complètement indépendant du contexte culturel.
Une personne doit comprendre les mots proposés et les instructions.
Elle doit également connaître suffisamment le fonctionnement d’une horloge analogique pour pouvoir la représenter.
Chez une personne peu familiarisée avec ce type de cadran, une mauvaise horloge peut donc avoir une autre signification.
L’interprétation doit tenir compte de la langue réellement maîtrisée et des habitudes culturelles de la personne.
La fatigue peut-elle modifier le score ?
Oui. Une attention correcte est nécessaire dès la présentation des trois mots.
Une personne extrêmement fatiguée peut :
- mal enregistrer les informations ;
- perdre plus facilement la consigne ;
- ralentir pendant l’horloge ;
- commettre davantage d’erreurs ;
- abandonner plus rapidement.
La fatigue peut dégrader une performance sans expliquer à elle seule un trouble persistant.
Une fatigue persistante chez un senior mérite elle-même d’être recherchée lorsqu’elle accompagne une plainte cognitive nouvelle.
Les médicaments peuvent-ils influencer les performances cognitives ?
Certains traitements peuvent favoriser, chez certaines personnes, somnolence, ralentissement, confusion ou difficultés attentionnelles.
La chronologie est particulièrement importante lorsque les changements sont apparus après :
- l’introduction d’un médicament ;
- une augmentation de dose ;
- l’association de plusieurs traitements ;
- une hospitalisation ;
- une erreur de prise.
Vérifier les traitements réellement utilisés fait donc partie d’une évaluation cognitive complète.
Les médicaments présents à la maison ne correspondent pas toujours exactement à la dernière ordonnance lorsque d’anciennes boîtes ont été conservées.
Aucun traitement ne doit cependant être interrompu spontanément en raison d’un mauvais Mini-Cog.
Quel rôle joue l’entourage après un Mini-Cog ?
Un test de trois minutes ne permet pas d’observer plusieurs semaines de vie quotidienne.
Un proche peut apporter des informations sur :
- la répétition des questions ;
- les rendez-vous oubliés ;
- la gestion des médicaments ;
- les déplacements ;
- les finances ;
- la préparation des repas ;
- les changements de comportement.
Ces observations complètent le score et permettent de déterminer si une modification cognitive a déjà des conséquences pratiques.
Les proches aidants peuvent également préciser quand les difficultés sont apparues et si elles s’aggravent réellement.
Une conversation normale pendant quelques minutes n’exclut pas des difficultés qui deviennent visibles uniquement dans des situations complexes du quotidien.
Que se passe-t-il après un Mini-Cog anormal ?
Un mauvais résultat constitue généralement le début de l’évaluation, et non sa fin.
Le professionnel peut approfondir :
- l’histoire des symptômes ;
- leur rythme d’évolution ;
- la mémoire ;
- l’attention ;
- le langage ;
- les fonctions exécutives ;
- le fonctionnement quotidien ;
- l’humeur ;
- les traitements ;
- l’état neurologique et général.
Une démarche médicale plus large permet également de rechercher certaines causes susceptibles de contribuer aux difficultés.
Lorsque plusieurs problèmes de santé, de cognition et d’autonomie se cumulent, un médecin gériatre peut participer à cette évaluation globale.
Quelle différence entre dépistage et diagnostic ?
Le dépistage sert à identifier les personnes chez lesquelles la probabilité d’un problème justifie d’aller plus loin.
Le diagnostic cherche à déterminer si un trouble existe réellement et, surtout, quelle en est la cause.
Le Mini-Cog appartient à la première étape.
Un diagnostic peut nécessiter :
- un entretien médical détaillé ;
- des informations fournies par l’entourage ;
- des tests cognitifs plus complets ;
- un examen neurologique ;
- des analyses biologiques ;
- parfois une imagerie ou d’autres examens.
Il serait donc incorrect de dire qu’une personne « a Alzheimer » simplement parce qu’elle obtient 1 ou 2 sur 5.
Peut-on comparer directement le Mini-Cog à un test cognitif plus long ?
Pas en convertissant leurs résultats.
Deux tests peuvent examiner certaines fonctions similaires tout en utilisant :
- des exercices différents ;
- des durées différentes ;
- des systèmes de cotation différents ;
- des seuils différents ;
- des objectifs différents.
Un 2/5 au Mini-Cog ne peut donc pas être transformé mathématiquement en note d’un autre outil cognitif.
Les tests plus longs peuvent néanmoins préciser la nature d’une anomalie repérée lors du dépistage.
Peut-on refaire le Mini-Cog plusieurs fois ?
Une nouvelle passation peut avoir un intérêt clinique lorsque la situation évolue, mais elle doit être organisée dans de bonnes conditions.
Il faut notamment éviter :
- de répéter le test à intervalles très rapprochés sans raison ;
- de faire apprendre les réponses ;
- d’utiliser constamment les mêmes stimuli si une alternative standardisée est prévue ;
- de comparer des tests administrés dans des conditions très différentes.
Le suivi clinique ne repose pas uniquement sur l’évolution d’un score sur cinq.
Les activités quotidiennes, la plainte de la personne et les observations de l’entourage restent essentielles.
Peut-on s’entraîner au Mini-Cog avant une consultation ?
Cela n’est pas souhaitable.
Mémoriser à l’avance des séries de mots ou répéter exactement l’exercice de l’horloge peut modifier la situation de dépistage.
Le but n’est pas de réussir un examen scolaire mais d’obtenir une information aussi représentative que possible du fonctionnement spontané.
Une personne inquiète de sa mémoire gagnera davantage à noter :
- les difficultés qu’elle rencontre ;
- leur date d’apparition ;
- les activités concernées ;
- les exemples donnés par ses proches ;
- les médicaments récemment modifiés.
Ces informations seront plus utiles au professionnel qu’un entraînement intensif à une épreuve de trois minutes.
Peut-on réaliser le Mini-Cog seul chez soi ?
Le matériel paraît simple, mais l’auto-administration pose plusieurs problèmes.
La personne connaît alors les mots avant l’épreuve, sait ce que l’horloge doit montrer et peut difficilement appliquer objectivement les règles de cotation à son propre dessin.
Un test préparé perd une partie de son intérêt de dépistage.
Un proche ne devrait pas non plus utiliser le résultat pour annoncer lui-même un diagnostic.
En cas d’inquiétude persistante, le plus utile est d’en parler à un professionnel qui pourra choisir le test et les investigations adaptés à la situation.
Un mauvais Mini-Cog peut-il être temporaire ?
Oui. Certaines situations peuvent entraîner une baisse transitoire des capacités cognitives.
Cela peut notamment arriver en présence :
- d’une maladie aiguë ;
- de déshydratation ;
- d’une privation importante de sommeil ;
- d’un effet médicamenteux ;
- d’une douleur importante ;
- d’un état confusionnel.
Le contexte au moment du test est donc indispensable.
Un résultat obtenu pendant une maladie aiguë ne doit pas nécessairement être interprété comme le niveau cognitif habituel de la personne.
Quand un changement cognitif devient-il une urgence ?
Une baisse progressive sur plusieurs mois n’a pas la même signification qu’un changement survenu brutalement.
Il faut appeler le 15 ou le 112 lorsqu’une confusion ou une difficulté cognitive apparaît soudainement et s’accompagne notamment :
- d’une difficulté brutale à parler ;
- d’une faiblesse ou d’un engourdissement d’un côté ;
- d’une déformation du visage ;
- d’un trouble soudain de la vision ;
- d’une difficulté brutale à marcher ;
- d’une altération importante de la vigilance ;
- d’un mal de tête intense et inhabituel.
Une confusion aiguë peut également révéler une infection, un trouble métabolique, un médicament ou une autre affection nécessitant une évaluation rapide.
Lorsqu’un trouble cognitif apparaît brutalement, la priorité n’est pas de calculer un Mini-Cog mais d’en rechercher rapidement la cause.
Quelles erreurs faut-il éviter en interprétant le Mini-Cog ?
La brièveté du test peut donner l’impression que son interprétation est évidente.
Il faut pourtant éviter de :
- transformer le score en diagnostic ;
- considérer 3/5 comme une garantie d’absence de trouble ;
- oublier que l’horloge vaut 0 ou 2 points ;
- donner des indices pendant le rappel ;
- ignorer une baisse de vision ou une difficulté motrice ;
- négliger les problèmes d’audition ou de langue ;
- faire apprendre les stimuli avant la passation ;
- interpréter un test réalisé pendant une confusion aiguë comme un état habituel ;
- ignorer les observations de l’entourage ;
- comparer directement le score avec celui d’un autre test.
Le Mini-Cog est surtout utile lorsqu’il déclenche la bonne question : faut-il approfondir l’évaluation cognitive de cette personne ?
Tableau récapitulatif : comment lire un Mini-Cog ?
| Élément | Cotation | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Trois mots | 0 à 3 points | 1 point par mot rappelé spontanément |
| Horloge normale | 2 points | Respecter les critères du Mini-Cog |
| Horloge anormale | 0 point | Il n’existe pas de score à 1 |
| Score total | 0 à 5 | Addition du rappel et de l’horloge |
| 0 à 2 | Dépistage préoccupant | Évaluation plus complète nécessaire |
| 3 à 5 | Résultat plus rassurant | N’exclut pas tout trouble cognitif |
| Difficulté sensorielle | Peut modifier la performance | Vision, audition et motricité à vérifier |
| Trouble brutal | Situation clinique aiguë | Ne pas attendre un dépistage programmé |
Mini FAQ
Combien de temps dure le Mini-Cog ?
La passation standard prend généralement environ trois minutes. Elle comprend l’apprentissage de trois mots, le dessin d’une horloge puis le rappel des mots. Le temps consacré ensuite à expliquer le résultat et à décider de la suite n’est évidemment pas inclus.
Quel est le score maximum du Mini-Cog ?
Le maximum est de 5 points : jusqu’à 3 points pour le rappel des mots et 2 points pour une horloge considérée normale selon les règles du Mini-Cog.
Que signifie un score de 2 sur 5 ?
Un résultat de 0 à 2 correspond à une probabilité plus élevée de trouble cognitif cliniquement important et justifie généralement une exploration plus complète. Il ne permet pas de diagnostiquer à lui seul une maladie d’Alzheimer ou une autre pathologie.
Un résultat de 5 sur 5 exclut-il un trouble cognitif ?
Non. Un excellent résultat est rassurant pour les fonctions très brièvement explorées, mais le Mini-Cog ne teste pas tous les domaines cognitifs en profondeur. Des plaintes nouvelles ou progressives doivent donc rester prises au sérieux.
Pourquoi l’horloge vaut-elle zéro ou deux points ?
La cotation a volontairement été simplifiée afin de classer le dessin comme normal ou anormal selon des critères standardisés. Contrairement à d’autres systèmes de cotation d’horloge, le Mini-Cog ne prévoit donc pas de résultat intermédiaire à un point.
Le Mini-Cog permet-il de savoir si une personne a Alzheimer ?
Non. Il s’agit d’un outil de dépistage. Un résultat préoccupant indique qu’une évaluation cognitive et médicale plus approfondie est souhaitable afin de confirmer l’existence d’un trouble et d’en rechercher la cause.
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