L’uncarthrose cervicale correspond à une forme d’arthrose qui touche certaines articulations situées dans la colonne cervicale. Cette affection apparaît surtout avec l’âge et concerne principalement les vertèbres du cou. Chez les personnes âgées ou d’âge mûr, elle peut entraîner des douleurs persistantes, une raideur de la nuque et parfois des symptômes neurologiques lorsque les nerfs sont comprimés. Le diagnostic repose sur l’examen médical et sur l’imagerie. La prise en charge combine le plus souvent plusieurs approches : médicaments, rééducation, adaptation du mode de vie et, dans des situations particulières, un traitement chirurgical.
Sommaire
Qu’est-ce que l’uncarthrose ? Définition claire
L’uncarthrose désigne une arthrose touchant les articulations uncovertébrales de la colonne cervicale. Ces petites articulations se situent entre les vertèbres du cou, principalement entre les niveaux C3 et C7. Elles participent aux mouvements de rotation et d’inclinaison de la tête.
Comme toute arthrose, l’uncarthrose correspond à une usure progressive du cartilage. Avec le temps, la surface articulaire se dégrade, l’espace articulaire diminue et l’os réagit en formant de petites excroissances appelées ostéophytes. Ces modifications peuvent provoquer des douleurs ou comprimer des structures nerveuses situées à proximité.
Cette pathologie apparaît souvent après 50 ans. Elle reste parfois silencieuse pendant longtemps. Certaines personnes découvrent sa présence lors d’un examen radiologique réalisé pour une autre raison.
Définition de l’uncarthrose et localisation cervicale
La colonne cervicale comprend sept vertèbres, notées de C1 à C7. Les articulations uncovertébrales se trouvent sur les côtés des vertèbres cervicales inférieures. Elles relient les bords latéraux des corps vertébraux.
Lorsque ces articulations s’usent, plusieurs modifications peuvent apparaître :
- amincissement du cartilage articulaire ;
- formation d’ostéophytes ;
- réduction de l’espace articulaire ;
- irritation des structures nerveuses proches.
La localisation cervicale explique la nature des symptômes. Les douleurs concernent souvent la nuque et peuvent irradier vers les épaules ou les bras. Dans certains cas, la gêne apparaît surtout lors des mouvements de rotation de la tête.
Uncus et articulations uncovertébrales dans la colonne cervicale
Les uncus vertébraux sont de petites excroissances osseuses situées sur les bords des vertèbres cervicales. Ils s’articulent avec la vertèbre située au-dessus pour former les articulations uncovertébrales.
Ces articulations ont plusieurs fonctions mécaniques :
- stabilisation latérale du cou ;
- limitation des mouvements excessifs ;
- guidage de la rotation cervicale.
Avec l’âge, le cartilage qui recouvre ces surfaces articulaires s’amincit progressivement. L’os peut alors s’épaissir et former des reliefs osseux. Lorsque ces excroissances se développent près des trous par lesquels passent les nerfs rachidiens, une compression peut apparaître.
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Différence entre uncarthrose, cervicarthrose et uncodiscarthrose
Plusieurs termes médicaux sont utilisés pour décrire l’arthrose du cou. Ils correspondent à des localisations légèrement différentes.
| Terme médical | Zone touchée | Description |
|---|---|---|
| Uncarthrose | Articulations uncovertébrales | Usure du cartilage entre les uncus et la vertèbre supérieure |
| Cervicarthrose | Ensemble des articulations cervicales | Arthrose globale du cou |
| Uncodiscarthrose | Disque intervertébral et articulation uncovertébrale | Association entre arthrose et dégénérescence discale |
Dans la pratique médicale, ces termes peuvent être associés. Une personne atteinte d’uncarthrose présente souvent aussi une usure du disque intervertébral.
Quelles sont les causes de l’uncarthrose ?
L’apparition de l’uncarthrose résulte généralement de plusieurs facteurs. L’usure naturelle liée au temps reste la cause la plus fréquente, mais d’autres éléments peuvent accélérer ce processus.
Les articulations cervicales supportent quotidiennement le poids de la tête. Cette charge répétée favorise une dégradation progressive du cartilage, surtout après plusieurs décennies d’activité.
Vieillissement naturel et dégénérescence
Avec l’âge, le cartilage articulaire perd progressivement son élasticité. Il devient plus mince et moins capable d’amortir les contraintes mécaniques.
Chez certaines personnes de plus de 60 ans, les examens d’imagerie montrent des signes d’arthrose cervicale même en l’absence de douleur. Cette observation illustre le caractère fréquent de la dégénérescence articulaire liée au temps.
La diminution de la hauteur des disques intervertébraux favorise également un contact plus direct entre les surfaces osseuses. Cette modification accentue l’usure des articulations uncovertébrales.
Facteurs aggravants : posture, surpoids, sédentarité, hérédité
Certains éléments du mode de vie peuvent accentuer la progression de l’uncarthrose.
- Mauvaise posture prolongée devant un écran ou lors de la lecture ;
- surpoids augmentant les contraintes mécaniques sur la colonne ;
- manque d’activité physique entraînant une faiblesse musculaire ;
- prédisposition familiale à l’arthrose.
Une position prolongée tête penchée vers l’avant, fréquente lors de l’utilisation du téléphone ou de l’ordinateur portable, augmente la pression exercée sur les vertèbres cervicales.
Traumatismes cervicaux et microtraumatismes répétés
Les traumatismes du cou peuvent favoriser l’apparition d’une arthrose cervicale précoce. Un accident de voiture avec mouvement brutal de la tête, appelé coup du lapin, peut provoquer des lésions articulaires.
Les microtraumatismes répétés ont aussi un impact. Certaines activités professionnelles impliquant des vibrations ou des mouvements répétitifs du cou exposent davantage à ce type d’usure.
Quels sont les symptômes fréquents de l’uncarthrose ?
Les manifestations cliniques varient selon la sévérité de l’atteinte articulaire et selon la présence ou non d’une compression nerveuse.
Les symptômes apparaissent parfois progressivement, sur plusieurs années. Dans d’autres cas, une douleur aiguë survient après un mouvement brusque.
Douleurs cervicales localisées ou irradiantes
La douleur cervicale reste le symptôme le plus fréquent. Elle se situe souvent à l’arrière du cou et peut s’étendre vers les épaules.
Dans certaines situations, la douleur suit le trajet d’un nerf et se propage dans le bras. Cette irradiation peut s’accompagner d’une sensation de brûlure ou de décharge électrique.
Raideurs, perte de mobilité et blocages
La raideur cervicale apparaît souvent le matin ou après une période d’immobilité prolongée. Les mouvements de rotation de la tête deviennent limités.
Certains patients décrivent une sensation de blocage lors de la rotation du cou. Cette limitation peut rendre difficiles des gestes simples comme regarder derrière soi en voiture.
Symptômes neurologiques : fourmillements et névralgie cervico-brachiale
Lorsque les ostéophytes ou le rétrécissement des trous de conjugaison compriment un nerf, des symptômes neurologiques peuvent apparaître.
Les signes possibles comprennent :
- fourmillements dans le bras ou la main ;
- engourdissement de certains doigts ;
- douleur irradiant de la nuque vers l’avant-bras ;
- faiblesse musculaire dans certains mouvements.
Cette douleur irradiée correspond à la névralgie cervico-brachiale, une complication fréquente de l’arthrose cervicale.
Evolution possible vers l’uncodiscarthrose
Lorsque l’arthrose atteint à la fois les articulations uncovertébrales et les disques intervertébraux, les médecins parlent d’uncodiscarthrose.
Cette association peut accentuer le rétrécissement des espaces par lesquels passent les nerfs. Les douleurs irradiantes deviennent alors plus fréquentes.
L’évolution reste toutefois lente dans la majorité des situations.
Comment diagnostiquer une uncarthrose ?
Le diagnostic repose sur l’association de plusieurs éléments : les symptômes décrits par la personne, l’examen physique et les résultats d’imagerie.
Un examen précoce permet d’identifier l’origine des douleurs cervicales et d’écarter d’autres causes possibles.
Examen clinique et antécédents
Lors de la consultation, le médecin interroge la personne sur plusieurs points :
- localisation de la douleur ;
- durée des symptômes ;
- facteurs déclenchants ;
- présence de fourmillements ou d’engourdissement.
L’examen physique évalue la mobilité du cou et recherche des signes de compression nerveuse. Des tests neurologiques simples permettent d’examiner la sensibilité et la force musculaire.
Imagerie médicale : radiographie, IRM et scanner
L’imagerie permet de confirmer l’atteinte articulaire. Plusieurs examens peuvent être utilisés :
- Radiographie cervicale : visualisation de l’usure articulaire et des ostéophytes ;
- IRM : observation des disques intervertébraux et des nerfs ;
- scanner : analyse précise des structures osseuses.
Ces examens ne sont pas systématiques. Ils sont prescrits lorsque les symptômes persistent ou lorsque des signes neurologiques apparaissent.
Ce que montre l’imagerie : ostéophytes et rétrécissement foraminal
Les images radiologiques mettent souvent en évidence plusieurs modifications caractéristiques :
- formation d’ostéophytes sur les bords des vertèbres ;
- réduction de l’espace entre les vertèbres ;
- rétrécissement des trous de conjugaison ;
- déformation des articulations uncovertébrales.
Ces éléments permettent d’évaluer l’importance de l’atteinte et d’orienter le choix du traitement.
Quels sont les traitements possibles ?
La prise en charge vise à diminuer la douleur et à améliorer la mobilité cervicale. Dans la majorité des situations, un traitement conservateur suffit.
La stratégie thérapeutique dépend de l’intensité des symptômes et de leur impact sur la vie quotidienne.
Approche classique : antalgiques et anti-inflammatoires
Les médicaments antalgiques représentent souvent la première étape du traitement. Le paracétamol est fréquemment utilisé pour soulager les douleurs modérées.
Lorsque l’inflammation articulaire est plus marquée, des anti-inflammatoires peuvent être prescrits sur une durée limitée. Leur utilisation nécessite parfois une surveillance médicale, surtout chez les personnes âgées.
Kinésithérapie, mobilisation douce et ostéopathie encadrée
La rééducation par kinésithérapie vise à améliorer la mobilité du cou et à renforcer les muscles cervicaux.
Les exercices peuvent inclure :
- étirements doux des muscles de la nuque ;
- renforcement des muscles posturaux ;
- travail sur la mobilité cervicale.
Dans certains cas, une prise en charge ostéopathique peut être envisagée, à condition d’être réalisée par un professionnel formé et informé de la pathologie.
Aides naturelles : compresses, oreillers ergonomiques et hygiène de vie
Des mesures simples peuvent contribuer à réduire les douleurs cervicales.
- application de chaleur locale à l’aide d’une compresse ;
- utilisation d’un oreiller cervical adapté à la morphologie ;
- amélioration de la posture au quotidien ;
- maintien d’une activité physique régulière.
Un oreiller ergonomique peut soutenir la nuque pendant le sommeil et limiter les tensions musculaires nocturnes.
Chirurgie en dernier recours
La chirurgie est rarement nécessaire. Elle est envisagée lorsque la compression nerveuse entraîne une douleur persistante ou une faiblesse musculaire importante.
L’intervention vise généralement à libérer le nerf comprimé en retirant les excroissances osseuses ou en stabilisant les vertèbres concernées.
Que faire au quotidien pour mieux vivre avec une uncarthrose ?
Les habitudes quotidiennes influencent l’évolution des douleurs cervicales. Quelques ajustements peuvent limiter les tensions sur la nuque.
Postures recommandées et gestes à éviter
Une posture équilibrée réduit la pression exercée sur les vertèbres cervicales.
- garder la tête alignée avec les épaules ;
- éviter de maintenir la tête inclinée vers l’avant pendant longtemps ;
- faire des pauses régulières lors du travail sur écran.
Un écran placé à hauteur des yeux limite la flexion du cou.
Activités physiques douces adaptées
L’activité physique modérée contribue au maintien de la mobilité cervicale.
Les exercices généralement bien tolérés comprennent :
- la marche régulière ;
- la natation douce ;
- le vélo d’appartement avec posture droite.
Ces activités favorisent l’entretien musculaire et la souplesse articulaire.
Gestion du stress et sommeil
Les tensions musculaires liées au stress peuvent accentuer les douleurs cervicales. Des techniques de relaxation, comme la respiration lente ou les étirements doux en fin de journée, peuvent contribuer à réduire ces tensions.
Un sommeil suffisant aide également à limiter la fatigue musculaire.
Importance de l’ergonomie au travail
L’aménagement du poste de travail peut réduire les contraintes exercées sur la colonne cervicale.
- siège avec soutien lombaire ;
- écran positionné à hauteur des yeux ;
- clavier placé à distance adaptée.
Une pause de quelques minutes toutes les 45 à 60 minutes permet d’éviter une immobilité prolongée du cou.
FAQ sur l’uncarthrose : questions fréquentes
Est-ce que l’uncarthrose est grave ?
Dans la majorité des situations, l’uncarthrose évolue lentement et reste compatible avec une vie quotidienne normale. Les douleurs peuvent être contrôlées par un traitement adapté.
Peut-on guérir complètement ?
L’arthrose correspond à une usure articulaire permanente. Les traitements visent surtout à diminuer les symptômes et à préserver la mobilité.
L’uncarthrose touche-t-elle d’autres parties que le cou ?
Cette affection concerne uniquement les articulations uncovertébrales situées dans la région cervicale. D’autres formes d’arthrose peuvent apparaître dans les genoux, les hanches ou les mains.
Quels spécialistes consulter ?
Plusieurs professionnels de santé peuvent intervenir dans la prise en charge : médecin généraliste, rhumatologue, neurologue ou chirurgien spécialisé dans la colonne vertébrale.












