Un lever de chaise un peu hésitant peut raconter bien plus qu’un simple manque de vitesse. Chez un senior, quelques secondes et plusieurs détails du déplacement peuvent modifier la lecture de la situation. Le Timed Up and Go paraît très simple, mais ses seuils et son interprétation demandent davantage de prudence qu’on ne l’imagine.
En bref :
- Le Timed Up and Go, ou TUG, évalue rapidement la mobilité fonctionnelle.
- La personne se lève, marche environ 3 mètres, fait demi-tour, revient puis se rassoit.
- Le temps total est mesuré en secondes.
- Un résultat d’au moins 12 secondes est utilisé comme repère de risque dans le programme américain STEADI.
- Il n’existe cependant pas de seuil universel applicable à toutes les personnes âgées.
- Le TUG ne doit pas être utilisé seul pour prédire une chute future.
Sommaire
Qu’est-ce que le Timed Up and Go ?
Le Timed Up and Go, souvent abrégé TUG, est un test clinique de mobilité fonctionnelle chez la personne âgée.
Il dérive du Get-Up and Go et a été proposé sous sa forme chronométrée au début des années 1990.
La personne doit successivement :
- se lever d’un fauteuil ;
- marcher sur une courte distance ;
- faire demi-tour ;
- revenir vers le fauteuil ;
- se rasseoir.
Le professionnel mesure le temps nécessaire pour réaliser l’ensemble de la séquence.
Cette succession de gestes ressemble davantage à la vie quotidienne qu’une simple mesure de vitesse de marche sur quelques mètres.
Le résultat du TUG résume une séquence complète : se lever, démarrer, marcher, tourner, revenir et contrôler son assise.
Que mesure réellement le TUG ?
Le TUG ne mesure pas une capacité unique.
Pour terminer le parcours, la personne mobilise notamment :
- la force des membres inférieurs ;
- l’équilibre dynamique ;
- la vitesse de marche ;
- la coordination ;
- la capacité à changer de direction ;
- le contrôle lors du passage assis-debout et debout-assis.
Le temps obtenu reflète donc plusieurs composantes de la mobilité.
Il ne permet toutefois pas de déterminer précisément laquelle est responsable d’un ralentissement.
Un TUG long peut provenir d’un lever difficile, d’une marche lente, d’un demi-tour très prudent ou de plusieurs de ces éléments associés.
Comment se déroule le test étape par étape ?
Dans le protocole classique, une distance d’environ 3 mètres est matérialisée devant un fauteuil.
La personne commence assise, le dos contre le dossier.

Lorsque le professionnel donne le signal de départ, elle doit :
- se lever du fauteuil ;
- marcher jusqu’au repère à son allure habituelle ;
- faire demi-tour ;
- revenir jusqu’au fauteuil ;
- se rasseoir.
Le chronomètre couvre l’ensemble de la séquence.
Le parcours est suffisamment court pour être réalisable dans une consultation tout en comprenant plusieurs transitions importantes de la vie quotidienne.
Pourquoi utilise-t-on une distance de 3 mètres ?
Le parcours historique du Timed Up and Go utilise une distance de 3 mètres entre le fauteuil et le point de demi-tour.
Dans certains protocoles anglo-saxons, cette distance est indiquée comme 10 pieds, soit environ 3 mètres.
Conserver la même distance est essentiel lorsque l’on souhaite comparer deux résultats.
Un parcours de 2 mètres et un parcours de 4 mètres ne permettent évidemment pas d’interpréter de la même manière le nombre de secondes obtenu.
La distance doit donc être mesurée et non simplement estimée à vue.
Quel matériel faut-il pour réaliser un TUG ?
Le matériel nécessaire est très limité.
Il faut principalement :
- un fauteuil stable ;
- un chronomètre ;
- un repère situé à environ 3 mètres ;
- un passage suffisamment dégagé.
La sécurité doit rester prioritaire.
Le sol doit être stable, le trajet débarrassé des obstacles et le professionnel doit rester suffisamment proche d’une personne instable pour pouvoir intervenir en cas de perte d’équilibre.
Le faible besoin en matériel explique en partie pourquoi le test est utilisé dans de nombreux contextes de soins.
Faut-il porter ses chaussures habituelles ?
Oui, lorsque cela est possible, le test est réalisé avec les chaussures que la personne utilise habituellement pour se déplacer.
Cette précaution permet de se rapprocher de ses conditions ordinaires de marche.
Le résultat pourrait être différent avec :
- des chaussons inhabituels ;
- des chaussures trop grandes ;
- des chaussures très rigides ;
- des pieds nus alors que la personne marche habituellement chaussée.
Les conditions doivent être notées lorsque le TUG est utilisé pour suivre une évolution.
Une modification du chaussage peut à elle seule modifier la confiance, la longueur du pas ou la vitesse.
Peut-on utiliser une canne ou un déambulateur ?
Oui. Une personne qui utilise normalement une aide à la marche peut généralement réaliser le test avec celle-ci.
Il peut s’agir notamment :
- d’une canne ;
- d’un déambulateur ;
- d’un autre dispositif habituel adapté.
Il faut conserver la même aide lorsqu’on compare des TUG successifs.
Un résultat réalisé avec un déambulateur ne doit pas être comparé sans précaution à un ancien test effectué sans aucune aide.
Le professionnel observe également si le dispositif est correctement utilisé, notamment lors du lever, du demi-tour et du retour vers le fauteuil.
La personne peut-elle être physiquement aidée pendant le test ?
Dans une passation standard, la personne réalise elle-même la séquence sans être physiquement portée ou guidée par une autre personne.
Le professionnel reste néanmoins à proximité pour assurer la sécurité.
Si une aide physique devient indispensable pour :
- se lever ;
- rester debout ;
- marcher ;
- faire demi-tour ;
la priorité est d’éviter une chute.
Le besoin d’assistance constitue lui-même une information fonctionnelle importante et doit être signalé.
Un temps obtenu avec une aide physique ne doit pas être interprété comme s’il provenait d’une passation standard autonome.
À quel moment démarre et s’arrête le chronomètre ?
Dans la procédure utilisée par le programme STEADI, le chronométrage commence au signal « Go ».
Il se termine lorsque la personne est à nouveau assise dans le fauteuil.
Le temps comprend donc :
- le lever ;
- la marche aller ;
- le demi-tour ;
- la marche retour ;
- le mouvement pour se rasseoir.
Chronométrer uniquement la marche reviendrait à mesurer autre chose que le TUG.
Pour un suivi, il est également préférable de conserver la même manière de déclencher et d’arrêter le chronomètre.
Faut-il marcher vite pendant le Timed Up and Go ?
Dans la forme standard couramment utilisée, la personne marche à son allure habituelle ou confortable.
Il ne s’agit pas d’une course.
Demander soudainement de marcher « le plus vite possible » modifie le test et peut aussi augmenter le risque chez une personne instable.
L’allure habituelle doit être conservée lorsque l’objectif est de comparer le résultat aux références de cette version du TUG.
Des variantes utilisant une consigne de vitesse différente existent dans certains protocoles de recherche ou de rééducation, mais leurs résultats ne sont pas directement interchangeables avec ceux du TUG standard.
Que faut-il observer en plus du nombre de secondes ?
Le chronomètre ne fournit qu’une partie de l’information.
Pendant la passation, le professionnel peut également observer :
- une allure lente ou hésitante ;
- une perte d’équilibre ;
- des pas très courts ;
- un déplacement en traînant les pieds ;
- un balancement des bras réduit ;
- un appui sur les murs ou les meubles ;
- un demi-tour réalisé en plusieurs petits pas ;
- une mauvaise utilisation de l’aide technique.
Deux personnes terminant exactement en 14 secondes peuvent ainsi présenter une marche très différente.
Le TUG est chronométré, mais les secondes ne doivent pas faire oublier ce que le professionnel voit pendant le déplacement.
Que révèle la manière de se lever du fauteuil ?
Le début du TUG renseigne sur la transition entre la position assise et la station debout.
Le professionnel peut remarquer que la personne :
- se lève facilement ;
- a besoin des accoudoirs ;
- effectue plusieurs tentatives ;
- se projette fortement vers l’avant ;
- reste instable pendant les premières secondes debout.
Un lever difficile peut évoquer notamment une faiblesse des membres inférieurs, une douleur ou une difficulté d’équilibre.
Le TUG ne détermine toutefois pas à lui seul la cause.
D’autres tests de force ou un examen clinique peuvent être nécessaires.
Pourquoi le demi-tour est-il particulièrement intéressant ?
Changer de direction demande davantage de contrôle que marcher en ligne droite.

Pendant le demi-tour, le professionnel observe notamment :
- le nombre de pas ;
- la stabilité ;
- la fluidité du mouvement ;
- la manière d’utiliser une canne ou un déambulateur ;
- la nécessité éventuelle de s’arrêter.
Un demi-tour très décomposé peut augmenter nettement le temps total alors que la vitesse en ligne droite reste relativement correcte.
Cette observation peut orienter vers une exploration plus détaillée de l’équilibre et de la marche.
Que peut montrer le retour vers le fauteuil ?
La dernière partie du test demande de retrouver correctement le fauteuil puis de contrôler la descente vers l’assise.
Certaines personnes :
- ralentissent nettement à l’approche du siège ;
- se placent mal devant le fauteuil ;
- cherchent les accoudoirs longtemps ;
- se laissent tomber sur l’assise ;
- restent instables pendant le pivot.
Se rasseoir est une tâche fonctionnelle à part entière.
La qualité de ce mouvement peut révéler des difficultés qui seraient invisibles si l’évaluation s’arrêtait dès le retour aux trois mètres.
Comment interpréter le temps obtenu ?
De manière générale, un temps plus long traduit une mobilité fonctionnelle moins efficace dans les conditions du test.
Mais il n’existe pas un nombre de secondes permettant à lui seul de classer tous les seniors en deux catégories « normal » et « anormal ».
L’interprétation dépend notamment :
- du protocole utilisé ;
- de l’âge et de l’état de santé ;
- du lieu de vie ;
- de l’aide technique utilisée ;
- des maladies associées ;
- de l’objectif de l’évaluation.
Le temps doit rester un repère clinique et non une étiquette.
Que signifie le seuil de 12 secondes souvent cité ?
Le programme américain STEADI utilise un TUG de 12 secondes ou davantage comme un marqueur indiquant un risque de chute à prendre en compte chez une personne âgée.
Cette valeur est devenue très visible sur Internet.
Elle ne doit toutefois pas être comprise comme une frontière absolue.
Une personne réalisant le parcours en 11,8 secondes peut malgré tout présenter :
- des chutes antérieures ;
- une instabilité importante ;
- des vertiges ;
- une baisse visuelle ;
- des médicaments favorisant les chutes.
À l’inverse, dépasser légèrement 12 secondes ne permet pas d’affirmer qu’une chute va se produire.
Pourquoi trouve-t-on aussi le chiffre de 13,5 secondes ?
Le seuil de 13,5 secondes a été utilisé dans plusieurs travaux portant sur des personnes âgées vivant à domicile.
Il apparaît donc fréquemment dans les publications et sur les sites consacrés à l’évaluation du risque de chute.
Ce seuil n’est pas universel.
Une méta-analyse utilisant 13,5 secondes a notamment montré que le TUG possédait une capacité limitée à prédire les chutes futures lorsqu’il était utilisé seul.
La présence d’un chiffre très précis ne doit donc pas donner l’impression d’une prédiction individuelle précise.
Pourquoi trouve-t-on également un seuil de 20 secondes en France ?
D’anciennes recommandations françaises de la Haute Autorité de Santé consacrées aux personnes âgées faisant des chutes répétées ont utilisé un TUG d’au moins 20 secondes comme indicateur de trouble de la marche ou de l’équilibre.
D’autres documents français plus anciens évoquaient également un déficit de mobilité à partir d’environ 20 secondes.
Ces valeurs correspondent à un contexte et à un protocole particuliers.
Elles expliquent pourquoi un patient peut lire successivement 12, 13,5 puis 20 secondes en recherchant son résultat.
Ces chiffres ne doivent pas être mélangés comme s’ils provenaient d’une seule règle internationale.
Pourquoi n’existe-t-il pas un seuil TUG universel ?
Les études consacrées au TUG ont utilisé des populations, des objectifs et des protocoles différents.
Les performances varient notamment selon :
- l’état de santé ;
- le niveau d’autonomie ;
- le lieu de vie ;
- les maladies neurologiques ou articulaires ;
- l’aide à la marche ;
- la manière exacte d’effectuer le test.
Les seuils publiés varient donc selon les travaux.
Une revue systématique a retrouvé des valeurs séparant chuteurs et non-chuteurs allant d’environ 10 à plus de 30 secondes.
Cette dispersion montre pourquoi l’interprétation doit rester contextualisée.
Le Timed Up and Go permet-il réellement de prédire une chute ?
Pas avec une précision suffisante lorsqu’il est utilisé seul.
C’est une distinction essentielle.
Le TUG est utile pour repérer une mobilité ou une marche qui mérite davantage d’attention. Il peut également compléter une évaluation des facteurs de chute.
En revanche, une chute dépend de nombreux éléments qui ne sont pas entièrement mesurés par le test :
- antécédents de chute ;
- médicaments ;
- vision ;
- hypotension ;
- maladies neurologiques ;
- environnement du logement ;
- chaussage ;
- comportements à risque.
Les recommandations internationales récentes insistent ainsi sur une évaluation multifactorielle plutôt que sur un outil unique de prédiction.
Un TUG lent indique qu’il faut regarder la mobilité de plus près ; il ne permet pas de prédire à lui seul qui tombera dans les prochains mois.
Quels facteurs peuvent ralentir le TUG sans traduire le même problème ?
Un temps allongé peut avoir des causes très différentes.
Parmi elles figurent :
- une douleur pendant la marche ;
- une faiblesse musculaire ;
- une arthrose ;
- une maladie neurologique ;
- une mauvaise vision ;
- une peur de tomber ;
- une hypotension ;
- un essoufflement ;
- une fatigue importante ;
- une difficulté cognitive à suivre la consigne.
Le chronomètre ne permet pas de distinguer ces causes.
Une évaluation clinique est donc nécessaire lorsque le résultat est inhabituellement lent ou que la manière de marcher inquiète.
Pourquoi la vision doit-elle être prise en compte ?
La marche dépend en partie des informations visuelles utilisées pour repérer les obstacles, estimer les distances et anticiper le demi-tour.
Une personne qui sent sa vue baisser peut devenir plus prudente, ralentir ou hésiter davantage.
Une difficulté visuelle peut donc modifier le TUG sans que la faiblesse musculaire soit au premier plan.
Le port habituel des lunettes doit être respecté lorsque cela est possible.
Une baisse de vision récente mérite également une évaluation indépendante du résultat du test.
Quel rôle jouent les pieds et la sensibilité des jambes ?
Pour marcher avec assurance, il faut percevoir correctement les appuis au sol.
Une neuropathie périphérique peut notamment diminuer la sensibilité des pieds et perturber l’équilibre chez certaines personnes.
D’autres problèmes peuvent également gêner le parcours :
- douleur du pied ;
- chaussage inadapté ;
- déformation importante ;
- douleur de cheville ;
- limitation articulaire.
Observer seulement le chronomètre ferait alors perdre une partie importante de l’explication.
L’examen des pieds et du chaussage fait partie d’une évaluation plus complète du risque de chute.
Les médicaments peuvent-ils influencer le résultat ?
Oui. Certains traitements peuvent contribuer chez certaines personnes à :
- une somnolence ;
- des vertiges ;
- une baisse de vigilance ;
- une hypotension ;
- une diminution des réactions posturales.
Le contexte mérite particulièrement d’être étudié lorsqu’une instabilité apparaît après une modification récente du traitement.
Une vérification des médicaments réellement présents à domicile peut être utile lorsque plusieurs ordonnances se sont succédé.
Il ne faut cependant jamais arrêter seul un médicament parce qu’un TUG est devenu plus lent.
La fatigue peut-elle modifier le Timed Up and Go ?
Oui. Une personne épuisée peut se lever moins facilement et marcher plus lentement.
Une fatigue persistante chez un senior peut aussi s’accompagner d’une réduction globale des activités et d’une perte progressive de condition physique.
Les conditions du jour comptent donc lorsque deux résultats sont comparés.
Une mauvaise nuit, une infection récente ou une période d’alitement peuvent modifier temporairement les performances.
Un changement important et inexpliqué mérite néanmoins d’être recherché plutôt que simplement attribué à « un mauvais jour ».
Les troubles cognitifs peuvent-ils influencer le test ?
Le TUG est principalement un test de mobilité, mais la personne doit comprendre puis retenir une courte séquence d’instructions.
Des troubles cognitifs peuvent notamment compliquer :
- le démarrage sur le signal ;
- la compréhension du repère à atteindre ;
- le demi-tour au bon endroit ;
- le retour vers le fauteuil.
Une erreur de consigne n’est pas équivalente à une lenteur motrice.
Le professionnel doit donc distinguer, autant que possible, une difficulté à se déplacer d’une difficulté à comprendre ou maintenir les instructions.
Qu’est-ce que le TUG en double tâche ?
Des variantes du test demandent d’effectuer simultanément une seconde tâche.
Il peut s’agir par exemple de marcher tout en réalisant une activité cognitive ou en transportant un objet.
L’objectif est d’étudier comment le partage de l’attention modifie la mobilité.
Ces versions sont parfois appelées TUG cognitif ou TUG manuel.
Elles ne doivent toutefois pas être confondues avec le TUG standard.
Le temps obtenu en double tâche n’est pas directement interchangeable avec celui d’une passation classique sans tâche supplémentaire.
Pourquoi répéter le test au cours du suivi ?
Le TUG peut être utilisé pour observer l’évolution de la mobilité au fil du temps.
Il peut notamment être répété après :
- une période de rééducation ;
- une hospitalisation ;
- une opération ;
- une chute ;
- la mise en place d’une aide à la marche ;
- un programme d’exercice.
Pour comparer deux mesures correctement, les conditions doivent rester aussi proches que possible.
Il faut notamment conserver la même distance, un fauteuil comparable, une consigne identique et la même aide technique habituelle.
Une amélioration de quelques secondes est-elle forcément significative ?
Pas nécessairement.
Une petite variation peut être liée :
- à la familiarité avec le test ;
- à une meilleure journée ;
- à la fatigue ;
- à une différence de chronométrage ;
- à une consigne légèrement différente ;
- à un changement de chaussures ou d’aide à la marche.
Il n’existe pas une différence minimale universelle valable pour toutes les populations et toutes les pathologies.
Le professionnel interprète donc l’évolution avec le contexte, les autres tests fonctionnels et les changements ressentis dans la vie quotidienne.
Que faire après un TUG lent ou instable ?
Le résultat peut conduire à rechercher plus précisément les facteurs qui limitent la mobilité.
L’évaluation peut notamment porter sur :
- la force des jambes ;
- l’équilibre ;
- la marche ;
- la tension artérielle debout ;
- les médicaments ;
- la vision ;
- les pieds ;
- la cognition ;
- le logement ;
- les antécédents de chute.
La réponse dépend du facteur identifié.
Selon la situation, une prise en charge en kinésithérapie, une adaptation de l’aide à la marche ou une intervention sur l’environnement peuvent être proposées.
Peut-on améliorer son résultat au Timed Up and Go ?
Le véritable objectif n’est pas de s’entraîner à battre un chronomètre.
Une amélioration fonctionnelle peut survenir lorsque les difficultés modifiables sont prises en charge.
Un programme adapté peut notamment travailler :
- la force des membres inférieurs ;
- l’équilibre statique et dynamique ;
- les transferts ;
- la marche ;
- les changements de direction ;
- la confiance pendant les déplacements.
L’activité physique régulière joue également un rôle important dans le maintien de la mobilité et la prévention des chutes chez les personnes âgées.
Le programme doit être adapté aux capacités et aux maladies de la personne.
Le Timed Up and Go est-il utile après une chute ?
Il peut faire partie de l’évaluation de la marche et de la mobilité après une chute, lorsque l’état de la personne permet de réaliser le test en sécurité.
Mais il ne remplace pas la recherche de la cause de la chute.
Le professionnel doit notamment demander :
- ce qui s’est passé juste avant ;
- s’il y a eu un malaise ;
- si la personne a perdu connaissance ;
- si elle a trébuché ;
- si elle présente une douleur ou une blessure ;
- si d’autres chutes ont eu lieu récemment.
Une chute est un événement multifactoriel, et son analyse ne peut être résumée à un résultat chronométré.
Quel rôle peut jouer l’entourage ?
Les proches aidants peuvent fournir des informations que quelques minutes de consultation ne montrent pas.
Ils peuvent notamment signaler que la personne :
- s’accroche davantage aux meubles ;
- hésite au démarrage ;
- se lève moins souvent ;
- a commencé à utiliser une canne ;
- est tombée sans en parler spontanément ;
- limite ses sorties par peur de chuter.
Ces changements dans la vie réelle complètent utilement le résultat du TUG.
Une peur importante de tomber peut elle-même conduire à moins bouger, puis à une perte progressive de capacités.
Peut-on réaliser le test seul chez soi ?
Mesurer trois mètres et utiliser un chronomètre paraît simple, mais un TUG réalisé seul peut devenir dangereux précisément chez les personnes qui ont le plus besoin d’une évaluation.
Il vaut mieux éviter un essai non supervisé si la personne :
- a récemment chuté ;
- a du mal à se relever ;
- présente des vertiges ;
- perd régulièrement l’équilibre ;
- a besoin d’une aide humaine pour marcher.
La sécurité prime sur le score.
Une personne très instable n’a pas besoin de provoquer une nouvelle chute pour démontrer qu’une évaluation de sa mobilité est nécessaire.
Quand une évaluation gériatrique plus complète devient-elle utile ?
Chez un senior, les difficultés de mobilité peuvent s’associer à plusieurs problèmes simultanément.
Une évaluation plus large peut rechercher :
- la fragilité ;
- les maladies chroniques ;
- la cognition ;
- la nutrition ;
- les traitements ;
- la vision et l’audition ;
- les capacités fonctionnelles ;
- les conditions de vie.
Une approche globale devient particulièrement pertinente après plusieurs chutes, une perte d’autonomie ou une dégradation rapide de la marche.
Un médecin gériatre peut notamment coordonner cette analyse lorsque plusieurs facteurs se cumulent.
Quand une chute ou un trouble de la marche devient-il une urgence ?
Un ralentissement progressif n’a pas la même signification qu’une incapacité à marcher apparue brutalement.
Il faut appeler le 15 ou le 112 notamment en cas :
- de faiblesse brutale d’un côté ;
- de déformation soudaine du visage ;
- de difficulté brutale à parler ;
- de perte de connaissance ;
- d’altération importante de la vigilance ;
- de douleur thoracique ou d’essoufflement majeur ;
- de traumatisme grave après une chute ;
- d’impossibilité nouvelle de se tenir debout.
Après une chute, une douleur importante, une déformation d’un membre ou un traumatisme de la tête nécessitent également une évaluation adaptée.
Le TUG n’est jamais prioritaire devant une situation aiguë : le test peut attendre, l’évaluation médicale urgente non.
Quelles erreurs faut-il éviter avec le Timed Up and Go ?
Le test est simple à réaliser, mais plusieurs erreurs rendent son interprétation trompeuse.
Il faut éviter de :
- transformer 12 secondes en diagnostic ;
- considérer le TUG comme un prédicteur certain de chute ;
- mélanger les seuils de protocoles différents ;
- modifier la distance du parcours ;
- demander de marcher vite lors d’un TUG standard ;
- ignorer l’utilisation d’une canne ou d’un déambulateur ;
- regarder uniquement le chronomètre ;
- négliger une perte d’équilibre pendant le parcours ;
- comparer deux tests réalisés dans des conditions très différentes ;
- faire réaliser seul le test à une personne très instable.
Le meilleur usage du TUG consiste à associer le temps, l’observation de la marche et l’histoire clinique de la personne.
Tableau récapitulatif : comment interpréter un Timed Up and Go ?
| Élément | Ce qu’il indique | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Parcours | Lever, 3 m, demi-tour, retour, assise | Conserver le même protocole |
| Allure | Marche habituelle | Ne pas demander de courir |
| Aide à la marche | Canne ou déambulateur habituel autorisé | Noter le dispositif utilisé |
| Temps en secondes | Mobilité fonctionnelle globale | Observer également la qualité |
| ≥ 12 secondes | Repère utilisé dans STEADI | Pas un seuil universel |
| 20 secondes | Repère d’anciennes recommandations françaises | Contexte différent |
| TUG lent | Mobilité à explorer davantage | Ne prédit pas seul une chute |
| Perte d’équilibre | Anomalie importante pendant le test | La sécurité prime sur le chronomètre |
Mini FAQ
Quel est un bon temps au Timed Up and Go ?
Il n’existe pas un temps « normal » universel pour tous les seniors. Le résultat dépend du protocole et du contexte clinique. Un temps court et une marche stable sont généralement rassurants, mais le résultat doit toujours être interprété avec les autres facteurs de chute.
Que signifie un TUG supérieur à 12 secondes ?
Le programme STEADI utilise 12 secondes ou davantage comme repère signalant un risque de chute à prendre en compte. Ce seuil ne prédit cependant pas qu’une personne va tomber et ne remplace pas une évaluation plus globale.
Pourquoi certaines sources parlent-elles de 20 secondes ?
D’anciennes recommandations françaises utilisent notamment 20 secondes dans l’évaluation de personnes âgées faisant des chutes répétées. Les protocoles, populations et objectifs étant différents, ce chiffre ne doit pas être confondu avec le seuil de 12 secondes utilisé ailleurs.
Peut-on faire le TUG avec une canne ?
Oui, lorsqu’une personne utilise habituellement une canne ou une autre aide à la marche, elle peut généralement la conserver. Il faut noter cette information et utiliser si possible le même dispositif lors des évaluations suivantes.
Le Timed Up and Go prédit-il vraiment les chutes ?
Pas suffisamment lorsqu’il est utilisé seul. Il renseigne surtout sur la mobilité et permet d’observer la marche et l’équilibre. Les antécédents de chute, les médicaments, la vision, l’environnement et d’autres facteurs doivent également être étudiés.
Quand faut-il consulter après un mauvais TUG ?
Un résultat lent, une perte d’équilibre, une aggravation récente de la marche ou des chutes répétées justifient une évaluation professionnelle. Si l’incapacité à marcher apparaît brutalement ou s’accompagne de signes neurologiques, d’une perte de connaissance ou d’un traumatisme grave, il faut appeler le 15 ou le 112.
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