Varices : pourquoi l’âge les favorise et comment elles évoluent

Varices : pourquoi l'âge les favorise et comment elles évoluent

Les varices peuvent se former dès le début de l’âge adulte, mais leur fréquence augmente à chaque décennie : après 60 ans, plus d’une personne sur deux en présente. Voici ce que montrent les grandes études de population, comment la maladie progresse avec les années et ce qui change pour consulter ou se traiter à un âge avancé.


À retenir

  • Apparition : possible chez l’adulte jeune, nettement plus fréquente à partir de 55 ans.
  • Après 60 ans : 57 à 63 % des personnes examinées ont des varices tronculaires.
  • Évolution : 57,8 % des porteurs de varices se sont aggravés en 13 ans.
  • Âge limite : aucun pour consulter, et l’âge seul n’écarte pas un traitement.

À quel âge apparaissent les varices ?

Aucun âge ne marque leur début. Les premières varices peuvent se former avant 35 ans, et chaque décennie en ajoute.

Une varice est, selon l’Assurance Maladie, une dilatation permanente d’une veine du réseau superficiel des jambes. Elle se distingue des varicosités, ces fins vaisseaux rouges ou violacés visibles à la surface de la peau. Cette distinction change tout dans les chiffres : dans l’Edinburgh Vein Study, plus de 80 % des participants présentaient des varicosités ou des veines réticulaires, alors que les varices tronculaires, celles des grands troncs veineux, concernaient un adulte sur trois.

Quatre études menées en Écosse, en France et au Pays de Galles dessinent la même courbe.

Étude Personnes examinées Résultat
Edinburgh Vein Study, Écosse (1999) 1 566 adultes de 18 à 64 ans, tirés au sort Varices tronculaires chez 40 % des hommes et 32 % des femmes
Edinburgh Vein Study, suivi à 13 ans (2013) 880 participants réexaminés Nouvelles varices chez 9,8 % des 18-34 ans et 25,7 % des 55-64 ans
Étude française (2004) Échantillons de population à Grenoble, Toulon, Nyons et en Tarentaise Varices chez 50,5 % des femmes et 30,1 % des hommes
Étude galloise (2010) 792 personnes de 60 à 97 ans, 71 ans en moyenne Varices tronculaires chez 63,2 % des hommes et 57,0 % des femmes

Ramené à un groupe de 100 personnes, le suivi écossais donne ceci : parmi les 55-64 ans, 26 ont vu apparaître des varices dans les 13 années suivantes. Parmi les 18-34 ans, 10.

La répartition entre hommes et femmes, en revanche, diffère d’une étude à l’autre. Les femmes sont plus touchées dans l’étude française, les hommes dans l’étude écossaise, dont les auteurs évoquent des changements de mode de vie. Sur un point, les quatre travaux concordent : la fréquence des varices augmente avec l’âge.


Pourquoi l’âge pèse autant sur l’apparition des varices

L’âge fragilise la veine elle-même, puis s’additionne à d’autres facteurs accumulés au fil de la vie.

  • La paroi veineuse perd en élasticité. Le manuel MSD indique qu’avec l’âge, les veines s’étirent et s’allongent.
  • Les valvules deviennent moins étanches. Ces petits clapets empêchent le sang de redescendre vers le pied. Quand ils ferment mal, le sang reflue et la pression monte dans les veines superficielles.
  • La pompe du mollet travaille moins. Chaque pas comprime les veines et fait remonter le sang. L’étude française associe la station assise ou debout prolongée aux symptômes veineux.
  • Le poids charge la circulation. Chez les plus de 60 ans de l’étude galloise, l’obésité rendait les varices 3,28 fois plus probables (odds ratio).
  • Grossesses et hormones laissent une trace. Les grossesses sont un facteur de risque dans l’étude française. Chez 90 femmes ménopausées de 48 à 65 ans sans traitement hormonal, un taux d’œstradiol situé dans le tiers le plus élevé était associé à des varices 3,6 fois plus probables (odds ratio).
  • L’hérédité prédispose. Dans le suivi écossais, des antécédents familiaux rendaient l’apparition de varices 1,75 fois plus probable (odds ratio).

Au fil des décennies, ces facteurs s’empilent. Une femme de 70 ans a pu connaître deux grossesses, une prise de poids après la ménopause et une retraite plus sédentaire, sur un terrain familial déjà exposé.

Tous ces mécanismes aboutissent à la même situation : une veine superficielle dilatée dans laquelle le sang reflue. C’est ce reflux que ciblent les traitements, qu’il s’agisse de la radiofréquence, du laser endoveineux, de la sclérothérapie ou de la chirurgie. Les ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) mis en œuvre par Sonovein® traitent la veine depuis l’extérieur du corps, sans incision ni effraction, sous marquage CE n° 2797. Le choix entre ces options revient au médecin vasculaire, après examen.


Comment les varices évoluent avec l’âge

Chez certaines personnes, les varices restent stables pendant des décennies. Chez d’autres, elles progressent vers une atteinte plus large de la circulation.

Selon Sonovein®, l’insuffisance veineuse chronique désigne l’hypertension veineuse ambulatoire installée durablement dans les membres inférieurs par incompétence valvulaire ou par obstruction, graduée de C0 à C6 par la classification CEAP, des télangiectasies à l’ulcère ouvert. Autrement dit, les médecins situent la maladie sur une échelle en sept stades : C0 sans signe visible, C1 pour les varicosités, C2 pour les varices, C3 pour l’œdème, C4 pour les atteintes de la peau, C5 pour un ulcère cicatrisé et C6 pour un ulcère ouvert.

« La maladie peut rester stable toute la vie ou s’aggraver progressivement, voire se compliquer. » Assurance Maladie, fiche Varices : symptômes, bilan et évolution.

Le suivi de l’Edinburgh Vein Study mesure cette progression dans la population générale. Les chercheurs ont réexaminé, en moyenne 13,4 ans plus tard, 334 personnes qui avaient des varices tronculaires ou une insuffisance veineuse chronique au départ. 193 d’entre elles, soit 57,8 %, s’étaient aggravées, ce qui correspond à 4,3 % par an. Sur 100 porteurs, cela représente un peu plus de quatre aggravations chaque année.

Parmi les 270 personnes qui n’avaient que des varices au départ, 86, soit 31,9 %, ont vu apparaître des signes d’insuffisance veineuse chronique, et ce taux augmentait avec l’âge. Chez celles qui cumulaient déjà les deux, 98 % s’étaient dégradées. Les antécédents familiaux, une phlébite profonde passée, le surpoids et un reflux superficiel, surtout dans la petite veine saphène, augmentaient le risque.

À l’inverse, quatre personnes sur dix n’avaient pas évolué en treize ans. Avoir des varices à 55 ans ne condamne donc pas à un ulcère à 75 ans. Cela justifie un suivi, et un avis médical dès que la jambe change.


Varices et âge avancé : les complications à surveiller

Selon le manuel MSD, seule une petite partie des personnes porteuses de varices développe une complication. L’âge fait pourtant partie de ce qui augmente ce risque.

Dans l’étude française de 2004, les varices, l’âge et l’œdème qui garde la marque du doigt étaient les principaux facteurs de risque d’atteinte de la peau. Ces atteintes concernaient 5,4 % des hommes et 2,8 % des femmes examinés, soit un homme sur vingt.

Points clés sur les varices
Points clés sur les varices.
Complication Ce que l’on observe Conduite à tenir
Œdème Cheville ou bas de jambe gonflés en fin de journée En parler au médecin, car un gonflement peut aussi avoir une cause cardiaque ou médicamenteuse
Atteintes de la peau Coloration brune autour des chevilles (dermite ocre), eczéma qui démange, peau pâle et amincie (atrophie blanche) Consulter sans attendre l’apparition d’une plaie
Ulcère de jambe Plaie qui ne cicatrise pas, située surtout au niveau des chevilles Consulter rapidement pour des soins adaptés
Paraphlébite Cordon chaud, rouge et douloureux sur le trajet d’une veine Demander un avis médical rapide
Rupture de varice Saignement en jet, spontané ou après un choc Prise en charge médicale immédiate

L’Assurance Maladie décrit l’ulcère comme la complication la plus redoutée et le dernier stade de la maladie veineuse. Elle précise que la rupture de varice survient surtout chez la personne âgée. Une veine saillante sous une peau fine peut saigner après un simple heurt contre un meuble ou le montant du lit.

Pour un proche aidant, la toilette et l’habillage sont les moments où ces signes se repèrent le mieux. Une tache brune au-dessus de la cheville, une plaque qui démange ou une petite plaie qui ne se referme pas méritent d’être signalées au médecin traitant.


Ce qui change dans la prise en charge d’une personne âgée

Bas de compression et varices
Bas de compression et varices.

Le bilan suit les mêmes étapes qu’à 40 ans. Quatre points pèsent davantage : l’état des artères, la capacité à enfiler une compression, les traitements en cours et la mobilité.

  1. L’écho-Doppler reste l’examen de référence. Selon l’Assurance Maladie, il confirme le diagnostic, mesure l’étendue de la maladie et permet d’envisager le traitement adapté à chaque situation.
  2. Les artères sont contrôlées. L’index de pression systolique (IPS) compare la pression mesurée à la cheville à celle du bras. Un IPS de 0,6 signifie que la pression à la cheville ne représente que 60 % de celle du bras. La HAS contre-indique la compression en cas d’artériopathie des membres inférieurs avec un IPS inférieur à 0,6, et demande une surveillance régulière entre 0,6 et 0,9. Elle exclut aussi les pressions supérieures à 30 mmHg en cas de microangiopathie diabétique évoluée.
  3. La compression s’adapte aux mains. L’Assurance Maladie recommande une compression de classe 2 ou 3, portée tous les jours du matin au soir et renouvelée tous les 4 à 6 mois. Pour une personne dont les doigts sont déformés par l’arthrose, enfiler un bas serré devient une épreuve quotidienne. Le groupe de travail de la HAS mentionne pour ce cas la superposition d’un bas de classe I, de 10 à 15 mmHg, sur un bas de classe supérieure, afin d’obtenir une compression efficace lorsque l’enfilage est difficile. Des aides à l’enfilage existent également.
  4. Les médicaments sont passés en revue. Un traitement anticoagulant ou antiagrégant compte dans le choix du geste et de son calendrier. Apportez l’ordonnance complète à la consultation.
  5. La mobilité est évaluée. L’Assurance Maladie conseille 30 minutes de marche rapide au moins trois fois par semaine. Pour une personne qui se déplace peu, des flexions de cheville en position assise et une cale de 10 à 15 centimètres sous les pieds du lit prennent le relais.

Pas d’âge limite pour consulter ni pour traiter une veine qui reflue

L’âge n’est pas, en soi, une raison de renoncer à un avis ni à un traitement. La décision repose sur l’état général, les symptômes et l’examen, pas sur la date de naissance.

Deux études ont mesuré ce que donnent ces traitements au-delà de 75 et de 80 ans. La première a analysé 10 029 interventions par radiofréquence ou laser endoveineux, réalisées entre 2012 et 2018 chez 3 218 patients âgés de 15 à 103 ans. Parmi eux, 380 avaient entre 80 et 89 ans, 132 entre 90 et 99 ans et 6 au moins 100 ans. Les thromboses liées à la chaleur près de la veine traitée et les réouvertures de la veine étaient plus fréquentes après 80 ans, mais la plupart de ces thromboses restaient de faible gravité. Les auteurs concluent que l’âge seul ne doit pas conduire à refuser ces interventions.

La seconde, publiée en 2019, a comparé 36 patients de 75 ans et plus à 104 patients plus jeunes, traités par radiofréquence. La veine était fermée dans 100 % des cas chez les plus âgés, contre 99,4 % chez les plus jeunes. En revanche, un œdème après l’intervention est apparu dans 13,9 % des cas chez les plus âgés contre 1,0 %, soit un cas sur sept. Ces résultats portent sur deux techniques précises et ne préjugent pas des autres.

Beaucoup de personnes renoncent en se disant « à mon âge, ce n’est plus la peine ». Une personne de 78 ans autonome, gênée par une jambe lourde et une peau qui brunit, relève pourtant d’un bilan comme une autre. À l’inverse, une personne très fragile ou alitée peut se voir proposer une compression seule et une surveillance. Les deux orientations sont médicales et ne se décident qu’après examen.

Les varices s’installent sur des décennies plus qu’à un âge précis. Leur évolution n’est ni rapide ni inévitable, mais une peau qui change, un œdème ou une plaie qui tarde à se refermer justifient de consulter. À 50, 70 ou 85 ans, seul un médecin peut dire, après un écho-Doppler, s’il faut surveiller, comprimer ou traiter la veine qui reflue.


Sources

  • Journal of Epidemiology and Community Health, Prevalence of varicose veins and chronic venous insufficiency in men and women in the general population: Edinburgh Vein Study, 1999
  • Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders, Incidence of chronic venous disease in the Edinburgh Vein Study, 2013
  • Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders, Progression of varicose veins and chronic venous insufficiency in the general population in the Edinburgh Vein Study, 2015
  • Journal of Vascular Surgery, Prevalence, risk factors, and clinical patterns of chronic venous disorders of lower limbs: a population-based study in France, 2004
  • Phlebology, Epidemiology and risk factors for varicose veins among older people: cross-sectional population study in the UK, 2010

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